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Articles avec brezhoneg

Jean V et la langue bretonne

par Andrev

publié dans Brezhoneg , Bretagne , Breizh , sevenadur

 

"D'ar 7 a viz here 1420, nebeud goude ma oa bet diframmet, gant e zujidi, eus a-dre daouarn Marc'harid Sklison, e tisklerias (an Dug Yann V) e felle dezhañ kaout e vez e-harz hini sant Erwan hag e c'hourc'hemennas kanañ un oferenn evitañ, bemdez, e iliz-veur Landreger ha lavaret evitañ pedennoù e brezhoneg raktal goude an oferenn-se (2).

Ar pezh a ouzer c'hoazh eo kement-mañ: er bloaz 1429, Yann ar Brug, eskob Landreger, a roe da anaout d'ar Pab ne ouie ket a vrezhoneg, hini eus a eskibien Landreger, pell a oa, ha meur a hini zoken ne oant ket genidik eus a Vreizh ha setu perak ne joment ket er vro, hag an eskopti, daou ugent vloaz a oa, a oa renet gant Yann Nandillac, vikel vras.
Er bloaz 1431, kannaded Yann V a gasas da Eujen IV, nevez anvet pap warlerc'h Marzhin V, klemmoù pennadurezhioù eskopti Landreger a-eneb ar veleien ne ouient ket a vrezhoneg hag a veze anvet da bersoned e parrezioù Breizh-Izel (3).
Sklaer eo eta, Yann V, ma ne ouie ket vrezhoneg (4), a ouie da vihanañ hen harpañ e Breizh koulz hag e Rom. Un dra bennak eo met n'eo ket a-walc'h: ret e vije bet dezhañ ouzhpenn ober anezhañ yezh e lez, yezh e skolioù, yezh c'houarnamant, yezh Breizh-Uhel koulz ha yezh Breizh-Izel rak, n'eus ket a ziv bobl e Breizh: en hent-se en divije saveteet daou dra: ene Breizh hag e dron; o vezañ ma n'en deus ket gouezet diazezañ e dron war roc'h kalet ar yezh, e dron a zo bet skubet dek vloaz ha pevar ugent hepken goude e varo."
 
Yann-Vari Perrot, Feiz ha Breiz Gouere-Eost 1942 -
bet laket ganin er skritur a-vremañ
 
 
On voit dans cet extrait de "Feiz ha Breizh" de Juillet 1942, que le Duc Jean V avait souci de la  langue bretonne, au XVe siècle, ainsi que certains membres du clergé et de la noblesse, tandis que les évêques et d'autres éminences du siècle ne l'encourageaient pas. L'auteur de cet article, Yann-Vari Perrot, prêtre du Léon, fait remarquer aussi que nos souverains auraient dû avoir un politique linguistique cohérente et voit dans ce  manque une des causes de la chute de la Bretagne et de son trône. Ce déclin a sans doute commencé au lendemain des dévastations vikings, quelques 500 ans avant le règne de Jean V.
Notons aussi l'association langue / âme du pays évoquée par l'auteur: on est loin de la vision utilitariste ou optionnelle de la langue, qui prédomine en ce début de XXIe siècle.
 
Voici la traduction de l'article.
 
"Le 7 Octobre 1420, peu de temps après qu'il soit arraché par ses sujets aux griffes de Marguerite de Clisson, (le Duc Jean V) voulut avoir son tombeau au pied de celui de saint Yves, ordonna qu'une Messe soit chantée pour lui chaque jour dans la cathédrale de Tréguier et que des prières en breton soit dites pour lui à l'issue de cette Messe (2). On sait qu'alors, en ce temps, la majorité des inscriptions religieuses dans les chapelles et églises, se faisaient en français (ndt)
"Ce que l'on sait aussi, c'est qu'en l'année 1429, Jean de Bruc, évêque de Tréguier, fit savoir au Pape que les évêques de Tréguier, depuis longtemps, ne connaissaient pas le breton, que nombre d'entre eux n'étaient même pas natifs de Bretagne, que c'était la raison pour laquelle ils ne restaient pas au pays et que, depuis 40 ans, c'était le vicaire général, Jean Nandillac, qui gouvernait le diocèse.
"En 1431, des émissaires de Jean V adressèrent au Pape Eugène IV, nouvellement élu à la suite de Martin V, les remontrances du clergé de l'évêché de Tréguier contre les prêtres qui ne connaissaient pas le breton et que l'on nommait dans les paroisses bretonnantes (3).
"Il est donc clair que Jean V, s'il ne connaissait pas le breton (4), savait aussi le promulguer, en Bretagne comme à Rome. C'est déjà une chose, mais ce n'était pas suffisant: il aurait dû en faire la langue de la cour (comme ce fut jadis, ndt), la langue des écoles, la langue du gouvernement, la langue de la Haute-Bretagne autant que celle de la Bretagne bretonnante, car il n'y a pas deux peuples en Bretagne. En prenant cette direction, il aurait sauvé deux choses: l'âme de la Bretagne et son trône; mais comme il ne sut pas l'asseoir sur le roc dur de la langue, le trône fut balayé seulement 90 ans après sa mort."
C'était, en tout cas, l'aboutissement d'un long processus multiséculaire, une dépossession de l'identité, la fin logique de la perte d'âme.
 
(2) "Premièrement, il fonda une messe quotidienne à notte devant la Tombe de saint Yves.
Deuxièmement, tous les jours, à la fin des Matines, sera sonnée la plus grosse cloche de la dite Eglise pour avertir le peuple de l'heure que la dite Messe commencera.
Troisièmement, fera le Prêtre, qui célèbrera la dite Messe,  prier pour Son Altesse et ce au langage du pays".
cf Albert Le Grand - édition 1901, p. 179
(3) Sellit ouzh / lire: Les Papes et les ducs de Bretagne par B.A. Pocquet du Haut-Jussé, p. 515
(4) An dug Hoel a Gernev, hag a rene etre 1066 ha 1084, a seblant bezañ bet, war a lavar Abeozen, hon diwezañ dug brezhoneger / Le duc Hoël de Cornouaille, qui régna entre 1066 et 1084, semble avoir été, selon Abeozen, le dernier duc bretonnant (Sterenn niv.7, p. 13)
 
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Breizh ar Reter

par Andrev

publié dans Breizh , Brezhoneg

Karozh / Caro, évêché de Saint-Malo

Karozh / Caro, évêché de Saint-Malo

Un épisode peu connu de l'histoire de Bretagne, celui qui s'étire pendant près de 700 ans dans la moitié orientale de ce pays, entre 800 et 1500, soit à partir des violents empiétements des Francs de Charlemagne et ses successeurs, jusqu'à fin de l'indépendance politique de la Bretagne. Ce processus peut concerner aussi la Bretagne entière, sauf que son autre moitié occidentale - soit la Cornouaille, le Vannetais de l'ouest, le Léon et le Trégor - n'en ont que subi le contrecoup, plus tard et plus lentement.

Nous parlons donc ici du territoire correspondant aux anciens évếchés de Dol, Saint-Malo et Saint-Brieuc, en y adjoignant le pays de Redon, soit la moitié est de l'ancien royaume de Domnonée, qui correspond précisément à l'ancien territoire des Coriosolites, l'une des nations composant la confédération armoricaine avant l'arrivée des Bretons.

Autour de l'an 800, les Bretons ont fini leur émigration en Armorique et se sont installés durablement et abondamment entre Saint-Pol et Auray. Mais à l'est de ces pays définitivement bretons, la frontière - non seulement politique mais aussi culturelle - reste mouvante avec le voisin franc, qui va s'employer à ce que la civilisation bretonne ne déborde pas sur cette zone orientale de l'Armorique où les communautés gallo-romaines sont denses et laissent moins de place au fait breton. Cela se traduit par des invasions incessantes de cette "zone mixte", qui pourtant fut une des premières à recevoir l’émigration massive des Bretons de l'ile, et par une adhésion des anciens Armoricains, principalement les Redones et les Namnètes, à la politique franque, via un clergé gagné à la légitimité "romaine" des rois Francs.

Si les rois francs semblaient déterminés de reprendre les limites de l'ancien empire romain, c'est peut-être tout à leur honneur, mais la présence des Bretons sur le continent était tout autant légitime, dans la continuité de la mission qu'ils avaient reçue de Rome pour la sécurité des mers. Cela explique sans doute la ténacité des deux partis, et que la France, voyant ses agressions militaires sans résultat, sembla miser dès lors sur une partition idéologique du pays qui l'affaiblirait considérablement à plus ou moins long terme. Loïc Langouet écrivait dans un livre sur les Coriosolites: « La politique d’intégration menée par l’administration romaine dans les provinces, fut, on le sait, fondée sur la persuasion, sur la déculturation des élites, plutôt que sur la force brute. » Il semble que cette politique fut reprise par les souverains francs, jusqu'à nos temps modernes où c'est eux à leur tour qui voient leur hexagone artificiel voler en morceaux.

Quand les rois Nominoë, Erispoé et Salomon mirent un terme au pillage du Rennais, et fixèrent une frontière au-delà de Fougères et Pontorson, c'était déjà trop tard: la bretonnité n'avait pas pris dans la zone romane et ne prendrait jamais. Elle se retrancherait vers l'intérieur des terres, dans le Porhoët. Tandis que Saint-Malo se francisait rapidement, Ploërmel restait bretonnante bien plus longtemps, peut-être même jusqu'au XVIIe siècle pour les villages les plus irréductibles, comme il semble que cela été à Loyat ou à Calorguen.

Durant ce long laps de temps entre la fin de l'émigration bretonne et la fin du Moyen-Age, où les éléments de compréhension nous manquent trop sans doute, il y a en effet des indices forts d'un abandon de la culture héritée des îles celtiques, qui, s'il fut universel dans les Bretagnes armoricaine, galloise et écossaise, fut particulièrement décisif et "réussi" dans l'Armorique brittophone de l'Est, comme le moteur qui entraîna la perte de la Bretagne, tout comme celle-ci perdit le contact peu à peu avec le Cornwall, le Pays de Galles, l'Irlande... La plus grande catastrophe culturelle semble être alors la perte de la mémoire, par l'intrusion massive d'un clergé gallo-franc, à l'instigation de nos princes au lendemain des apocalyptiques destructions normandes, pour remplacer les communautés et monastères britto-irlandais. Et cela se passe dans cette Bretagne de l'Est abondante en communautés gallo-franco-romaines gagnées à la cause des Francs depuis longue date (depuis Clovis). Fait étonnant: pendant ces 700 ans, les communautés brittophones de l'est ne sembleront pas se mélanger aux communautés romanophones dont les terres jouxtent les leurs: ce dernier phénomène est, à mon avis, très révélateur que la débretonnisation de ce coin de Bretagne ne fut pas naturelle.

Et l'on a continué de nos jours dans ce fatalisme d'une Bretagne double, scindée en deux entités culturelles, scission évoquée malheureusement jusque sur le néodrapeau "breton" et sa partition symbolique en bandes alternativement noires et blanches, comme si la Bretagne ne devait être que double, éternellement bretonnante à l'ouest et gallo à l'est. Pourtant, si la Bretagne avait été en paix avec son voisin, elle eut parlé breton jusqu'au bassin de Rennes, et sans doute que Fougères et Ancenis eussent été des enclaves romanophones, mais de peu de poids face à une bretonnité forte et universelle.

La France, de son côté, après avoir détruit la Bretagne et d'autres nations, peut-elle être en paix avec elle-même? Va-t-elle comprendre ce qui lui arrive aujourd'hui?

Le temps des mille ans s'achève, dit Jean Raspail. Mais elle persiste à se saborder elle-même et de se priver de ce qui aurait pu devenir une précieuse amitié dans le concert des nations. Il lui faut toujours ce "grand rassemblement" hexagonal, duquel elle s’accommode comme d'une vieille nippe. Le prétendant au trône français, Louis XX, est venu marqué son territoire l'année dernière, en terre bretonne, en une petite visite du sanctuaire de Kêranna (Ste-Anne-d'Auray), que lui et ses fransquillons et bretons inféodés ont investi, le temps d'une cérémonie, à l'invitation de l'évêque local, l'évêque du département français où l'on a mis ce sanctuaire. Ce même évêque a béni récemment son diocèse révolutionnaire du Morbihan, le nommant fallacieusement "évêché de Vannes": toujours cette usurpation idéologique par la mystique française...

La Vierge Marie donna un signe fort aux Bretons, à Plounevez-Lokrist, dans le Léon, dans un message à une paysanne à laquelle un prêtre demandait pourquoi elle apparaissait en ce lieu sans parler breton (messages encore non reconnus par l'évêché révolutionnaire du Finistère):

" Lavar da va bugale Breizh eo bras dreist va c'harantez evito, met beac'het pounner va c'halon o welet anezho o koll hag o feiz hag o yezh. Ma na gomzan ket brezhoneg o tiskeñn war ho touaroù eo e karfen e ve displeget va c'homzoù dre ar bed, met dreistholl dre ar Frañs, ar Vro-se hag a garan kement, a garfen da skoazellañ ha da saveteiñ diouzh an darvoudoù a venn he skeiñ. Va bennozh d'an holl Vretoned ! Ra zalc'hint d'ar bedenn, d'o feiz ha d'o yezh, ha ra zeuint holl gant karantez da soublañ d'am goulennoù !"

En voici la traduction: "Dis à mes enfants de Bretagne que mon Amour est grand pour eux, mais mon coeur est lourd de les voir perdre leur foi et leur langue. Si Je ne parle pas le breton en descendant sur vos terres, c'est parce que Je voudrais que mes Paroles soient répandues dans le Monde, mais surtout en France, ce pays que J'aime tant, et que Je voudrais soutenir et sauver de tous les châtiments qui le menacent. Je donne ma bénédiction aux Bretons: puissent-ils garder la prière, leur foi et leur langue, et qu'ils répondent tous avec amour à mes demandes."

Miniog / Ménéac, évêché de Saint-MaloMiniog / Ménéac, évêché de Saint-Malo

Miniog / Ménéac, évêché de Saint-Malo

Quand je parcours mon pays de Dol à Redon, il m'apparaît comme une Bretagne endormie et oubliée, un arbre aux racines profondes mais qui a perdu son ramage.

Quand on parcourt cette "Haute-Bretagne", on a peine à faire un lien entre ses églises et celles de Trégor, Cornouailles, Léon... C'est parce que, je pense, les églises sont dans ces dernières contrées des édifices relativement récents, qui ont succédé à de plus anciennes aux formes différentes et plus communes, avant l'exaltation de l'art religieux breton des XV-XVIe siècles. Mais si on ouvre les yeux et qu'on oublie un peu les églises, on s'aperçoit que la Bretagne orientale a des éléments évidents de bretonnité: les noms de paroisses tout d'abord, ils sont presque tous de la langue brittonique entre Uzel et Plélan, puis vient le bassin de Rennes où l'on passe à autre chose. Pour les villages, un bon tiers sont de la langue celtique, et dans certains coins on atteint plus de 50 pour cents, et pas forcément vers la frontière linguistique occidentale. C'est que par ici, la population est ethniquement plus armoricaine, et du même coup plus romanisée, puis francisée. Le type amérindien aux cheveux de jais s'y trouve encore, qui côtoie les cheveux blonds d'une couche sans doute bretonne s'étant superposée à la population. L'ancien habitat ensuite, y est bien plus resté que plus à l'ouest, et ses manoirs et anciennes fermes ressemblent en tout point à ceux autour de Gourin ou Tréguier. Et si vous aviez parcouru cette Bretagne il y a 150 ans, vous vous y seriez sentis plus naturellement en Basse-Bretagne: les habits, les arts et les coutumes y étaient semblables. Des lits-clos de Cancale aux coiffes rebrassées de Ploërmel, c'était peut-être le même pays, sauf la langue, et encore! si la langue y était romane, Dieu sait si elle devait être belle et chantante, comme je l'ai parfois entendu encore autour de Dinan. Enfin, des croix et calvaires par milliers, bien plus qu'à Saint-Pol et Quimperlé, d'une beauté saisissante autour de Ploërmel, ces croix plates sculptées dans les schistes bleus, vert et pourpre du pays.

Pour revenir à la langue, si on l'a parlé sans doute dans quelques villages isolés de Ploërmel et Dinan jusqu'à l'aube du XVIIIe siècle, cette langue semble pourtant toujours mystérieusement vivante, pas seulement dans sa permanence dans les noms de paroisses et villages, mais aussi dans les formes antiques qu'elle propose, issues des moyen- et haut-breton, soit de la langue brittonique primitive que l'on ne parle plus ni au Pays-de-Galles, ni dans la Basse-Bretagne actuelle. Les formes fossilisées semblent parfois plus vivantes que leurs descendantes...

 

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Breizh

par Andrev

publié dans Breizh , Brezhoneg , Europa , Evit bevañ gant levenez

Breizh

Selon les anciennes généalogies des peuples, que les Chrétiens d'Europe gardèrent en mémoire jusqu'au XIXe siècle, les Européens sont issus des enfants de Japhet, lui-même l'un des trois fils de Noë.

Parlons d'abord un peu des pays celtiques actuels. Parmi les enfants de Japhet, c'est d'abord Toubal qui aurait laissé une descendance sur la péninsule ibérique et les iles d'Irlande et de Bretagne. Puis ce sont les enfants de Yavanne, apparentés aux Grecs, dont le roi Brutus, qui donnèrent son nom à la Bretagne. Les Irlandais se réclament aussi de Magog, autre fils de Japhet, tandis que la Bretagne devint une terre celte par excellence avec les Gomériens, du nom d'un autre fils de Japhet.

Resituons maintenant la Bretagne au sein de l'Europe. Pour résumer, la grande majorité de la population de la Bretagne est celtique, avec un substrat "ivernien" (Toubal) et un autre "magoguien" dont sont issus les premiers princes. En comparaison, les Allemands et les autres pays dits "germaniques" sont aussi fortement celtiques à la base, mais avec un mélange supplémentaire issu d'un autre fils de Noë, ce qui leur donna de se différencier de façon assez brutale. Les Slaves quant à eux, qui constituent une autre grande partie de l'Europe, sont issus de Magog, fils de Japhet, fils de Noë, ainsi que les Magyars (Hongrois), les Estoniens... Quand aux Latins, ce sont aussi des fils de Yavanne, fils de Japhet, des cousins donc d'une partie "minoritaire" des Bretons. Au final, les plus proches cousins des Bretons seraient les Géorgiens, les Arméniens, les Roumains et les Turcs - tous enfants de Gomer, fils de Japhet - ce qui ne veut pas dire qu'ils leurs ressemblent forcément! L'alchimie particulière à chaque peuple est complexe! Elle est aussi composante d'un tissu incompable où chaque peuple ne peut se prétendre indissociable d'un autre, de par des origines communes et des cousinages précoces, mais peut prétendre aussi à son caractère unique qu'on ne peut assimiler à un autre peuple.

Dans l'historique et la composition de la Bretagne, il semble y avoir une spécificité organique: un substrat - une élite - un peuple. Le substrat s'apparenterait à d'autres peuples d'autres continents; l'élite succède au substrat, elle lui indirectement apparentée, elle est minoritaire et précède le peuple en le cimentant; le peuple est indirectement apparenté à l'élite et forme la majorité.

Voici un extrait de la "Table of Nations" de Tim Osterholm, où sont décrites les origines de la Bretagne et ses populations.

"The name Briton originated from Brutus (a descendant of Elishah), the first king on Britain's mainland, arriving about 1100 B.C. Two sons of Brutus, Kamber and Albanactus, are referenced in English prehistory. From Kamber came Cambaria and the Cambrians (who integrated with the Gomerites [mostly Celts] and became the present-day Welsh). The descendants of Albanactus were known as the Albans (or the Albanach whom the Irish commonly called them). Geographers would later call the land Albion. The Britons (also Brythons), Cambrians and Albans populated the British Isles, which later endured multiple invasions, beginning with successive waves of Celts about 700 B.C. The Celts (or Gaels) called the land Prydain, their name for Briton. Those Celts (descendants of Gomer) integrated with the descendants of Elishah and Tarshish (sons of Javan), creating what some scholars called "a Celticized aboriginal population" in the British Isles. Some of the invading people groups were Scythians, descended from Magog, who became known as the Skoths or Scots. The name for the Celts or Cymru was "Weahlas," from Anglo-Saxon origins, meaning "land of foreigners"—Wales. The Welsh still call themselves Cymru, pronounced "Coomry." Later the Romans referred to the land as Britannia, invading there about 50 years before the birth of Christ. By the third century A.D., Jutes, Franks, Picts, Moors, Angles, Saxons and other groups were invading from surrounding Europe. In the sixth century A.D., Saxons called the land Kemr (Cymru), and the language Brithenig (Breton). The Angles eventually conquered Britannia, renaming the territory Angleland, which became England. Vikings invaded in the 9th century, and the Normans (or Northmen—former Danish Vikings) conquered England in 1066. Today, the British isles are settled by the ancestors of those people groups, which included Gomer and Javan (first inhabitants), plus Magog (later invasions by various people groups)."

Les Celtes, enfants d'Ashkenaz, fils de Gomer, fils de Japhet, fils de Noë, se partagèrent les territoires de l'Allemagne, la Scandinavie, la Gaule et les iles d'Irlande et Bretagne. Mais leur terre d'origine serait au sud de la Russie, entre la Mer Noire et la Mer Caspienne, à proximité de l'Arménie et du cours supérieur de l'Euphrate.

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Charles de Gaulle et l'Irlande

par Andrev

publié dans Breizh , Bretagne , Brezhoneg , Ireland , Iwerzhon

 

 

« Dans l'intérêt de sa véritable indépendance, mieux vaudrait pour l'Irlande parler le gaélique sous le joug saxon que de subir la langue anglaise avec une liberté politique complète. »

Charles de Gaulle - 1864

 

 

« A great poet adds to the wealth of a fine idiom, but who shall say how much that idiom suggests to genius ? » Julia Kavanagh : Conquered langages. Modern provençal (Hibernian Magazine – oct 1860)

 

« Un grand poète ajoute à la richesse d'une langue, mais qui pourrait dire jusqu'à quel point la langue peut inspirer le poète ? » Qui pourrait dire combien d’œuvres originales, capables d'enrichir le trésor commun de l'humanité, ont été étouffées sous l'agonie des langues destinées à leur servir d'expression ?

« La langue d'un peuple est le produit spontané de son esprit. Elle varie dans la même mesure que le peuple varia lui-même ; elle est, à chaque point du temps, la résultante mobile de ses facultés natives, de ses vicissitudes passées, de ses dispositions présentes. Une langue résume un peuple tout entier, elle est ce qui lui appartient le plus en propre. C'est un moule qui reçoit l'empreinte du caractère distinctif d'une nation, et qui, à son tour, imprime peu à peu ce caractère aux esprits qui y enferment habituellement leurs pensées. Aussi est-ce un spectacle singulier et triste que de voir les Irlandais accuser et maudire l'Angleterre presque toujours dans la langue de l'Angleterre même. C'est à un instrument créé par le génie saxon qu'ils essayent de faire dire les louanges du génie celtique. Qu'ils y prennent garde ! On ne saurait ainsi se mettre impunément en communion de tous les instants avec ce qu'il y a de plus vivant dans l'âme d'une race étrangère. On ne coule pas impunément ses pensées dans un moule pris sur une pensée ennemie.

« Tant qu'un peuple vaincu parle une autre langue que son vainqueur, la meilleure part de lui-même est libre encore. Sa vie nationale garde un inexpugnable asile et l'esprit étranger reste sans action sur lui. Son corps peut être enchaîné, mais son intelligence et son âme échappent à la servitude. Si, au contraire, il a adopté la langue de l'envahisseur, il est conquis moralement et peu importe que la conquête matérielle suive ou non l'autre de près. Je ne craindrai pas de le dire : dans l'intérêt de sa véritable indépendance, mieux vaudrait pour l'Irlande parler le gaélique sous le joug saxon que de subir la langue anglaise avec une liberté politique complète. »

Charles de Gaulle (1837-1880)

Revue de Bretagne & de Vendée – Les Celtes aux XIXe siècle – Appel aux Représentants actuels de la race celtique – Charles de Gaulle – Nantes 1864

Charles de Gaulle et l'Irlande

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Yezh ha istor

par G.G.M.

publié dans Brezhoneg

Pour rentrer dans la Vie, il faut d'abord s'aimer soi-même, aimer sa famille et son pays. Aimer son pays, c'est déjà s'aimer soi-même, et vice versa. Aimer son pays, c'est aussi aimer sa langue. Et pour aimer sa langue, il faut la connaître. Pour la connaître, il faut étudier son histoire, quitte à reprendre des éléments de son passé et les réactualiser dans sa vie, quand, dans le présent, manquent ces éléments. Et si on n'aime pas sa langue, il faut se libérer de cette malédiction. Car aimer sa langue, c'est s'aimer soi-même.

Evit mont tre e-barzh ar Vuhez, dav eo en em garout eñ e-unan, ha karout e goskor hag e vro. Hag en em garout eñ e-unan endeo ez eo karout e vro, ha an eil a dalv evit egile. Ha karout e vro ez eo karout e yezh ivez. Hag evit karout e yezh, dav eo hec'h anavezout. Evit hec'h anavezout, dav eo anavezout he istor, ha kemer endro zoken elfennoù anezhi evit o buheziñ er vuhez a-vremañ, ma c'hoarvezh e vankont evit bevañ bremañ. Ha ma ne garer ket e yezh, dav eo en em zieubiñ diouzh ar mallozh-se. Rak en em garout eñ e-unan ez eo karout e yezh.

Langue

et histoire

+ Le breton est issu des langues dites "indo-européennes"

Comme les Germains, les Latins, les Grecs, les Slaves, les Perses et les habitants du Nord de l’Inde, les Celtes parlaient une langue dérivée d’une langue commune plus ancienne appelée « indo-européen » du fait de son extension géographique. Le sanscrit en représente sans doute actuellement l’image la plus proche.

+ Le breton est une langue celtique

Une population indo-européenne, vraisemblablement établie dans le territoire situé entre le Rhin, le Danube et le Main, s’est distinguée il y a quelque 3000 ans par son activité économique et par son art. Ce peuple a été nommé Keltae par les Grecs et Galli par les Romains. Il a occupé ensuite tout le nord de l’Europe, et s’est mêlé aux populations locales. C’est de ce mélange que sont issus les peuples que nous désignons aujourd’hui sous le nom de peuples celtiques. Ils ont apporté leur civilisation et leur langue, que nous désignons « vieux celtique », à une grande partie de l’Europe, depuis l’Irlande jusqu’à l’extrémité de la péninsule ibérique et à la Mer Noire (Galates).

Ce monde celtique va se résorber sous la pression des Germains au nord et des Latins au sud. La langue celtique continentale ne va cesser de reculer pour finir par s’éteindre dans les vallées de l’Helvétie aux environs de l’an 1000 de notre ère. Cependant, elle reste bien vivante dans les Îles Britanniques, où vivent deux peuples celtes, les Brittons et les Gaëls, parlant des dialectes celtiques différents. Du gaélique seront issus l’irlandais, le gaélique d’Ecosse et le mannois. Le brittonique donnera le breton, le cornique et le gallois.

Du Vème au VIIème siècle, des Brittons de l’île de Bretagne, sous le mandat de Rome pour contenir les invasions barbares, ou plus tard eux-même repoussés par les envahisseurs anglo-saxons, émigrent en masse vers la péninsule armoricaine. Les premiers souverains en sont Conan-Meriadec, Riwall, Gradlon, Samson…

+ On distingue généralement dans l’Histoire de la Langue Bretonne trois grandes étapes :

- Le breton des rois

Avant l’an 1000, c’est l’époque du Vieux Breton, le breton de Nominoe, tel qu’il s’est constitué peu à peu après l’établissement des Bretons émigrés et leur fusion avec les Celtes armoricains dans la péninsule.

Au IXème siècle, la dynastie de Nominoë marque l’apogée de la nation bretonne et l’extrême avancée de sa langue. Le breton progresse à l’est, entreprend la conquête des pays de Rennes et de Nantes. Vers 1050, il se trouve dans sa phase d’expansion maximale, on le parle jusque dans la baie du Mont-Saint-Michel et dans la région de Saint-Nazaire.

Il est encore tout proche du Breton des Iles, surtout du Cornique mais aussi du Gallois : langue presque purement celtique si l’on fait abstraction de quelques emprunts latins anciens, parfaitement assimilés, vestiges de l’occupation romaine en Grande-Bretagne. Elle exprime la réalité de l’État Breton, Royaume indépendant et purement celtique, même s’il renferme encore dans ses frontières des régions où les populations déceltisées parlent encore des dialectes romans issus du latin en décomposition. Le breton est la langue de la majorité de la population et des classes dirigeantes, langue de culture et langue juridique comme le Gallois de Hywell Dda, langue des forces vives de la nation.

La toponymie et les patronymes voient le jour.

- Le breton des ducs

C’est le Moyen Breton, de l’an 1000 au XVIIème siècle. Il est né après la grande invasion normande qui a retourné et labouré le pays.

Les invasions normandes mettent à mal l’unité bretonne. La langue bretonne est abandonnée comme langue officielle par le duché de Bretagne dès le Haut Moyen-Âge, au profit du français. Le breton recule peu à peu vers l’ouest.

Les classes dirigeantes, nobles et moines, qui ont dû fuir le pays reviennent après trente ans d’exil, sérieusement francisées.

La Bretagne reste certes un état souverain, distinct de la France et de l’Angleterre mais sa langue officielle, celle de la Cour et de l’Administration, puis peu à peu de l’ensemble de la bourgeoisie, devient le français.

Cependant, le breton se maintient parallèlement, toujours parlé par le peuple, la noblesse rurale et les petites villes et reste une langue littéraire, mais il va amorcer une évolution assez analogue à celle de l’anglais au cours de la même période.

Quoique sa syntaxe reste très celtique, il va subir fortement l’influence du français, surtout dans son vocabulaire et aussi dans son orthographe.

Si le breton était devenu la langue officielle du Duché à cette époque, il est probable qu’il aurait conservé cette forme hybride de langue celto-romane comme l’anglais est devenu une langue germano-romane est non plus purement germanique. Cette forme de breton correspond à la période ducale mais s’est perpétuée également après la perte de l’Indépendance et la disparition de notre État dont une partie des structures se maintiennent cependant pendant le période d’autonomie qui ne s’achèvera qu’avec la Révolution Française, alors que les classes dirigeantes continuent à abandonner leur langue pour passer au français. Il faut bien faire remarquer que le Moyen Breton est une langue littéraire et une langue unifiée, pas une langue populaire. Les dialectes existent, bien sûr, mais n’ont pas d’expression écrite.

- Le breton moderne

C’est au milieu du XVIIème siècle, exactement en 1659, qu’une révolution se produit avec l’adoption par le Père Maunoir d’une nouvelle orthographe plus proche de la langue parlée et qui marque pour la première fois les mutations consonantiques, rompant également avec la tradition littéraire ancienne, notamment avec le système prosodique celtique d’allitérations et de rimes internes analogue aux systèmes employés au Pays de Galles (et aussi en Irlande) et dont les racines plongeaient dans le plus lointain passé avant la division de l’ancien Britonnique en langues distinctes. Le breton va devenir alors une langue purement populaire.

La conséquence de l’adoption de ce système va être la rupture de l’unité de la langue, chacun ayant tendance désormais à écrire de la façon dont on parle dans sa région. C’est ainsi qu’on aboutit à une littérature dialectale d’expression léonarde, trégorroise, cornouaillaise et surtout vannetaise.

Cependant, ce retour aux sources vives de la langue parlée, restée souvent beaucoup plus celtique dans sa structure et aussi dans son vocabulaire que le Moyen Breton écrit, est aussi un bain de jouvence…

source :

http://www.skolober.com/istorG.htm

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+ Ar brezhoneg a zo ur yezh "indo-europeanek"

Kelted an amzerioù kozh a implije ur yezh merc'h d'ur yezh all anvet indezeuropek, tost-tre ouzh yezhoù ar C'hermaned, al Latined, ar C'hresianed, ar Slaved, ar Bersianed hag annezidi Norzh Bro Indez. Ar Sanskrit a zo ar yezh bev tostañ ouzh an indo-europeanek.

+ Ar brezhoneg a zo ur yezh keltiek

3000 vloaz zo e krogas ur bobl indezeuropek, staliet etre ar Renos, an Donao hag ar Main, da greskiñ ha da vezañ anavezet a-drugarez d'hec'h arz ha d'he c'hoñvers. Keltae eo bet anvet gant ar C'hesianed ha Galli gant al Latined. Da c'houde e reas hec'h annez war norzh Europa a-bezh hag en em veskas gant ar pobloù henvroat. Ar pobloù keltiek a-hiziv a zeu eus ar mesk-se. Treuzkaset o deus o sevenadur hag o yezh, anvet « keltieg kozh » ganeomp, d'ul lodenn vras eus pobloù Europa, adalek Bro-Iwerzhon betek penn Bro-Spagn ha betek ar Mor Du.

Gant pouez ar C’hermaned en norzh hag hini al Latined er su e souzas tamm-ha-tamm ar bobl geltiek. War ar c’hevandir e yeas ar yezh keltiek war-gil hag e varvas e Bro-Helvetia er bloavezh 1000 war-dro. Koulskoude e chomas bev da vat e Breizh-Veur, e-lec’h ma veve div bobl keltiek, a gomze yezhoù keltiek disheñvel, ar predeneg hag ar gouezeleg. Diwar ar gouezeleg e teu an iwerzhoneg, gouezeleg Bro-Skos hag ar manaeg ; diwar ar predeneg e teu ar brezhoneg, ar c'herneveureg hag ar c’hembraeg.

Etre ar Vvet hag ar VIIvet kantved, e teuas Bretoned d’en em staliañ en Aremorika, e ”Breizh-Vihan”, da gentañ evel merourion ar Pax Romana, ha diwezhatoc’h bourchaset gant ar Saozon. An tierned anezho a voe Konan-Meriadeg, Riwal, Gradlon, Samzun…

+ Teir lodenn disheñvel a zo e-barzh istor ar brezhoneg :

- Brezhoneg ar Rouaned

A-raok ar bloavezh 1000 e veze komzet henvrezhoneg, brezhoneg Nominoe, ur mesk etre ar yezh komzet gant Bretoned Enez-Veur hag hini Kelted an Arvorig.

D’ar mare-mañ eo, war-dro ar bloaz 1050, e vez komzet brezhoneg ar pellañ war-zu ar reter, betek Bro Roazhon ha Bro Naoned, betek bae Menez-Mikael-ar-Mor ha Bro Sant Nazer.

Heñvel-tre eo c’hoazh ouzh ar brezhoneg implijet war an inizi, dreist-holl ouzh ar c’herneveureg met ivez ouzh ar c’hembraeg : yezh keltiek en he fezh, gant nebeut-tre a gerioù a orin latin, deuet war-lerc’h aloubidigezh ar Romaned e Breizh-Veur. A-drugarez d’ar yezh e vez gwelet ez eus ur Vro Vreizh evit mat, ur rouantelezh dizalc’h ha keltiek penn-da-benn, memes ma vez gwelet el lec’hioù zo pobloù oc’h implijout yezhoù romanek o tont eus al latin a ya da get. Ar brezhoneg a vez implijet gant al lodenn vrasañ eus an annezidi ha gant tud ar renkoù uhel. Yezh ar sevenadur ha yezh ar gwir eo.

An anvioù-lec’h hag an anvioù-tud a zeu war-wel d’ar c’houlz-se.

- Brezhoneg an Duged

Ar c’hrennvrezhoneg a zo bet implijet adalek ar bloaz 1000 betek ar XVIIvet kantved, deuet goude aloubidigezh an Normanded o deus damzistrujet ar vro.

Abalamour dezho eo bet distrujet ivez unaniezh Breizh. Dilezet eo bet ar brezhoneg evit ar galleg gant duged Vreizh adalek mare ar Grennamzer-Uhel. Tamm-ha-tamm e ya ar brezhoneg war-gil war-zu ar c’hornôg.

Tud an noblañs hag ar venec’h, goude bezañ kuitaet ar vro, a zeu en-dro goude tregont vloaz, gallekaet e-leizh.

Breizh a chom distag eus Bro-C’hall hag eus Bro-Saoz, met he yezh ofisiel, hini al lez hag ar melestradur, ha goude hini ar vourc’hizelezh, a zeu da vezañ ar galleg.

Implijet e vez atav gant ar bobl koulskoude, hag gant an noblañsed war ar maez hag er c’hêrioù bihan. Ur yezh lennegel eo hag he deus bevet an hevelep emdroadur hag ar saozneg d’ar c’houlz-se.hag a vez o en em emdreiñ war an hevelep tu hag ar saozneg d’ar c’houlz-se .

He yezhadur a chom keltiek-tre, met he geriaoueg hag he doare da skrivañ a zo levezonet kalz gant ar galleg.

Ma vije bet ar brezhoneg yezh ofisiel an dugelezh d’ar mare-se, en dije sur a-walc’h miret e stumm kelted-romaned, en hevelep doare eo deuet ar saozneg ur yezh c’hermaned-romaned ha ket ur yezh c’hermaned penn-da-benn. Ar brezhoneg-mañ a zo bet implijet c’hoazh goude fin an dizalc’h ha fin Stad Vreizh hag e chomas en e stad betek diwezh mare an emren a voe echu gant an Dispac’h Vras. Tud ar renkoù renour a zilez tamm-ha-tamm ar brezhoneg evit komz galleg. Ret eo gouzout eo ar c’hrennvrezhoneg ur yezh lennegel hag unvaniet, n’eo ket ur yezh poblek. Bez ez eus rannyezhoù, evel-just, met n’o deus stumm skrivet ebet.

- Ar brezhoneg a-vremañ

E-kreiz ar XVIIvet kantved, e 1659, ez eus ur c’hemm bras evit ar brezhoneg gant krouidigezh, gant an Tad Maner, d’ur reizhskrivadur tost ouzh doare ar yezh komzet. Ar c'hemmadurioù a vez skrivet evit ar wech kentañ, hag echu eo gant an doare kozh da skrivañ, a verke ar c’hlotennoù-kensonenn hag ar rimoù diabarzh, un doare tost ouzh an doare skrivañ implijet e Bro Gembre (hag e Bro Iwerzhon), a zeue eus an amzerioù kozh, araok ma vefe rannet ar predeneg e meur a yezh disheñvel. D'ar c'houlz-se eo ar brezhoneg ur yezh poblel.

Disoc’h ar cheñchamant-mañ a zo dizunvaniezh ar brezhoneg, pep hini o skrivañ en doare e vez komzet en e vro. Lennegezh Vreizh a zo ul lennegezh rannyezhel neuze, hini Bro Leon, hini Bro Dreger, hini Bro Gernev hag hini Bro Wened dreist-holl.

Distreiñ d’an orinoù a skoazell kalz koulskoude evit yaouankaat ar brezhoneg, peogwir eo chomet ar rannyezhioù tostoc’h ouzh ar c’heltieg, evit pezh a sell ouzh ar yezhadur met ivez ouzh ar geriaoueg…

diwar :

http://www.skolober.com/istorB.htm

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