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Articles avec gwiskamant

Kant vloaz

par G.G.M.

publié dans Couronnement de sainte Anne , Gwiskamant , L'habit , Santez Anna

Kant vloaz
An Ao. Eskob Dupark a zeuas da gurunenniñ delwenn santez Anna e Kêranna-Palud, e 1913, gant kalz a dud deut da bediñ gantañ. Kement-mañ a lavaras -

Monseigneur Duparc vint en 1913 couronner la statue de sainte Anne, à Ste-Anne-la-Palud, dans le Porzay, l'un des pays traditionnels de la Cornouaille armoricaine. Au milieu d'une foule venue prier avec lui, il dit ceci:

« .... Comment nous étonner, après ce tableau, si insuffisant qu’il soit, de l’action de Sainte Anne sur son peuple, que ses enfants se soient levés pour chanter, une fois de plus, sa gloire : surrexerunt filii ejus, et beatissimam prœdicaverunt. Ses enfants, c’est Jésus qui lui doit sa mère : et, strictement, c’est lui seul qui la couronne.

C’est Marie, qui lui doit la vie, et qui, couronnée avant elle, tient à partager avec elle la puissance, l’honneur, la bonté.

Mais ses enfants, ce sont aussi, sans exception, tous nos Saints de Bretagne, qui ont bénéficié de ses grâces et participé à son oeuvre au milieu de nous.

Ce sont toutes les générations de fidèles, qui, aujourd’hui, dans le ciel, ont passé à une heure quelconque des siècles écoulés, sous sa main bénissante, pécheurs convertis, parents ou enfants consolés ou guéris, soldats combattant sans blessures, marins sauvés du naufrage, chrétiens de toutes les classes sociales, toute la race, depuis les origines, se rendant mieux compte du bienfait reçu, et saluant la douce patronne du plus aimé des pays, pour lui dire : Tu portes déjà des couronnes : tu en as reçu une, la première, dans ton fief de Keranna, près d'Auray : une autre dans la ville d'Apt, d’où nous viennent les reliques : une autre à Sainte-Anne de Beaupré, au bord du grand fleuve Canadien : sois également couronnée à la Palud : les couronnes les plus humbles ne sont pas les moins éloquentes...

Et à ces voix d’en haut, nous avons joint la nôtre, nous, membres de l’église militante, peuple et clergé, ceux qui souffrent, ceux qui luttent, pères et mères de famille rouvrant enfin leurs écoles catholiques, hommes de coeur dévoués à la défense de l'Eglise, ouvriers et chefs d’industrie, séminaristes sauvegardés à la caserne, prêtres secourus dans l’exercice du saint ministère, donnant à notre voix le ton de la détresse autant que du courage et de l’espoir prochain, nous sommes allés vers la plus divine autorité de ce monde ; nous lui avons raconté ce qui se passe à la Palud de Cornouaille, et comment la mère garde et conduit ses fils, et comment ses fils aiment leur mère. Et l'Auguste Pontife, sur qui nous appelons, en ce moment, la protection de Celle qu’il a reconnu Patronne de la Bretagne, nous a dit : " Mettez-lui la couronne, couronne de la Femme Forte, Forte comme Souveraine, Forte comme Patronne, Forte comme Mère ". Voilà pourquoi ses fils l’ont proclamée Bienheureuse et l’ont couronnée. Surrexerunt filii ejus et beatissimam prœdicaverunt.

Bienheureuse, certes.

Beaucoup de femmes ont été élevées en dignité, élevées aussi en sainteté. Elles ont reçu de grandes grâces. Si elles y ont coopéré, elles ont pu amasser d’immenses richesses spirituelles. Tu les as toutes surpassées, je dis toutes, excepté ta Fille, qui est bénie entre toutes les femmes ; mais le seul fait d’avoir eu une pareille Fille, te met toi-même au-dessus de toutes les autres, puisque, par Elle, tu as contribué à préparer l'Incarnation. Multœ filiœ congregaverunt divitias : tu supergressa es universas.

Ta grandeur surnaturelle n’a pas empêche ton coeur d’être humble et d’avoir la crainte du Seigneur. Grande leçon aux femmes de tous les siècles. Parce qu’elles ne craignent pas assez leur Dieu, elles sont trop facilement vaines. Sous prétexte de grâce et de beauté, délaissant le costume de leur pays, comme elles en abandonnent parfois la langue, elles adoptent, même dans certaines campagnes, des modes que la pudeur condamne, et qui sont un danger pour les âmes partout où elles s’étalent. Fallax gratia, et vana est pulchritudo : mulier timens Deum ipsa laudabitur.

Vous qui vous faites gloire de la vénérer et de l’aimer, pèlerins dont elle sera seule à connaître le nombre pour nous incalculable, vous, Bretons et Bretonnes de Vannes, de Tréguier, du Léon et de notre Cornouaille, elle ne vous a pas ménagé sa vigilance, ses leçons, ses exemples et ses grâces. De ses mains énergiques et aimantes, elle a, depuis quinze ou seize siècles, travaillé à faire notre âme, et par notre âme notre sang. Couronnée par notre reconnaissance, elle continuera, au milieu de nous, son oeuvre bienfaisante pour nous, et glorieuse pour elle. Ne rendons pas ses divins efforts inutiles. Donnons-lui le fruit du travail de ses mains. Pratiquons les vertus qu’elle nous a inculquées. Maintenons pour l'honneur de l'Eglise la réputation chrétienne de notre Province, pour que l’action de sainte Anne sur ses Bretons lui vaille, avec l’affection plus ardente de nos coeurs, l'hommage public des foules assemblées pour prendre part à son triomphe : Date ei de fructu manuum suarum : et laudent eam in portis opera ejus ».

A-benn an 31 a viz Eost e vo lidet kant deiz-ha-bloaz an darvoud-se ?

Les 100 ans de cet événement seront-ils célébrés?

Kant vloaz

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