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Articles avec europa

Klemmganoù evit ar vro

par Andrev

publié dans Breizh , Bretagne , Feiz , Foi , Europa , Britain , Britannien

 
 

 

An Aotroù a adsav Jeruzalem,

a zastum re stlabezet Israel,

a yac'ha ar re o deus ar c'halon flastret,

hag a lien o goulioù.

(Salm 147)

Du 2e livre de Samuel (1,16)

La splendeur d'Israël a-t-elle péri sur tes hauteurs? Comment sont tombés les héros?

Ils étaient plus agiles que les aigles, ils étaient plus forts que les lions.

 Tu faisais toutes mes délices; ton amour m'était plus précieux que l'amour des femmes.
  
 Comment les héros sont-ils tombés? Comment les guerriers ont-ils péri?
  
  
  
  

 

Klemmganoù evit ar vro

 

"Barnet eo bet d'ar marv

Evit he madelezh

Skourjezet kriz ha garv

Evit he faourentez"

Yann-Loeiz Bodenez

Kan Pasion Breizh

 

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Europa

par Andrev

publié dans Breizh , Feiz , Bretagne , Europa , Britain , Britannien

Ar Pab bras Gregor VII (1073-1085) a lavare: "Kenta bro a verkas Doue ar bed, evit difenn ar feiz kristen, eo Breizh!" ha setu perak e roas dezhi ul lignezad rouaned ha duged e c'helle ar re a oa dindano kemeret skouer warno.

 

 

Le grand Pape Grégoire VII disait: "La première nation que Dieu assigna au monde pour défendre la foi chrétienne, c'est la Bretagne". Voilà pourquoi Il lui donna une lignée de souverains sur lesquels ceux qui étaient leur sujets purent prendre exemple.

 tennet eus F & B miz Gouere 1942

 

 

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Jean de Bretagne et Jeanne de Lorraine

par Andrev

publié dans Breizh , Bretagne , Europa , Angleterre , Britain , Jeanne d'Arc

 

Jean V de Bretagne naît le 24 décembre 1389 au château de l'Hermine à Vannes. Il est le fils de Jean IV de Montfort, Duc de Bretagne, qui réunifia le pays après avoir vaincu Charles de Blois et déjoué le complot français visant l'annexion de la Bretagne. Avec l'aide de sa mère, Jeanne de Navarre, remariée à Henri IV d'Angleterre, et de son épouse Jeanne de France, il réussit à maintenir la paix dans le Duché, en dehors du conflit franco-anglais.
Cependant, marié à la fille du roi de France, Jean V porta secours à ce pays en 1415, et si l'armée française n'eût pas fautivement engagé la bataille contre les Anglais deux jours avant l'arrivée des Bretons, Jean eut sans doute évité aux Français la défaite cuisante d'Azincourt et les dévastations qui s'en suivirent dans leur royaume.
Jean V envoya par la suite son frère Arthur et 1200 hommes au secours de Jeanne d'Arc, ainsi que, en guise d'encouragement, une épée et plusieurs chevaux parmi les plus beaux de Bretagne.
Jeanne d'Arc ordonna alors, pleine de reconnaissance, que les couleurs de la Bretagne flottent aux côtés des siennes, à Beaugency le 18 Juin 1429.

 
Jean de Bretagne et Jeanne de Lorraine

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Sant-Mac'hlow

par Andrev

publié dans Breizh , Bretagne , Bro-Sant-Mac'hloù , Sant-Mac'hlow , Europa , Saint-Malo

"Drapeau Province de Saint-Malo

Une des 9 provinces constitutives de la Bretagne.
Le dessin du drapeau reprend un pavillon historique de Saint-Malo auquel a été ajouté du jaune pour retrouver les couleurs que l'on retrouvent sur les écus des trois entités [politico-religieuse] qui composent ce pays, c'est-à-dire le Clos-Poulet (Ville de St-Malo...), le Poudouvre (Dinan...), Porhoët (Ploërmel, Josselin…). Les trois mouchetures d'hermine rappellent également ces trois entités."

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Sant Pêr Urseol Venezia

par Andrev

publié dans Ar Sent , Europa , Feiz , Foi

Sant Pêr Urseol Venezia

D'après les Petits Bollandistes, 7ième édition, Bar-le-Duc 1876

SAINT PIERRE URCEOLE DE VENISE (+ 997)
Pierre, surnommé Urséole, de l'ancienne famille des Ursins de Rivo-Alto, né à Venise, brilla de tout l'éclat des vertus chrétiennes; à la recommandation de ces vertus il fut choisi par le suffrage unanime de ses concitoyens pour succéder comme doge, quoique malgré lui, à Pierre Candien, l'an 976. Elevé au faite du pouvoir, il voulut inaugurer son administration publique par des bonnes oeuvres. Il restaura donc l'église de Saint-Marc l'Evangéliste, qui, avec le palais des doges de Venise, avait été dévorée par un incendie sous son prédécesseur. Il gouverna la république avec gloire et avec sagesse, rapportant tout au bien commun de la patrie. Après avoir eu un premier enfant avec son épouse, il semble qu'ils décidèrent de commun accord de vivre désormais comme frère et soeur.
La divine Providence bénit cette résolution pieuse et lui fit rencontrer Guérin, abbé du monastère de Saint?Michel, dans le comté de Roussillon. Ayant relâché à Venise pour vénérer les reliques de saint Marc, cet abbé eut l'occasion de remarquer et d'admirer la piété du doge et son assiduité à la vie chrétienne. Il s'entretint avec lui. Dans son esprit germa l'aspiration à embrasser la vie monastique, afin de servir Dieu loin du monde.
Le doge prit quelque temps pour mettra ordre à ses affaires.
Guérin contina son voyage, et après l'avoir terminé, revint près de celui qui l'appelait déjà le sauveur de son âme. Entretemps, d'après la Vie de saint Romuald, fondateur des Calmadules, on apprend que Pierre rencontra le fondateur de cet ordre érémitique, ce qui le renforça dans sa décision de vie monastique. Il resta encore une année doge de Venise, après quoi, laissant patrie et famille, il partit en secret. Il fut accompagné de Guérin, mais aussi de Romuald et Marin, Jean Manrocène son gendre, et Jean Grandonic. Pour n'être pas reconnu des espions, il se déguisa en conducteur de voiture, et c'est ainsi que lui et ses compagnons traversèrent Vérone et toute la Lombardie et parvinrent en France. En approchant du monastère de Cusan, il ôta ses souliers et fit le reste du chemin pieds-nus. Son arrivée provoqua l'admiration générale; il entra chez les novices avec Grandonic et Manrocène; les occupations les plus humbles étaient celles qu'il recherchait de préférence. Après deux ans révolus, il fut nommé sacristain. Mais, poussé par le désir d'une solitude plus étroite, selon ce qu'il avait appris de saint Romuald, il demanda et obtint la permission de bâtir, non loin du monastère, une cellule à peine assez large pour s'asseoir et se coucher; les jeûnes, l'oraison et le travail manuel étaient ses occupations habituelles.
Avec le temps, sa retraite fut découverte. Son fils Pierre étant venu le voir, il lui prédit qu'il deviendrait doge, et l'événement se vérifia de son vivant même. Il l'avertit en outre de ne jamais se départir de la justice, et de protéger les églises du Seigneur. Enfin, après 19 ans de vie monastique, d'exquise piété et de continuelle pénitence, la 69ème année de son âge, averti par révélation divine qu'il ne tarderait pas à s'endormir du sommeil de la mort, couché sur la cendre et le cilice, le 10 janvier de l'an de notre salut 997, il rendit son âme à Dieu. Divers prodiges attestèrent sa sainteté; son corps, conservé dans l'église sous un autel dédié en son honneur, était visité et honoré par les pieux fidèles. Une translation solennelle d'une partie de ses reliques eu lieu vers Venise, dans l'église de Saint-Marc.
Sur la fin du 18ème siècle, après que la Révolution athée eut dévasté le royaume de France et que le monastère de Cusan eut été détruit de fond en comble, les autres reliques de Pierre Urséols furent transportées dans l'église paroissiale de Prade, où elles sont encore conservées aujourd'hui.


d'après le "Bréviaire de Perpignan"

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Gwener ar Groaz eo!

par Andrev

publié dans Breizh , Feiz , Bretagne , Foi , inculturation , Europa , Keltia , Gwener ar Groaz

Gwener ar Groaz eo!

Dont a ra, a-hed ar bloaz, gouelioù an Iliz da reiñ tremp d'ar feiz hadet ha maget ennomp bemdez a-hed an deiz, eus ar beure betek an noz.

Lod eus ar gouelioù-se a vez ivez lidet en ti. Gwener ar Groaz dreist-holl.

N'eo ket c'hoazh sonet teir eur ouzh horolaj an ti. Bras ha bihan emaomp aze holl, daoulinet war leur an ti, troet hon daoulagad ganeomp warzu ar groaz a-istribilh a-us mantell ar siminal.

Pa sko teir eur ouzh an horolaj e stouomp holl a-gevret betek daoublegañ da bokat d'an douar yen. Raktal goude e lavaromp a-gevret teir gwech "Pater noster" hag "Ave Maria", hon divrec'h ganeomp astennet war-zu ar groaz.

Hiriv n'eus merenn vihan ebet da gaout. Hini ac'hanomp ne sav c'hoant klemm gantañ.

Gwener ar Groaz eo!

(Tad Medar An tri aotroù)

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Un nom et une forme

par Andrev

publié dans Chine , inculturation , Europa

"Nous vous avons enlevés de vos demeures et vous avons parqués dans des dortoirs modernes, hygiéniques."

Un nom et une forme

L'histoire de la République de Chine débute avec la chûte de la dynastie Qing et la formation d'une république constitutionnelle en 1912.

1949. Le régime de Tchang Kaï-tchek tombe, avancées communistes foudroyantes et exode massif des Anglais vers Hong-Kong. C'est en ce lieu et en cette année qu'un ancien missionnaire parle de la Chine au docteur-écrivain Han Suyin, évoquant l'échec de l'Européanisme dans l'Empire du Milieu.

"Je suis un des rares qui ne soient ni ulcérés ni déroutés par ce qui se passe à l'heure actuelle. Comme pouvions-nous espérer autre chose de notre enseignement que ce qui arrive maintenant en Chine? Nous avons allié le Christ à l'émancipation des femmes, aux réformes sociales et à la construction des hôpitaux. Nous avons préparé le sol et arrosé les graines de cette formidable puissance qui va dominer la Chine et stupéfier le monde. Nous, les missionaires! Ni Marx, ni les Russes. C'est nous qui avons fait ça au moyen de nos écoles et universités missionnaires, de nos unions chrétiennes de jeunes gens et de jeunes filles. Puis le communisme est venu, il s'est emparé de la force et de la puissance que nous avions développées et leur a donné un nom et une forme, parce que, nous, nous n'avions plus rien à vous offrir.

"Nous avons donné à votre jeunesse chinoise l'habitude de se réunir en groupes, nous avons raillé et démoli votre tendance à vous enfermer en vous-mêmes et votre horreur des masses. Nous avons enlevé vos savants esthètes à leur versification et les avons forcés à consacrer leur plume et leur langue au bien de millions d'êtres, au lieu de les réserver aux délices de quelques-uns. Nous avons bâti de grandes universités au coeur ou à proximité de vos villes affairées, populeuses, grouillantes d'agitation et de colère. Nous vous avons enlevés de vos demeures et vous avons parqués dans des dortoires modernes, hygiéniques. Nous avons développé en vous un esprit de communauté, vous avons fait jouer à des jeux collectifs, vous détendre en chantant en choeur. Nous vous avons inculqué vos devoirs envers la patrie jusqu'à provoquer en vous un complexe de rédemption à l'égard de votre pays.

"L'éducation que nous vous avons procurée vous a coupés de vos vieilles traditions et a fait de votre esprit déraciné un sol fertile pour recevoir le plus imposant et le plus vague des humanismes qui consolent l'humanité. Nous vous avons enseigné quantité de termes abtraits, qui ne se trouvaient point dans votre langue: démocratie, liberté, égalité - sans nous inquiéter de découvrir ce qu'ils signifiaient pour vous... voire nous-mêmes. Nous vous avons parlé de l'éducation des masses et de l'abolition des injustices. Vos idées politiques ont beau être marxistes à présent, la ferveur et la foi qui vous ont poussés en avant sont enracinées dans notre christianisme social (...)

"Oui, nous vous avons parlé du Royaume de Dieu et vous vous efforcez, à votre tour, de le faire venir sur la terre. Vous nous avez démasqués avec notre façon de garder notre christianisme bien à l'abri et pour nous seuls, avec toute l'importance que les nations chrétiennes attachent à la richesse et au succès matériel, pendant que nous vous prêchons le trésor au Ciel. Vous nous avez démasqués de longue date!

- Que faites-vous, à part l'agriculture? lui demandai-je (...)

- Je m'efforce de découvrir ce que la parole de Dieu signifie pour moi. C'est quelque chose si grand! Or il me semble, pour l'heure, que le plus important c'est de m'instruire sur moi-même et non d'enseigner les autres. (...) Qu'allez-vous faire?

- Je vais aller en Chine exercer la médecine. Non parce que je suis communiste, mais parce que je suis chinoise.

traduction de "A Many-Splendoured Thing" (Multiple Splendeur), de Han Suyin, 1952

Un nom et une forme

*

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Breizh

par Andrev

publié dans Breizh , Brezhoneg , Europa , Evit bevañ gant levenez

Breizh

Selon les anciennes généalogies des peuples, que les Chrétiens d'Europe gardèrent en mémoire jusqu'au XIXe siècle, les Européens sont issus des enfants de Japhet, lui-même l'un des trois fils de Noë.

Parlons d'abord un peu des pays celtiques actuels. Parmi les enfants de Japhet, c'est d'abord Toubal qui aurait laissé une descendance sur la péninsule ibérique et les iles d'Irlande et de Bretagne. Puis ce sont les enfants de Yavanne, apparentés aux Grecs, dont le roi Brutus, qui donnèrent son nom à la Bretagne. Les Irlandais se réclament aussi de Magog, autre fils de Japhet, tandis que la Bretagne devint une terre celte par excellence avec les Gomériens, du nom d'un autre fils de Japhet.

Resituons maintenant la Bretagne au sein de l'Europe. Pour résumer, la grande majorité de la population de la Bretagne est celtique, avec un substrat "ivernien" (Toubal) et un autre "magoguien" dont sont issus les premiers princes. En comparaison, les Allemands et les autres pays dits "germaniques" sont aussi fortement celtiques à la base, mais avec un mélange supplémentaire issu d'un autre fils de Noë, ce qui leur donna de se différencier de façon assez brutale. Les Slaves quant à eux, qui constituent une autre grande partie de l'Europe, sont issus de Magog, fils de Japhet, fils de Noë, ainsi que les Magyars (Hongrois), les Estoniens... Quand aux Latins, ce sont aussi des fils de Yavanne, fils de Japhet, des cousins donc d'une partie "minoritaire" des Bretons. Au final, les plus proches cousins des Bretons seraient les Géorgiens, les Arméniens, les Roumains et les Turcs - tous enfants de Gomer, fils de Japhet - ce qui ne veut pas dire qu'ils leurs ressemblent forcément! L'alchimie particulière à chaque peuple est complexe! Elle est aussi composante d'un tissu incompable où chaque peuple ne peut se prétendre indissociable d'un autre, de par des origines communes et des cousinages précoces, mais peut prétendre aussi à son caractère unique qu'on ne peut assimiler à un autre peuple.

Dans l'historique et la composition de la Bretagne, il semble y avoir une spécificité organique: un substrat - une élite - un peuple. Le substrat s'apparenterait à d'autres peuples d'autres continents; l'élite succède au substrat, elle lui indirectement apparentée, elle est minoritaire et précède le peuple en le cimentant; le peuple est indirectement apparenté à l'élite et forme la majorité.

Voici un extrait de la "Table of Nations" de Tim Osterholm, où sont décrites les origines de la Bretagne et ses populations.

"The name Briton originated from Brutus (a descendant of Elishah), the first king on Britain's mainland, arriving about 1100 B.C. Two sons of Brutus, Kamber and Albanactus, are referenced in English prehistory. From Kamber came Cambaria and the Cambrians (who integrated with the Gomerites [mostly Celts] and became the present-day Welsh). The descendants of Albanactus were known as the Albans (or the Albanach whom the Irish commonly called them). Geographers would later call the land Albion. The Britons (also Brythons), Cambrians and Albans populated the British Isles, which later endured multiple invasions, beginning with successive waves of Celts about 700 B.C. The Celts (or Gaels) called the land Prydain, their name for Briton. Those Celts (descendants of Gomer) integrated with the descendants of Elishah and Tarshish (sons of Javan), creating what some scholars called "a Celticized aboriginal population" in the British Isles. Some of the invading people groups were Scythians, descended from Magog, who became known as the Skoths or Scots. The name for the Celts or Cymru was "Weahlas," from Anglo-Saxon origins, meaning "land of foreigners"—Wales. The Welsh still call themselves Cymru, pronounced "Coomry." Later the Romans referred to the land as Britannia, invading there about 50 years before the birth of Christ. By the third century A.D., Jutes, Franks, Picts, Moors, Angles, Saxons and other groups were invading from surrounding Europe. In the sixth century A.D., Saxons called the land Kemr (Cymru), and the language Brithenig (Breton). The Angles eventually conquered Britannia, renaming the territory Angleland, which became England. Vikings invaded in the 9th century, and the Normans (or Northmen—former Danish Vikings) conquered England in 1066. Today, the British isles are settled by the ancestors of those people groups, which included Gomer and Javan (first inhabitants), plus Magog (later invasions by various people groups)."

Les Celtes, enfants d'Ashkenaz, fils de Gomer, fils de Japhet, fils de Noë, se partagèrent les territoires de l'Allemagne, la Scandinavie, la Gaule et les iles d'Irlande et Bretagne. Mais leur terre d'origine serait au sud de la Russie, entre la Mer Noire et la Mer Caspienne, à proximité de l'Arménie et du cours supérieur de l'Euphrate.

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Distro d'ar Gristenelezh

par G.G.M.

publié dans Europa , Kristenelezh

Distro d'ar Gristenelezh

L’abandon des principes chrétiens a entraîné la crise
économique en Europe, selon le Premier Ministre hongrois Viktor Orban


"L’Europe doit revenir au christianisme avant que toute régénération économique soit possible", a déclaré M. Viktor Orban, premier ministre de Hongrie, lors d’une conférence à l’Université Saint-Paul de Madrid le 17 novembre 2012. La conférence était organisée par le 14e Congrès des catholiques et la vie publique sous le thème «L’espérance et la réponse chrétienne à la crise.»

Voici des extraits de son discours:
"Nous, Hongrois, comprenons la douleur que les Espagnols ressentent aujourd’hui, et nous comprenons le dur combat du gouvernement espagnol contre cette situation économique difficile dont il a hérité. Nous comprenons la déception, la colère et l’impatience du peuple espagnol, car nous avons connu, et connaissons encore, les mêmes conditions en Hongrie.
Tout comme les Hongrois, les Espagnols sont
des gens qui apprécient la liberté, qui regardent
leur histoire passée avec fierté, et qui ne
permettront pas que le travail accompli par leurs
grands-pères, pour rebâtir leur patrie après la guerre civile,
soit menacé une fois de plus par des bureaucrates et
des spéculateurs financiers. Toute une série de
manifestations et de grèves dans tout le continent européen
montrent que partout les gens sont à la recherche de
la réponse à la question suivante: comment sommes-
nous devenus endettés jusqu’au cou? Pourquoi
souffrons-nous de tels problèmes qui détruisent la vie de
millions de familles?
Nous pouvons lire dans le livre d’Ezéchiel, que si le
soldat de garde voit l’ennemi armé s’approcher mais ne
souffle pas dans sa trompette pour avertir son peuple,
alors Dieu le tiendra responsable des vies humaines qui
auront été perdues.
À mon avis, Dieu a confié aux chefs religieux et
civils la mission d’être ces soldats de garde, et cette
mission comprend aussi les politiciens. C’est donc en
ayant pleine connaissance de notre responsabilité que
nous devons proclamer que la crise financière et économique
qui sévit présentement en Europe n’est pas
un événement accidentel que quelques technocrates
doués pourront corriger. La crise actuelle en Europe est
le résultat d’un processus de décomposition qui existe
depuis un certain temps sur le continent.
Je pense que nous devons prendre la parole et
dire que dans l’Europe d’aujourd’hui, les formes et les
configurations de la cohabitation humaine, comme la
nation et la famille sont ouvertement remises en
question. On a perdu le véritable sens du travail, du crédit,
de la famille et de la nation, car ils ont été séparés des
fondements moraux du christianisme...
Robert Schuman, un des pères fondateurs de l’idée
d’une Europe unie, a dit que l’Europe sera ou bien
chrétienne ou bien elle n’existera pas. Pourtant, aujourd’hui,
nous avons atteint le point où la majorité des politiciens
européens travaillent, et font tout en leur pouvoir, pour
que le christianisme soit chassé de la vie privée des gens,
des églises et des livres d’histoire.
Si un pays islamique commençait
à avoir honte de lui-même en raison
des enseignements du Coran, cela
provoquerait, avec raison, la colère
des autres pays islamiques... En revanche,
en Europe, je vois tous les jours que c’est
plutôt ceux qui veulent penser et se comporter
selon les valeurs du christianisme dans la
vie politique et sociale qui font face à
l’incompréhension ....
En fin de compte, je dois dire que le vieillissement
de l’Europe qui désavoue ses racines chrétiennes, et
cela inclut la Hongrie, ressemble à la parabole bien
connue de l’Évangile de l’homme qui a bâti sa maison
sur le sable. Les torrents sont venus, ont frappé la
maison et l’édifice s’est retrouvé sur le point de s’effondrer.
Cette faiblesse de l’Europe est due à la crise des
familles, des communautés et de la nation qui, dans
les premiers stades du capitalisme, ont justement été
ce qui a fait le succès de l’Europe. Ils avaient amené
l’Europe à un tel niveau dominant à l’échelle mondiale
justement parce que, à cette époque, ils faisaient partie
intégrante d’un système de morale chrétienne: dans le
commerce, l’économie, la famille et la nation même.
Je tiens à souligner un seul point pour vous montrer
ce que je veux dire. C’est la question du crédit. Dans
l’Ancien Testament, le mot usure, prêteur d’argent, signifiait
mordre une autre personne, comme un serpent.
On comprend pourquoi l’Église catholique avait décrété
une interdiction de percevoir des intérêts sur les prêts;
elle voulait protéger les gens contre la barbarie des prêteurs
d’argent. Après la Réforme protestante, la position sur la
perception des intérêts a changé...
Si l’on regarde la liste des pays endettés d’Europe,
nous voyons que les prêts dont nos pays souffrent n’ont
plus aucun rapport avec quelque principe moral que ce
soit. Les conditions pour recevoir un prêt aujourd’hui
sont telles qu’elles mettent en péril la souveraineté de la
nation, et les prêteurs forcent les gouvernements à enlever
de l’argent aux gens à qui ils devraient le donner.
C’est ma ferme conviction qu’une Europe qui représente
les valeurs chrétiennes n’aurait peut-être pas
permis aux gens de gaspiller l’avenir de leurs familles
en s’engageant dans des emprunts irresponsables. En
Hongrie, c’est ce qui est arrivé à un million de familles...
Une Europe commune qui représente les valeurs chrétiennes
n’aurait peut-être jamais permis à certains pays
de tomber dans l’esclavage de la dette. Il s’agit d’une
question importante pour la nation espagnole. Ce n’est
pas mon affaire, je suis responsable de la Hongrie, mais
je tiens à vous avertir que l’Espagne est très près de
tomber dans l’esclavage de la dette. Un pays peut être
conquis de deux manières: soit par l’épée, soit par la
dette; c’est quelque chose que nous ne devrions jamais
oublier. Et enfin, une Europe qui représente les valeurs
chrétiennes aurait peut-être, au lieu de la politique actuelle,
encouragé une politique qui redistribue de façon plus
juste les fardeaux de la crise économique actuelle.
Si aujourd’hui en Europe un gouvernement est
obligé d’emprunter d’une organisation européenne
ou internationale, ce gouvernement devra introduire
des mesures telles qu’elles le feront perdre sa
crédibilité aux yeux de son propre électorat...
Comme le dit l’Écriture sainte: «Car la racine
de tous les maux, c’est l’amour de l’argent. Pour
s’y être livrés, certains se sont égarés loin de la
foi et se sont transpercé l’âme de tourments sans
nombre.» (1 Timothée 6,10.) La crise morale peut
également être reconnue dans le cas des dirigeants
qui, professant une philosophie de «mangeons et
buvons, car demain nous mourrons», ou enfin «demain
nous ne serons pas dans le gouvernement», ont été
capables de jeter des pays entiers dans la dette.
Cela entraîne aussi des questions de grave responsabilité
personnelle. Bien que nous puissions sembler être une minorité,
nous sommes nombreux, en Europe, à avoir comme but
commun de construire l’Europe une fois de plus sur les
fondations solides du christianisme... La Hongrie suit
cette voie depuis 2010. Nous avons créé une nouvelle
Loi fondamentale, le premier chapitre de ce que nous
avons appelé le Credo national. C’est l’essence même
de la constitution, son cadre spirituel, son épine dorsale.
La première ligne de la nouvelle Constitution hongroise
commence par ces mots: «Seigneur, bénissez le peuple
hongrois!» C’est aussi la première ligne de notre prière
nationale. Le premier mot de la Constitution hongroise
est «Dieu».
La Hongrie est un pays dont le premier roi s’appelait
saint Étienne, il y a environ mille ans. Après le décès de
son unique enfant, il a offert la couronne de Hongrie à
la Vierge Marie. Nous considérons la Hongrie comme
un pays que notre premier roi a offert à la Vierge Marie.
C’est un fait important. Il n’a pas offert à une puissance
étrangère, il n’a pas offert à une institution financière,
mais à Marie. Cela se reflète dans la Constitution.
L’une des raisons pour lesquelles nous avons élaboré une
constitution de ce genre, c’est que nous sentions que
nous devons faire face contre les forces et tendances
politiques et intellectuelles européennes qui visent à saper
la culture chrétienne, la civilisation chrétienne et les valeurs
chrétiennes. Nous savions que cela se traduirait par des conflits.
Les forces européennes qui souhaitent saper la force
du christianisme sont des forces puissantes et bien
organisées. Elles sont un facteur important au sein de
l’Europe. Ne nous faisons pas d’illusions, il est préférable
de faire face à la vérité.
Mais je suis convaincu que si nous n’entrons pas en conflit
avec eux, ils nous élimineront de la vie publique européenne
et de la vie publique nationale. Pour cette raison, la Hongrie
a décidé qu’elle ferait face à ce conflit. Nous reconnaissons
le pouvoir du christianisme à préserver la nation. C’est justement
cela qui cause le plus grand conflit.
L’Europe s’oriente vers un état où le religieux deviendra irreligieux,
où ce qui est national cédera la place à des formations qui sont
supra-nationales, et où les familles seront remplacées par
des individus. Ils appellent cela le progrès. Il s’agit de
la tendance dominante intellectuelle dans les politiques
européennes aujourd’hui.
Notre «péché», que nous avons bien sûr assumé
avec fierté, c’est que dans le 21ème siècle, nous avons
osé inclure dans notre Constitution le fait que la foi,
l’Église, la nation et la famille, n’appartiennent pas
à notre passé, mais à notre avenir. C’est la raison de
l’énorme attaque, à travers toute l’Europe, contre la
Constitution hongroise et ses créateurs."
Viktor Orban

Extrait de Vers Demain

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