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Articles avec ar sent

Sant Pêr Urseol Venezia

par Andrev

publié dans Ar Sent , Europa , Feiz , Foi

Sant Pêr Urseol Venezia

D'après les Petits Bollandistes, 7ième édition, Bar-le-Duc 1876

SAINT PIERRE URCEOLE DE VENISE (+ 997)
Pierre, surnommé Urséole, de l'ancienne famille des Ursins de Rivo-Alto, né à Venise, brilla de tout l'éclat des vertus chrétiennes; à la recommandation de ces vertus il fut choisi par le suffrage unanime de ses concitoyens pour succéder comme doge, quoique malgré lui, à Pierre Candien, l'an 976. Elevé au faite du pouvoir, il voulut inaugurer son administration publique par des bonnes oeuvres. Il restaura donc l'église de Saint-Marc l'Evangéliste, qui, avec le palais des doges de Venise, avait été dévorée par un incendie sous son prédécesseur. Il gouverna la république avec gloire et avec sagesse, rapportant tout au bien commun de la patrie. Après avoir eu un premier enfant avec son épouse, il semble qu'ils décidèrent de commun accord de vivre désormais comme frère et soeur.
La divine Providence bénit cette résolution pieuse et lui fit rencontrer Guérin, abbé du monastère de Saint?Michel, dans le comté de Roussillon. Ayant relâché à Venise pour vénérer les reliques de saint Marc, cet abbé eut l'occasion de remarquer et d'admirer la piété du doge et son assiduité à la vie chrétienne. Il s'entretint avec lui. Dans son esprit germa l'aspiration à embrasser la vie monastique, afin de servir Dieu loin du monde.
Le doge prit quelque temps pour mettra ordre à ses affaires.
Guérin contina son voyage, et après l'avoir terminé, revint près de celui qui l'appelait déjà le sauveur de son âme. Entretemps, d'après la Vie de saint Romuald, fondateur des Calmadules, on apprend que Pierre rencontra le fondateur de cet ordre érémitique, ce qui le renforça dans sa décision de vie monastique. Il resta encore une année doge de Venise, après quoi, laissant patrie et famille, il partit en secret. Il fut accompagné de Guérin, mais aussi de Romuald et Marin, Jean Manrocène son gendre, et Jean Grandonic. Pour n'être pas reconnu des espions, il se déguisa en conducteur de voiture, et c'est ainsi que lui et ses compagnons traversèrent Vérone et toute la Lombardie et parvinrent en France. En approchant du monastère de Cusan, il ôta ses souliers et fit le reste du chemin pieds-nus. Son arrivée provoqua l'admiration générale; il entra chez les novices avec Grandonic et Manrocène; les occupations les plus humbles étaient celles qu'il recherchait de préférence. Après deux ans révolus, il fut nommé sacristain. Mais, poussé par le désir d'une solitude plus étroite, selon ce qu'il avait appris de saint Romuald, il demanda et obtint la permission de bâtir, non loin du monastère, une cellule à peine assez large pour s'asseoir et se coucher; les jeûnes, l'oraison et le travail manuel étaient ses occupations habituelles.
Avec le temps, sa retraite fut découverte. Son fils Pierre étant venu le voir, il lui prédit qu'il deviendrait doge, et l'événement se vérifia de son vivant même. Il l'avertit en outre de ne jamais se départir de la justice, et de protéger les églises du Seigneur. Enfin, après 19 ans de vie monastique, d'exquise piété et de continuelle pénitence, la 69ème année de son âge, averti par révélation divine qu'il ne tarderait pas à s'endormir du sommeil de la mort, couché sur la cendre et le cilice, le 10 janvier de l'an de notre salut 997, il rendit son âme à Dieu. Divers prodiges attestèrent sa sainteté; son corps, conservé dans l'église sous un autel dédié en son honneur, était visité et honoré par les pieux fidèles. Une translation solennelle d'une partie de ses reliques eu lieu vers Venise, dans l'église de Saint-Marc.
Sur la fin du 18ème siècle, après que la Révolution athée eut dévasté le royaume de France et que le monastère de Cusan eut été détruit de fond en comble, les autres reliques de Pierre Urséols furent transportées dans l'église paroissiale de Prade, où elles sont encore conservées aujourd'hui.


d'après le "Bréviaire de Perpignan"

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Lanlouri

par G.G.M.

publié dans Ar Sent , Devnon , Domnonée , Breizh

Iliz Lanlouri
Iliz Lanlouri

Sant Louri

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Gouel d'an 30 a viz Gwengolo

       Né en Bretagne insulaire de nobles parents, il passa la mer pour aborder près d'Aleth (Saint-Malo). "L'étude, la réflexion et un grand amour de Dieu furent ses armes victorieuses" (Joseph-Malo de Garaby).
       S'enfonçant dans la forêt domnonéenne*, il fut reçu à Gaël à la cour du roi Judicaël, qui lui demanda de remplacer saint Elouan en son ermitage à quelques lieues de là, sur les bords de la Doueff. Louri y consentit et, autour de son minic'hig (ermitage), il convertit par sa vie de prière, ses instructions, ses exemples et ses miracles.
C'est ainsi qu'est née Lanlouri, en français Saint-Léry, petite paroisse au diocèse de Saint-Malo et dans l'archidiaconé de Porhoët.
       A l'époque des invasions normandes, au Xème siècle, le corps de saint Léry est transporté à Tours, dans l'abbaye Saint-Julien, et il y restera jusqu'en 1562, date à laquelle il sera détruit par les protestants. Son très beau sarcophage demeure néammoins dans l'église de Saint-Léry. Cette église est d'ailleurs fort belle.
       La paroisse de Saint-Léry dépendait autrefois de l'abbaye de Saint-Méen. Saint-Léry est érigé en commune en 1790. A la suite du Concordat de 1801, la commune comme la paroisse de Saint-Léry sont annexées par les autorités civiles et religieuses au diocèse révolutionnaire de Vannes, au détriment
du diocèse de Saint-Malo qui est d'ailleurs supprimé à la même époque. On poussa le vice à inventer que saint Léry était originaire de Vannes.

Sant Léry aurait donné son nom à une autre paroisse du Porhoët malouin: Montertelot, forme altérée d'un ancien "Moustertolaor" où s'élève l'église Saint-Laur, avec sa fontaine du même nom. Ce Lanlouri dépendait de la Chapelle-Basse (actuelle Chapelle-Caro), trève de Ploërmel. Il serait peut-être heureux de remplacer ce vil nom de "Chapelle-Basse" par un Lanlouri-izel.

* domnonéenne: de "Domnonée" - breton Devnon - l'un des premiers royaumes de Bretagne armoricaine, du nom d'une principauté existant déjà sur l'ile de Bretagne, autour de Glasgow (Ecosse) puis dans les Cornwall, Devon et Somerset actuels. De l'ancienne Domnonée armoricaine est issu l'évêché de Saint-Malo.

Lanlouri
Lanlouri
Lanlouri
Lanlouri

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Sant Mewen

par G.G.M.

publié dans Ar Sent , Les Saints , Devnon , Breizh

Sant Mewen

Setu amañ komzoù an Aotroù Doue (Zakarias 12), da geñver gouel sant Mewen:

 

"Skuilhañ a rin war Diegezh David ha war ar re a zo o chom e kêr-Jeruzalem ur spered a c'hras hag a c'houlenn.

 Sellout a raint etrezek an hini o deus toullet: ober a raint kañvoù dezhañ evel ma vez graet evit ur mab pennhêr ha gouelañ a raint dezhañ evel ma oueler d'ar mab kentañ-ganet.

En deiz-se e vo ken bras ar c'hañvoù e Jeruzalem ha ma voe kañvoù Hadad-Rimmon, e plênenn Meggiddon."

 

“I will pour out on the house of David and on the inhabitants of Jerusalem, the Spirit of grace and of supplication, so that they will look on Me whom they have pierced; and they will mourn for Him, as one mourns for an only son, and they will weep bitterly over Him like the bitter weeping over a firstborn. In that day there will be great mourning in Jerusalem, like the mourning of Hadadrimmon in the plain of Megiddo."

 

"Mais je répandrai sur la maison de David et sur l'habitant de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils regarderont vers moi. Celui qu'ils ont transpercé, ils se lamenteront sur lui comme on se lamente sur un fils unique; ils le pleureront 11. En ce jour-là grandira la lamentation dans Jérusalem, comme la lamentation de Hadad Rimmôn, dans la plaine de Megiddôn."

Sant Mewen

Buhez

sant

Mewen

*

Conaid Mewen e voe ganet e Ork (pe "Orchee»), e rouantelezh Gwent, evel st Maloù. (hiziv Kontelez Monmouth). Tad : « Gérascène », a renk uhel ; mamm : karez da Anna, mamm anezhi da sant Samzun.

*

A Dol, à l'est de Saint-Malo, fut fondé le monastère breton de saint Samson, qui devint plus tard le siège de l'archevêché de Bretagne. Saint Samson (sant Samzun) traversa la mer bretonne au VI siècle avec d'autres compagnons, parmi eux saint Méen (sant Mewen), pour débarquer près de Kankaven (Cancale).

 

Saint Méen, après plusieurs années au monastère de Dol, publia les louanges de Dieu sur les hauteurs de la forêt armoricaine, où vinrent s'établir bien d'autres moines issus des monastères de Dol, Saint-Malo, Saint-Lunaire, Saint-Brieuc... On appelle ce pays le Porhoët (Porc'hoed), où bientôt grandit un grand monastère celtique autour de saint Méen, dédié à saint Jean-Baptiste, en l'ancienne paroisse de Gaël (Gwazel), entre Dinan et Ploërmel.

 

L'origine en est accidentelle: Conomor s’était emparé du pouvoir en Domnonée, pour le compte du roi des Francs, Childebert, après avoir assassiné Iona (Jonas, grand-père de Judicaël) », et se maria avec sa veuve, Triffine; celle-ci confia son fils Judual à saint Lunaire, que Conomor menaçait de tuer aussi. Triffine fut tuée elle-même par Conomor mais ressuscitée par saint Gildas, tandis que Samson avait envoyé Mewen à Vannes auprès de Waroc, le père de Triffine. Mewen, à son retour d'enquête, rencontra le prince Caduon à Dun-an-Hoadez (Montfort-la-Cane) qui, émerveillé par le saint, lui attribua des terres à Gaël.

Le monastère fut détruit par Charlemagne et on le rebâtit un peu plus loin, en un lieu qui se nomme aujourd'hui Saint-Méen-le-Grand. Ce lieu devint un centre de pélerinage très réputé au Moyen-Age, où affluaient des gens de l'Europe entière pour prier autour du sarcophage de saint Méen. On prie saint Méen particulièrement pour les maladies de la peau et de la folie (un asile de fous existait autrefois à Rennes sous  le vocable de saint Méen). J'ai connu une femme qui habitait près de la fontaine Saint-Méen, entre Gaël et Saint-Méen, et qui avait été guérie de la gale (Drouk Sant-Mewen) après y être venue prier et faire ses ablutions.

*

Sant Mewen éduqua le prince Judicaël, qui devint roi de Domnonée, l'ancienne principauté du nord de la Bretagne. Après son règne, Judicaël se retira dans un monastère de la forêt domnonéenne, à Pempont (Paimpont) ou à Gaël. Dans le culte et les vocables, saint Judicaël est souvent associé à saint Méen. Par exemple, les églises de la Trinité-Porhoët, de Langorlay et de Cancale sont sous le vocablé "Saint-Méen-et-Saint-Judicaël". A Cléder, dans le Léon, dans l'église saint Coledoc se trouvent ensemble les reliques des saints Méen, Judicaël et Jos (son frère).

*

« L’œuvre de saint Méen lui survit, elle se perpétue en se transformant à travers les siècles, mais elle ne périt pas » Abbé Chasles, Rennes 1910

Iliz Gwazel / Eglise de Gaël

Iliz Gwazel / Eglise de Gaël

Kantik sant Mewen, 'vez kanet da geñver e bardon

e miz Mezheven war barrez Ar Zent (bro-C'horwrein)

*

Cantique de saint Méen, à Le Saint, près Gourin

 

diskan :

Meulodi deoc’h sant Mewen,

Hon tad oc’h da viken

Ha sklêrijenn Breizh Izel,

Gwarnet ho Pretoned.

 

1.

Meulodi a ganimp

D’hor sant div wech Breizhad :

War enez Vreizh bet ganet,

Met ar mor a dreuzhas.

2.

Ba manati sant Samzun,

War aodoù Breizh Bihan,

Oc’h deut da ambrougiñ

Ho tud ha kenbreudeur.

3.

Ya dilezet ganto

Glasvezhioù an enez,

O fuhez a fizjont

D’ho feizh ha d’ho kwarez.

4.

Mod-se ur rouantelezh

Etre Dol ha Langon

A skedas gant pedennoù

Leizh a diez santel.

5.

Anv korn Breizh Izel-

Se ‘voe Domnonea ;

Eno e vleugnas kement

A genidi santel.

6.

Ba koadoù Domnonea,

War hent plou sant Arzhmael,

Un abati a greskas,

D’e benn oa sant Mewen.

7.

Ya e koadoù Brekilien,

Skoachet en ur heolienn,

‘N ur lec’h anvet Gwazel,

Ur manati zo bet.

8.

Evit, deoc’h-c’hwi hon Doue,

Hon hendadoù deol

O deus savet tiez gwenn,

Tourioù tan ar gwir Peoc’h.

9.

Hag en ti santel Gwazel,

Mewen a zesavas

Mab ar roue Judael :

sant Judig-leon-gwenn.

10.

Ur roue santel e voe

Brudet e Breizh a-bezh ;

Digant Mewen ivez

‘N doa bet ken a furnez.

11.

Ha ken e Kankaven

Hag en Dreinded-Porc’hoed,

D’an ilizoù eo kenstag

Anvioù an daou sant.

12.

Mewen ha Jezekael

‘Zo evel tad ha mab ;

An eil, priñs iliz Breizh

Ha egile roue.

13.

Deuit ‘n ho manati

war ribl lenn kêr Pennpont ;

Ha pedit barzh an iliz

E-harz d’ho div zelwenn.

14.

O fedit gant aked

Evit ma advevo

Kalonoù Domnonea

Ha re Kernev ivez.

15.

Ba bro sant Kaourintin

Ha Gwenole ivez,

Nepell eus kêr Gourin,

Sant Mewen ‘vez  pedet.

16.

Ya en ur barrezig,

Ar Sent eo he anv,

Deoc’h o deus Kerneviz

Savet un neved brav.

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Kraou Sant-Mewen, e Talenseg / La Grée-Saint-Méen, près de Talensac. La légende dit que le saint a aiguisé sa hache sur la pierre avant de la lancer en disant : "Où ma hache tombera, Méen bâtira." Et c'est ainsi que naquit le bourg de Talensac, 1200 m plus loin.

Kraou Sant-Mewen, e Talenseg / La Grée-Saint-Méen, près de Talensac. La légende dit que le saint a aiguisé sa hache sur la pierre avant de la lancer en disant : "Où ma hache tombera, Méen bâtira." Et c'est ainsi que naquit le bourg de Talensac, 1200 m plus loin.

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Sant Mewen, en iliz Pempont / Image de saint Méen, dans l'église de Paimpont

Sant Mewen, en iliz Pempont / Image de saint Méen, dans l'église de Paimpont

Lanvewen-Meur / St-Méen-le-Grand. Le sarcophage de saint Méen est à droite du choeur.

Lanvewen-Meur / St-Méen-le-Grand. Le sarcophage de saint Méen est à droite du choeur.

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