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Articles avec eglise

Ad orientem

par Andrev

publié dans Feiz , Eglise , Iliz

 

traduction d'un article du National Catholic Register

Le Cardinal Sarah sur la dévastation de la liturgie et les chemins d'une réforme authentique.

Par Edward Pentin

Le 31 mars 2017

"Le chef de la liturgie au Vatican parle de catastrophe et de schisme comme étant les conséquences du fait de placer l'homme, et non Dieu, au centre du culte; il a aussi fait l'éloge de Summorum Pontificum en cette année du 10e anniversaire.

«Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur la catastrophe, la dévastation et le schisme que les promoteurs modernes d'une "liturgie vivante" ont provoqué par le remodelage de la liturgie de l'Église selon leurs idées », a dit le cardinal Robert Sarah.

«Ils ont oublié que l'acte liturgique est non seulement une prière, mais aussi et surtout un mystère dans lequel se réalise quelque chose que nous ne pouvons pas comprendre tout à fait, mais que nous devons accepter et recevoir dans la foi, l'amour, l'obéissance, et un silence d'adoration." Le préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements a écrit ces mots pour une conférence donnée en son absence à Herzogenrath, en Allemagne, pour marquer le 10e anniversaire de la publication du Motu proprio Summorum Pontificum du Pape Benoît XVI. Le cardinal guinéen a appelé à une reconnaissance de «la crise grave et profonde» qui, depuis le Concile, a affecté la liturgie en plaçant l'homme et non Dieu au centre de culte.

Le «relativisme dans l'enseignement doctrinal, moral et disciplinaire, de graves abus, la désacralisation, le fait de rendre banale une liturgie sacrée et une vision purement sociale et horizontale de la mission de l'Église» ont pénétré dans la vie ecclésiale, dit-il.

Et il a ajouté qu'un « nombre croissant » de clercs considèrent le nouveau « printemps » comme étant en fait un « rejet, un renoncement à son vieil héritage, ou même une remise en cause radicale de son passé et de la tradition. »

Pour lutter contre cela, le cardinal Sarah a parlé d'un «processus décisif» dans le «mouvement liturgique» qui impliquerait trois chemins: le silence, l'adoration et la formation.

Il a ajouté qu'une «attention particulière» doit être portée à la liturgie, tenant en haute estime sa «beauté, son caractère sacré, et le maintien du bon équilibre entre la fidélité à la tradition et l'évolution légitime, et qu'il faut donc rejeter radicalement toute herméneutique de la discontinuité et de la rupture" .

«Ce sont le cœur et les éléments essentiels de toute authentique liturgie chrétienne», a déclaré le cardinal.

Et il a conclu en appelant les fidèles à appliquer Summorum Pontificum «avec grand soin», et non comme une «mesure négative et régressive», mais comme une «contribution importante et authentique à la vie liturgique actuelle et future de l'Église". »

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Santez Berc'hed Kildar

par Andrev

publié dans sent Breizh , Feiz , Breizh , saints de Bretagne , Celtes , Eglise , Iliz , Iwerzhon , Ireland , Gweltaz

KEGIL HA GOURHED BERHED - La quenouille et le fuseau de Brigide, à Locoal, Bretagne

KEGIL HA GOURHED BERHED - La quenouille et le fuseau de Brigide, à Locoal, Bretagne

sz Berc'hed (Iw. Brighid), + war-dro 523, abadez Cill Dara (Kildar) en Iwerzhon. Sevel a reas manatioù o kenderc’hel gant oberenn avielañ kentradet gant sant Padrig.

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Sainte Brigitte d'Irlande (de Kildare). Née à Faughart (près de Dundalk) ou Uinmeras (près de Kildare), Louth, Irlande, vers 450 ; morte à Kildare, Irlande, vers 525.

"Nous T'implorons, par la mémoire de Ta Sainte Croix et Ton angoisse la plus amère, donnes-nous la crainte de Toi, fais-nous T'aimer, O Christ. Amen." -- prière de Saint Brigitte.

Un roi païen de Bretagne gaëlique (Ecosse) et ancien druide, Dubhtach, était le père de Brigide et sa mère une esclave chrétienne, tous deux baptisés par saint Patrick. Son père voulut la marier mais elle préféra l'état de virginité et en fit profession entre les mains de saint Melde, disciple de saint Patrick.

Elle se construisit une cellule dans un gros chêne autour de laquelle plusieurs femmes se rassemblèrent et la prirent pour mère. Elle fonda ainsi un couvent, autour duquel se forma la ville de Kildare. Elle adopta pour ce couvent la règle de saint Césaire (vers 513). Cette règle fut reprise par plusieurs couvents d'Irlande. Ce couvent est le premier monastère double d’Europe : il regroupait des moines et des moniales. Ce couvent était réputé pour son feu éternel et ses travaux d'orfèvrerie.

Sainte Brigitte fut secondée par des Bretons dans ses oeuvres apostoliques, en particulier saint Gweltaz (Gildas) qui l'aida à relever l'Eglise d'Irlande. D'ailleurs, elle était honorée en maints lieux de Bretagne armorique, tel qu'à Trigavou, près de Dinan. C'était l'époque où les Eglises d'Irlande et de Bretagne ne faisaient qu'une.

Elle mourut à Kildare au début du VIe siècle et a été enterrée à Downpatrick avec les saints Patrick et Columcille (saint Colomba d'Iona) qui sont les deux autres saints patrons de l'Irlande. Sa fête est célébrée le 1er février, sa translation le 23 juillet ou le 10 juin.

Santez Berc'hed Kildar



Sainte Brigitte était une "originale" -- et c'est ce que chacun de nous est supposé être, une création originale de l'Imagination Toute-Puissante. Malheureusement, la plupart d'entre-nous sont captifs du désir de plaire aux autres, d'être acceptés. Nous nous conformons à la norme, plutôt que de s'ouvrir à la puissance créatrice de Dieu et de lui offrir le doux et unique parfum de nos vies. Nous manquons la gloire d'offrir à Dieu le cadeau de qui nous serions supposés devenir.

Ce défaut manquait chez Brigitte. Elle a fait ce qu'il fallait faire. Elle a accueilli chacun, s'efforçant de les aider à être "originaux", eux aussi. Elle était ainsi si généreuse qu'elle a donné jusqu'à son manteau. Elle n'a jamais fui loin du travail difficile ou de la prière intense.

Brigitte voyait la beauté et la bonté de Dieu dans toute Sa Création : les vaches lui faisait aimer Dieu davantage. De même les canards sauvages, qui arrivaient et se posaient sur ses épaules et mains quand elle les appelaient. Elle était appréciée, d'une grande popularité parmi ses propres disciples et les villageois des alentours ; et elle a eu une grande autorité, dirigeant un monastère double, avec des moines et des moniales.

Sa vertu principale était sa gentillesse, sa compassion, et sa nature heureuse et dévouée qui a conquis l'affection de tous ceux qui l'ont connue. Elle était une grande évangéliste, et donnait la main joyeusement à tous les saints de l'époque qui répandaient l'Evangile. Elle était si vénérée dans l'ensemble de l'Europe que les chevaliers médiévaux, cherchant un modèle de perfection féminine, avaient choisi Brigitte comme exemple.

Les faits historiques sur la vie de Saint Brigitte sont peu nombreux parce que les comptes-rendus à son sujet après sa mort ont commencé à être écrits au 7ème siècle. Ils consistent principalement en des miracles et des anecdotes, dont certaines sont profondément enracinées dans le folklore païen irlandais. La belle Brigitte s'est consacrée très jeune à Dieu. Elle a reçu le voile de moniale par Saint Macaille à Croghan et consacrée comme Abbesse par l'évêque Saint Mel à Armagh.

Le Livre de Lismore contient ce récit : Brigitte et certains vierges allèrent avec elle recevoir le voile de l'évêque Mel à Telcha Mide. Il était heureux de les voir. Par humilité, Brigitte resta en arrière afin d'être la dernière à recevoir le voile. Une rose rouge tomba sur sa tête, du faîte du toit de l'église. L'évêque Mel dit alors : "Avance-toi, O sainte Brigitte, que je puisse orner ta tête du voile avant les autres vierges." Elle s'est alors avancée. Et par une grâce du Saint-Esprit, c'est le rituel d'ordination épiscopale qui a été lu sur elle! Macaille dit que l'ordination épiscopale ne devrait pas être donnée à une femme. L'évêque Mel répondit : "Je n'ai aucun pouvoir en la matière. C'est Dieu qui a conféré cette dignité à Brigitte, au devant de toute (autre) femme." C'est pourquoi depuis lors les hommes d'Irlande rendent les honneurs épiscopaux au successeur de Brigitte.

Cette histoire tient très probablement au fait que le système diocésain romain était inconnu en Irlande. Les monastères formaient le centre de la vie chrétienne dans les Eglises primitives d'Irlande et de Bretagne. Par conséquent, abbés et abbesses pouvaient avoir tenu certaines des dignités et fonctions d'un évêque sur le Continent. L'évidence de ceci peut être également constatée aux synodes et aux conciles, comme celui de Whitby, qui a été convoqué par Saint Hilda. Des femmes ont parfois dirigé un double monastère; dirigeant donc des hommes et des femmes. Brigitte, en tant que première parmi les abbesses, pourrait avoir rempli quelques fonctions semi-épiscopales, comme prêchant, recevoir les confessions (sans absolution), et diriger les Chrétiens de la région.


 

 

http://home.scarlet.be/amdg/oldies/sankt/fev01.html

Feunteun Santez-Berc'hed, Gregam, bro-Wened

Feunteun Santez-Berc'hed, Gregam, bro-Wened

Il y a peu d'informations fiables sur le couvent qu'elle a fondé aux alentours de 470 à Kildare (à l'origine Cill-Daire ou 'église du chêne'), premier couvent d'Irlande, et sur la Règle qui y a été suivie. C'est une des manières par lesquelles Brigitte a sanctifié le païen avec le Chrétien : le chêne était sacré pour les druides, et à l'intérieur du sanctuaire de l'église il y avait une flamme perpétuelle, un autre symbole religieux des croyances des druides, autant que des Chrétiens. Gerald du Pays de Galles (13ème siècle) a noté que le feu était perpétuellement maintenu par 20 religieuses de sa communauté. Ceci a continué jusqu'en 1220, où il a été éteint. Gerald a noté que le feu était entouré par un cercle de buissons, où il n'était permis à aucun homme d'entrer.

On pense généralement que c'était un double monastère, logeant hommes et femmes - une pratique courante dans les terres celtiques qui a été parfois apportée par les Irlandais et les Bretons sur le Continent. Il est possible qu'elle ait présidé aux 2 communautés. Elle a fondé des écoles pour hommes et femmes. Une autre source indique qu'elle a installé un évêque appelé Conlaeth, alors que le Vatican énumère officiellement le siège épiscopal de Kildare comme datant de 519.

Cogitosus, un moine de Kildare du 8ème siècle, a retravaillé la vie "métrique" de sainte Brigitte, et l'a mise en versets en bon latin. Ce texte est connu comme "deuxième vie", et est un excellent exemple de l'érudition irlandaise du milieu du 8ième siècle. Ce qui est peut-être le plus intéressant dans le travail de Cogitosus est sa description de la cathédrale de Kildare à son époque :

"Solo spatioso et in altum minaci proceritate porruta ac decorata pictis tabulis, tria intrinsecus habens oratoria ampla, et divisa parietibus tabulatis".

Le jubé était constitué de panneaux en bois, largement décorés, et avec des rideaux admirablement décorés. La célèbre tour ronde de Kildare date probablement du sixième siècle.

La sixième vie de la sainte, imprimée par Colgan est attribuée à Coelan, un moine Irlandais du 8ième siècle, et elle a une importance particulière du fait qu'elle est préfacée par un avant-propos de la plume de saint Donatus, lui aussi moine Irlandais, qui devint évêque de Fiesole en 824. Saint Donatus se rapporte aux vies précédentes écrites par les saints Ultan et Aileran.

Tout enfant, Brigitte montrait déjà un amour particulier pour les pauvres. Une fois sa maman l'envoya lui pour ramener du beurre, l'enfant le distribua entièrement. Devenue adulte, sa générosité était proverbiale : On a constaté que si elle donnait de l'eau à boire à un étranger assoifé, le liquide se transformait en lait ; et un fût de bière envoyé à une communauté Chrétienne, s'avéra en satisfaire 17 de plus.
Plusieurs des histoires la concernant ont trait à la multiplication de la nourriture. Comme par exemple qu'elle changea son eau de bain en bière pour étancher la soif d'un ecclésiastique arrivé à l'improviste. Même ses vaches donnaient 3 fois du lait le même jour pour en fournir pour quelques évêques visitants.

Brigitte voyait les besoins du corps et ceux de l'esprit comme entrelacés. Dévouée à améliorer aussi bien la vie spirituelle que matérielle de ceux autour d'elle, Brigitte fit de son monastère une remarquable maison de formation, comprenant aussi une école d'art. Les manuscrits enluminés qui en sortirent furent loués, en particulier le Livre de Kildare, qui fut loué comme un des plus beaux de tous les manuscrits enluminés Irlandais avant sa disparition il y a 3 siècles.

Une fois, elle s'endormit durant un sermon de saint Patrick, mais étant de bonne humeur, il lui pardonna. Elle avait rêvé, et elle le lui rapporta, de la terre labourée largement et au loin, et de semeurs en blanc qui semaient la bonne semence. Puis arrivèrent d'autres, habillés de noir, qui arrachèrent la bonne semence et semèrent de l'ivraie à la place. Patrick lui dit que cela aurait lieu; des faux enseignants viendraient en Irlande et déracineraient tout leur bon travail. Cela attrista Brigitte, mais elle redoubla ses efforts, enseignant au peuple à prier et à louer Dieu, et leur expliquant que la lumière sur l'autel était le symbole de la lumière de l'Evangile dans le coeur de l'Irlande, et ne devrait jamais s'éteindre.

On appelle Brigitte la " Marie des Gaëls ", tant les Irlandais l'ont identifié à la Sainte Vierge Mère de Dieu. Durant un important Synode pour l'Eglise d'Irlande, un des saints pères, l'évêque Ibor, annonça qu'il avait rêvé que la sainte Vierge Marie apparaîtrait au milieu des Chrétiens assemblés. Quand Brigitte arriva, le père cria, "Voilà la sainte vierge que j'ai vue dans mon rêve!" D'où l'origine de son surnom. Ses prières et ses miracles auraient eu une puissante influence sur la croissance de l'antique Eglise d'Irlande, et son nom est bien-aimé en Irlande de nos jours encore, comme il le fut en Bretagne.

A sa mort, à l'âge de 74 ans, sainte Brigitte fut assistée de saint Ninnidh, qui fut par la suite connu sous le nom de "Ninnidh à la Main Propre" , parce que par la suite il eut sa main droite enfermée dans un gant de métal pour éviter que ne soit souillée celle par laquelle il avait administré le viatique à la Patronne de l'Irlande.

Elle fut enterrée à droite du maître-autel de la cathédrale de Kildare, et une tombe fort coûteuse fut dressée au dessus d'elle. Dans les années qui suivirent, son tombeau fut l'objet de la vénération des pèlerins, en particulier le jour de sa fête, le 1er février, comme le rapporta Cogitosus. Vers 878, à cause des invasions des Scandinaves, les reliques de sainte Brigitte furent emportées vers Downpatrick, où elles furent placées dans la tombe avec celles des saints Patrick et Columba.

Une tunique lui ayant appartenu, donnée par Gunhilda, soeur du roi Harold, se trouve à Saint-Donatien à Brugge (Bruges), Belgique. Une relique de sa chausse, faite d'argent et de cuivre décorée de bijoux, se trouve au Musée National à Dublin. En 1283, 3 chevaliers prirent la tête de Brigitte pour partir en pèlerinage en Terre Sainte. Ils moururent à Lumier, près de Lisbonne, Portugal, où l'église possède à présent une châsse spéciale avec sa tête dans une chapelle dédiée.

On retrouve en Angleterre 19 anciennes dédicaces d'église à son nom. La plus importante est celle de la plus ancienne église de Londres - Saint-Bride, dans Fleet Strret - et Bridewell ou Saint-Bride's Well. En Ecosse, East et West Killbride portent son nom. Saint Brigid's Church à Douglas rappelle qu'elle est la patronne de la grande famille des Douglas. Plusieurs nom de lieux au Pays de galles portent le nom de Llansantaffraid, ce qui signifie "Eglise sainte Brigitte." L'évêque Irlandais Saint Donato de Fiesole (Italie) bâtit une église Sainte-Brigitte à Piacenza, où la Paix de Constance fut ratifiée en 1185.

La coutume la plus connue qui soit reliée à sainte Brigitte est le tressage de croix en roseau le jour de sa fête. La tradition rapporte à l'histoire qu'elle était occupée à tresser des croix en roseau tout en soignant un chef païen qui était occupé à mourir. Il lui demanda le pourquoi de son activité, et son explication l'amena à se faire baptiser.

La bénédiction traditionnelle Irlandaise l'invoque : "Brid agus Muire dhuit, que Brigitte et Marie soient avec toi" est la salutation Irlandaise classique, et au Pays de Galles les gens disent, "Sanffried suynade ni undeith, que sainte Brigitte nou bénisse durant notre voyage." Une bénédiction pour le bétail dans les îles Ecossaises dit ceci : "Que la protection de Dieu et de Columba couvre vos allées et venues, et qu'avec vous soit la laitière aux douces mains blanches, Brigitte des alentours, aux cheveux bruns or"

(Attwater, Bénédictins, Bentley, Delaney, Encyclopaedia, Farmer, Gill, Groome, Montague, O'Briain, Sellner, White).

Dans l'art, on la représente en général avec une vache couchée à ses pieds, ou tenant une crosse et chassant le démon. (White). Son emblème est une lampe ou bougie allumée (à ne pas confondre avec sainte Geneviève, qui n'était pas abbesse). Parfois on la trouve représentée (1) avec une flamme au-dessus d'elle; (2) avec des oies ou une vache près d'elle; (3) près d'une étable; (4) laissant la cire d'un cierge tomber sur son bras; ou (5) restaurant la main d'un homme. (Roeder).

Brigitte est la sainte patronne de l'Irlande, des poètes, des laitières, des forgerons, des guérisseurs (White), du bétail, des fugitifs, des moniales Irlandaises, des sages-femmes, et des enfants nouveaux-nés (Roeder). Elle est encore actuellement fort vénérée en Alsace, dans les Flandres, et au Portugal (Montague), de même qu'en Irlande et à Chester, Angleterre.

Loperhet, Gregam

Loperhet, Gregam

La Bretagne a aussi beaucoup honoré sainte Brigitte. A Trigavou, dans le Poudouvre, s'éleva au milieu du XIIème siècle, au-dessus d'une fontaine qui lui était dédiée, une église Sainte-Brigitte ou Sainte-Brigide de Kildare (eccl. Beatae Brigiddae de Tregavou), citée dans les chartes du prieuré de Léhon lorsque l'évêque de Saint-Malo fait don au prieuré de Saint-Magloire-de-Léhon de l'église de Sainte-Brigitte (Anciens Evêchés, IV, 359 ; VI, 127, 136). On y trouve une statue de sainte Brigitte datant du XVIIIème siècle, ainsi que son buste reliquaire en argent.

Santez Berc'hed Kildar

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Ar Pab Frañsez

par G.G.M.

publié dans Iliz , Eglise , Avortement

Ar Pab Frañsez
Lecture libre de l'article de Jeanne Smits sur Present par Anne Charlotte Lundi 2013-09-20 14:32:56


"Le pape de la confusion ?

La publication d’une interview-fleuve du pape François dans une quinzaine de revues jésuites à travers le monde, en plusieurs langues, a rempli d’aise la presse anti-catholique. Focalisée sur le discours moral de l’Eglise sur la contraception, l’avortement, les divorcés remariés, elle s’est jetée sur les paroles du pape qui justement rejettent cette focalisation :

« Nous ne pouvons pas insister seulement sur les questions liées à l’avortement, au mariage homosexuel et à l’utilisation de méthodes contraceptives. Ce n’est pas possible. Je n’ai pas beaucoup parlé de ces choses, et on me l’a reproché. Mais lorsqu’on en parle, il faut le faire dans un contexte précis. La pensée de l’Eglise, nous la connaissons, et je suis fils de l’Eglise, mais il n’est pas nécessaire d’en parler en permanence. »

« Même le pape n’aime pas l’obsession de l’Eglise par rapport à l’avortement », titre le New York Times, avec une jubilation fielleuse qui se traduit dans l’article par quelques piques envoyées à l’épiscopat américain qu’il voit indirectement « réprimandé » pour s’être lancé dans le combat contre la contraception remboursée par la nouvelle « sécurité sociale », l’ObamaCare…

Premier constat : si le pape François pense que l’Eglise ne parle que de ça, ce n’est rien à côté de ce qu’imaginent et répercutent les médias hostiles et la vérité oblige à dire que ce sont eux qui ont réduit son discours à ces domaines moraux. La preuve : ils continuent. De ces 27 pages d’entretien résultant de six heures de conversation en italien et en espagnol avec le père jésuite Antonio Spadaro, dans le monde entier on retient ces propos sur la morale sexuelle et familiale. Les quelques dépêches d’AFP consacrées au sujet titrent sur les « gays » et les « divorcés ».

Deuxième constat : le pape François, à cet égard, apporte de l’eau à leur moulin mais ses propos ne reflètent pas la réalité. Depuis Humanae vitae allègrement piétiné par de nombreux évêques du monde entier, et malgré l’insistance de Jean-Paul II et Benoît XVI sur la « culture de vie », bien des Eglises locales ont au contraire enfoui cet enseignement, ont tu la tragédie des avortements, laissé la contraception et la mentalité contraceptive s’installer au point que, dans de nombreux pays, seule une minorité de catholiques même pratiquants observe les prescriptions morales à ce sujet. Certaines d’entre elles se réveillent groggy devant la déferlante de la dictature du relativisme homosexualiste qui, d’un vécu personnel difficile, a fait un bien à vénérer.

Il ne faut certes pas confondre obsession morale et véritable enseignement moral, c’est au fond ce que dit le pape en appelant à une « pastorale missionnaire » qui ne soit pas « obsédée par la transmission désarticulée d’une multitude de doctrines à imposer avec insistance ». François se place du point de vue de la mission et de l’annonce de la rédemption, comparant l’Eglise d’aujourd’hui à un « hôpital de campagne » où il faut soigner des mourants et des grands blessés plutôt que de peaufiner la perfection du petit troupeau fidèle : apporter la miséricorde et le pardon. Ce qui renvoie immanquablement au péché et à la misère, d’ailleurs François, invité à se décrire, se voit avant tout dès les premières lignes de l’entretien comme « pécheur ».

Benoît XVI, lui, insistait sur le bonheur : la morale est ordonnée à la joie du vrai bien. Jean-Paul II – pardon pour le raccourci – contemplait la beauté du plan de Dieu sur l’homme et la famille. On sait qu’encore cardinal, il inspira très largement Humanae vitae, mais que lors de sa rédaction on gomma cet aspect de sa pensée qui avait si profondément ébranlé Paul VI. Une partie de l’incompréhension actuelle vient de là.

Reste que si l’Eglise, dans le monde, avait réellement été obsédée par ce rappel au bien de l’homme, on n’en serait sûrement pas à plus d’un milliard d’avortés, la famille en morceaux, l’union homosexuelle considérée comme un mariage, une expression bonne de la sexualité. Je ne dis pas que François entend changer la doctrine à cet égard (encore qu’il la qualifie d’« opinion de l’Eglise ») mais le fait est qu’il a – une nouvelle fois – permis aux adversaires de l’Eglise d’installer la confusion.

Et ce après l’incident du « mariage des prêtres » qu’aurait approuvé le nouveau secrétaire d’Etat Mgr Parolin (nous y reviendrons, on sait maintenant que ses paroles ont été tronquées), après l’appel du pape à l’« accompagnement des divorcés remariés », qui a ouvert lui aussi la voie à beaucoup de confusion, après la question de la théologie de la libération, elle aussi riche de contresens, et l’affaire des Franciscains de l’Immaculée…

Dans son entretien, le pape François évoque aussi la forme extraordinaire de la liturgie qu’il appelle Vetus Ordo : « Il y a ensuite des questions particulières comme la liturgie selon le Vetus Ordo. Je pense que le choix du pape Benoît fut prudentiel, lié à l’aide de personnes qui avaient cette sensibilité particulière. Ce qui est préoccupant, c’est le risque d’idéologisation du Vetus Ordo, son instrumentalisation. »

Et dire que le pauvre Benoît XVI ne pourra même pas se retourner dans sa tombe en lisant cela…

Choix prudentiel ? Ce ne sont pas les mots qui conviennent à la remise à l’honneur d’un rite abusivement interdit dans les faits, ni à la réforme de la réforme liturgique que voulait le pape émérite. Ce n’est pas une « sensibilité » seulement qui pousse – et non poussait – des milliers de personnes à préférer la messe centrée sur Dieu, sur le sacrifice du Christ, plutôt que sur l’homme, mais une vision théologique précise. Et si l’on veut parler d’idéologisation, il serait temps davantage de relever l’instrumentalisation idéologique du Novus Ordo. Idéologisation ? C’est-à-dire désincarnation de l’idée de la messe afin de la mettre au service de choix politiques – d’extrême droite, forcément ! – et de factions qui veulent imposer leur point de vue au détriment de la réalité ?

Voilà des propos qui font souffrir. Et qui sont démentis par les faits. Car les messes traditionnelles attirent précisément les jeunes, et la proportion de vocations dans les séminaires formant à la liturgie traditionnelle est plus importante que la proportion de pratiquants de la « forme extraordinaire » par rapport aux catholiques ordinaires.

Il y aura encore bien des choses à dire sur l’entretien de François, son incontestable souffle, sa manière de mettre le Christ à l’honneur, à côté d’autres propos inquiétants.

Mais une question surgit – d’ordre prudentiel : est-il raisonnable pour le chef de l’Eglise, gardien des clefs, garant de son orthodoxie, de livrer ainsi son moi subjectif au monde ? François n’aime pas les ent
retiens, encore moins les interviews pris sur le vif, il n’est pas irrespectueux de lui souffler qu’il devrait s’en méfier davantage.

Une consolation : ce n’est pas une encyclique."

JEANNE SMITS

Article extrait du n° 7943 de Présent.

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