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Heimatliebe

par Andrev

Heimatliebe

Heimatliebe

Verstorbener Erzbischof von Köln, Josef Kardinal Höffner; Auszug aus einer Grußbotschaft an katholische Studentenvereinigungen (2. November 1983):
"Der Christ hat kein gebrochenes Verhältnis zu seinem Volk und Vaterland [...] Bei uns ist seit der Katastrophe des 2. Weltkriegs und seit dem Zusammenbruch des Nationalsozialismus die Liebe zum Vaterland in Verruf geraten.
Der Patriotismus wurde schändlich missbraucht. Deshalb ist es fast verpönt, überhaupt noch v
om Vaterland zu sprechen. An die Stelle der Vaterlandsliebe trat die Vaterlands-Schelte.
Mir scheint, dass die Zeit gekommen ist, sich auch bei uns wieder auf die christliche Botschaft zum Verhältnis des Menschen zum Volk, zum Vaterland und zum Staat zu besinnen. Nach christlichem Verständnis gründet die Liebe zum Vaterland in der ehrfürchtigen Zuneigung jenen gegenüber, denen wir unseren Ursprung verdanken:
Gott, unseren Eltern und dem Land unserer Väter, wo unsere Wiege stand. Der christliche Patriotismus ist kein bloßes Gefühl, erst recht kein überzogener Nationalismus, sondern eine lebendige Anteilnahme am Wohl und Wehe unseres Volkes. Vaterlandsliebe ist mehr als Treue und Gehorsam; sie hat etwas mit Gott zu tun und sie wird sich als eine sittliche Verpflichtung vor allem in Zeiten der Not
bewähren."

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Karantez vro

Arc'heskob Köln Jozef Kardinal Höffner (aet d'an anaon) ; arroud eus ur brezegenn gevarc'hiñ da Unvaniezh ar Studierien Gatolik (d'an 2 a viz Here 1983) :
« N'eus ket a droc'h e darempred ar C'hrist gant hor pobl hag hor bro (…) Ar garantez vro he deus kollet he vrud en hon touez, abaoe drouziwezh an eil brezel ha diskar ar vroadsokialouriezh.
Drougimplijet e voe ar vrogarantez. Evit-se e vez nac'het, koulz lavarout, diskouezh e garantez evit ar vro. Warlerc'h ar garantez vro eo deut ar vezh.
Deut eo ar c'houlz, a gav din, d'en em soñjal en hor bro adarre, diwar-benn al liamm, hervez an deskadurezh kristen, a zo etre an den hag ar bobl, kenkoulz hag ar vammvro hag ar stad. Diouzh ar meizañ kristen, ar garantez vro a gav he mamenn en he doug doujus d'ar re ez omp hon orin enno :
An Aotroù Doue, hon tud ha bro hon tadoù, lec'h ma c'hanjomp. Ar garantez vro gristen n'eo ket ur meno ha mat pell zo, n'eo ket kenebeut all ur vrogarouriezh amstrew, hogen kemer perzh ouzh mad ha poanioù hor pobl. Muioc'h eget fealded ha sentusted eo ar garantez vro ; ur c'heñver da Doue eo hag en em ziskouezho evel un dever buhezel dreist holl en amze
rioù a ziouer. »

Rhön
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Rhön

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Valaam

par Andrev

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Sant Garmon

par Andrev

Sant Garmon, iliz Plogastell-St-Jermen

Sant Garmon, iliz Plogastell-St-Jermen

Saint Germain d'Auxerre

Ne pas confondre avec saint Germain d'Autun, évêque de Paris

Il apporta une aide précieuse à la foi des Bretons îliens, menacée par l’hérésie pélagienne, et intervint courageusement auprès de l’empereur romain Valentinien III, à Ravenne, en faveur des Bretons d'Armorique qui ne purent contenir une révolte populaire contre l'Empire. Prédications quotidiennes au sein de l’armée Bretonne et de nombreux baptêmes de soldats.

Premier voyage de Saint Germain en Bretagne

Des nouvelles alarmantes parviennent aux évêques des Gaules en provenance de de l'ile de Bretagne : l’erreur pélagienne avait gagné les populations de ces contrées. Un concile fut réuni, qui décida d’envoyer ensemble Saint Germain d’Auxerre et Saint Loup de Troyes pour combattre cette hérésie et rétablir la foi orthodoxe.
Ils prirent la mer en 429. « Peu après accourt sur la mer, à leur rencontre, la foule des démons... » afin d’empêcher les deux saints d’arriver. L’épaisseur des ténèbres, la fureur du vent et le mugissement des vagues sont terribles. Saint Germain, réveillé par ses compagnons, invoque le Christ et invective l’océan, prend de l’huile bénite pour une aspersion au nom de la Sainte Trinité. La prière dite d’une seule voix par tous appelle la présence divine qui apaise bientôt les flots.
A leur arrivée une foule les attend. Prédication et miracles remplissent l’Ile de Bretagne. Leur réputation les précède. Ils convainquent. Une controverse publique est organisée avec les pélagiens, suivie avec passion par une foule innombrable où se comptent « même des femmes et des enfants »... Christ contre Pélage ! Les évêques opposent un langage vigoureux et inspiré aux «paroles creuses» des pélagiens. La foule manque d’en venir aux mains. La guérison d’une fillette aveugle finit par convaincre.
Pendant ce même séjour en Bretagne, Saint Germain se casse le pied et est contraint de s’allonger. Eclate un incendie dans le quartier où il est immobilisé, qu’on n’arrive pas à éteindre. Saint Germain renvoie les gens venus l’évacuer de la maison menacée. Et l’incendie épargne la maison, consumant toutes les autres autour.
Ces événements se mêlent aux invasions barbares de la même période : alors que Saint Germain et Saint Loup se trouvent en Bretagne, les Saxons et les Pictes commencent une guerre contre les Bretons qui implorent l’aide des deux évêques. Ce sont alors des prédications quotidiennes au sein de l’armée Bretonne et de nombreux baptêmes de soldats.
Pour la liturgie Pascale on « installe une église faite de branchages entrelacés ». L’ennemi informé de cette activité peu habituelle pour une armée en guerre, croit à l’aubaine et veut en profiter pour attaquer. Saint Germain s’improvise alors chef de guerre et organise la défense : placée à un endroit stratégique, toute l’armée va hurler un « Alléluia » trois fois répété, répercuté par l’écho des montagnes. L’ennemi saisi de panique est mis en déroute sans effusion de sang, par la seule force de la Foi.
A son retour de Bretagne, la cité gauloise d’Auxerre attend Saint Germain avec impatience. Un impôt extraordinaire accable ses habitants. Aussitôt rentré, il repart plaider la cause des Auxerrois auprès du préfet des Gaules, à Arles.
Il voyage à cheval, avec une escorte modeste. Une nuit il se fait voler son cheval. Le lendemain le voleur penaud ramène le cheval car, dit-il, pendant toute la nuit il s’était senti comme pris dans un filet. Il reçoit non seulement le pardon, mais on lui fait encore don de ce dont il a besoin, ainsi que d’une bénédiction.
Partout où il passe, la foule vient à la rencontre de Saint Germain, pour lui rendre hommage, demander sa bénédiction, le toucher, l’écouter, le regarder. Il guérit, il enseigne. A Alésia où il passe la nuit chez un prêtre ami, la femme de celui-ci glisse de la paille dans le lit de Saint Germain à son insu, qu’elle conserve ensuite pieusement.
Quelques jours plus tard un homme devient possédé d’un démon. Tous déplorent l’absence de Saint Germain qui avait continué sa route. La femme du prêtre se souvient alors de la puissance de la foi. On entoure le possédé avec la paille sur laquelle Saint Germain a dormi et le malade guérit définitivement.
Le préfet des Gaules accueille Saint Germain avec tous les honneurs, venant loin au-deva
nt de lui. Saint Germain guérit la femme du préfet. Son voyage est couronné de succès : il obtient un allégement des impôts pour Auxerre et partout où il passe, il apporte la joie.

Deuxième voyage de Saint Germain en Bretagne

Une quinzaine d’années après son premier voyage, l’erreur pélagienne se propage de nouveau en sur l’île de Bretagne. On demande à Saint Germain d’y retourner, accompagné cette fois par Saint Sévère (probablement évêque de Vence, en Provence). Elafus, personnage important de Bretagne, vient avec son fils infirme à la rencontre des saints hommes. Saint Germain, là encore, guérit la jambe malade de l’adolescent. L’hérésie, elle, n’est le fait que d’un petit nombre et les fautifs sont exilés sur le continent.

La Bretagne, depuis, gardera le vif et fidèle souvenir du saint qui se perpétuera de l'autre côté de la mer, où les Bretons s'installent de plus en plus nombreux, soit à l'extrémité occidentale du continent eurasien, là où la pointe armorique des Gaules plonge sa tête chevaline dans l'océan atlantique. Encore aujourd'hui, l'on peut voir de nombreux sanctuaires qui portent son nom ou du moins contiennent une sainte image de lui. Les Bretons l'appellent "Sant Garmon".

Iliz Pleiben, Kernev, Breizh-Vihan

Iliz Pleiben, Kernev, Breizh-Vihan

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Les silences qui tuent

par Andrev

Les silences qui tuent

Catherine de Hueck Doherty, d'origine russe, voulut réintroduire en Occident la tradition de la contemplation, de l'ermitage, du face à face avec Dieu, de la retraite... qu'elle appelle "Poustinia", du nom de ces cabanes en bois, à l'écart des villes et villages, dans les solitudes de Russie où de pieux ermites se retiraient.

Cette tradition n'est pas optionnelle, mais elle sert de base à toute vie chrétienne. Elle fut le fondement d'une vie authentique avec Dieu, dans les premiers siècles des Eglises Orientales, Celtiques ou Slaves, dans le renouveau cistercien, dans les débuts de l'ordre jésuite, dans le renouveau breton du XVIIe siècle, etc.

Dans cet extrait de son livre "Poustinia, ou le désert au coeur des villes", Catherine évoque l'une des nombreuses expériences qui furent les siennes et celles d'autres au cours de ces retraites en poustinia.

"Je veux vous expliquer, quoique vous le sachiez peut-être déjà, qu'il n'y a pas deux poustinias semblables. Certaines sont pleines de joie, de lumière et de paix; d'autres au contraire ne sont que lourdeur, incapacité de réfléchir (...) Ma dernière poustinia a encore été différente. (Il me vint) un mot pesant, qui est tombé sur mon coeur comme un morceau de plomb. Ce mot était: "silence".

Mais il ne s'agissait pas du silence au sujet duquel j'ai souvent écrit - le silence de l'amour, le silence des amants ensemble, le silence du coeur de l'homme qui parle à Dieu, pour ainsi dire, par ses silences (...)

Le visage de ce silence s'est révélé d'abord et avant tout comme une fuite. Vous savez, quand on essaie d'échapper à quelque chose qui vous paraît dangereux, quand on marche très silencieusement (...) Quelle était donc cette fuite dans laquelle tant d'entre nous étaient engagés si discrètement, silencieusement? Il m'est apparu clairement que c'était une dérobade devant la rencontre de l'autre. Nous ne voulons pas encore briser ce silence. Nous ne voulons pas encore ouvrir les portes ou tirer les rideaux que nous gardons constamment fermés entre nous.

Le silence de dérobade auquel j'étais affrontée dans ma poustinia était un silence dans lequel une porte après l'autre se fermait discrètement derrière nous. La porte était bien huilée à l'avance, de sorte qu'il n'y avait pas de bruit. Sans bruit, nous fermions ces portes, l'une après l'autre, échappant par là au partage de nous-mêmes, à l'obligation de cesser d'être des individus pour devenir une communauté dans laquelle il ne peut pas y avoir de portes fermées. Nous n'avons pas encore été complètement convertis à l'Amour au point de pouvoir entrer en communication avec l'autre dans un silence aimant qui est complètement ouvert, grand ouvert.

Je ruminais cet étrange et nouveau visage du silence qui commençait à se dévoiler à moi (...) J'en arrivais même à un véritable chagrin parce que je me rendais compte que ce visage était vrai lui aussi, et que nous essayons toujours de nous dérober l'un à l'autre dans ce silence furtif qui est le nôtre (...) Il me semble que nous ne sommes pas prêts à laisser parler le silence comme des amants qui se parlent l'un à l'autre, comme les membres d'une communauté devraient le faire, précisément parce qu'ils sont les amants de Dieu et les uns des autres (...) Silence qui cherche à fuir les autres et Dieu aussi - sinon tout à fait, du moins pour une part.

Je priai. Que faire d'autre? Mais de nouveau, ce silence eut l'audace de me faire voir encore un autre aspect de son visage. C'était l'aspect de l'hostilité, de la colère, et je compris qu'on peut garder le silence tandis que la colère, l'hostilité, le refus nous remplissent et nous flétrissent l'âme (...) Ce silence est en fait mille fois pire que la parole (...) pour devenir un bruit intérieur impossible à calmer (...) Nous devons être ouverts jusqu'au bout, même jusque dans nos souffrances profondes.

La confiance..."

éditions Cerf, 1980

Les silences qui tuent

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Sant Paol-Aorelian

par Andrev

publié dans sent Breizh , Breizh , Bretagne

Sant Paol-Aorelian
Saint Pol était un Breton de Cornouailles (Cornwall brittanique) ou du Pays de Galles, mort un 12 mars, vers 575. La "vita" de saint Pol a été rédigée en 884 par un moine de Landévennec, en Bretagne armoricaine (qu'on appelait ''Britannia Minor" a l'epoque), appelé Wrmonoc. C'est l'un des rares écrits sur un saint celte brittanique avant le Moyen-Âge tardif.
Saint Pol était issu d'une famille de patriciens et cousin de saint Samson (28 juillet), son condisciple au monastère de saint Ildut (Pays de Galles), ou tous les deux furent envoyés encore enfants sous l’égide de saint Illtyd (6 novembre, ou Ildut). Pol serait né à Genychen dans l'est du Glamorgan en l'année 480 et son père Porphius était un officier de haute dignité. Saint Ildut envoya Pol d'abord a Ynys Bŷr (île de Caldy), puis au monastère de Llantwit avec aussi les saints David, Samson et Gweltaz (Gildas), ces deux derniers ayant plus tard aussi fondé des monastères en Petite-Bretagne (Dol, St-Gildas-de-Rhuys...) Ils apprenaient non seulement dans les livres mais aussi le travail manuel qui était prévu pour toute la communauté, et comprenait le gain de terres fertiles par l'endiguage du fleuve Severn.
Nous n'avons besoin d'aucune autre preuve de sa ferveur et de ses merveilleux progrès dans la vertu et tous les exercices d'une vie monastique, que le témoignage du saint abbé Ildut, mais aussi de longs siècles de dévotion que vouèrent a saint Pol les gens de Bretagne jusqu’à aujourd’hui, malgré les maladies, les guerres et les révolutions, tandis que le souvenir de saint Ildut resta grand lui aussi, ne serait-ce que par le nom d'anciennes paroisses qui brille encore dans les ténèbres de nos temps troublés, telles Pleurtuit, Lanildut, Ploerdut...
Enfant encore assez jeune, il partit ainsi s'établir un ermitage, où il a été rejoint par une douzaine d'autres jeunes hommes qui l'ont considéré comme leur dirigeant; et là-bas il a été ordonné prêtre par Saint Dyfrig. Sa sœur Sitafolia avait établi un couvent près de Penzance, probablement à Newlyn, et il s'est construit une église dans la paroisse qui porte son nom, où il y a deux anciennes Croix celtes, dont une dans le mur de l'église qui soutient la deuxième plus haute tour de Cornouailles. Une tradition rapporte que la communauté de sa sœur a été menacée par les empiétements au bord de la mer. Et ils ont marqué ensemble le tracé à marée basse avec des cailloux et à ses prières, les cailloux ont grandi en rochers, qui ont empêché une plus ample érosion de la terre.
Notre saint mit alors les voiles avec 12 compagnons, passant des Cornouailles en Armorique, sur l'île d'Ouessant à un endroit appelé depuis Porzpol, et a construit là-bas, dans un endroit toujours appelé Lampol, un monastère consistant en une petite église et treize huttes de gazon et de pierre. Il n'est pas resté longtemps sur l'île mais fondé un autre centre monastique sur le continent en l'actuel Lamboal-Gwitalmezev (Lampaul-Ploudalmezeau). La prière et la contemplation étaient ses seules activités, et du pain et de l'eau sa seule nourriture, sauf aux grandes fêtes, auquel cas il rajoutait à son pain quelques petits poissons.
Withur, le prince breton qui régnait depuis l’île de Batz et sur toute cette côte encore sous la domination franque, donna son ile et aussi la ville romaine ruinée d'Occismor, où Pol construira sa fondation principale, et qui est de nos jours connue comme Kastell-Paol (Saint-Pol-de-Léon). Le prince venait juste de terminer la retranscription d'une copie des Évangiles, quand saint Pol délivra l'île d'un dragon monstrueux, dont on voit la tanière encore aujourd'hui dans une anfractuosité des falaises. Saint Pol y plaça certains des moines fervents qui l'avaient accompagné du Pays de Galles et de Cornouailles. Il s'était entièrement revêtu de sa charge pastorale, et son assiduité à les accomplir n'avait d'égal que les appréhensions qu'il en éprouvait. Voila toute l'origine de Saint-Pol-de-Léon (Kastell-Paol, en breton), et de tant d'autres cités de l'actuelle Bretagne.
Withur, se rendant compte que le statut d'abbé qui était reconnu chez les Bretons îliens ne l'était pas chez les gens de Gaule, manœuvra pour obtenir la consécration épiscopale pour Pol auprès de Childebert, roi des Francs, en dépit des larmes de Pol pour le refuser. Et ainsi, saint Pol est devenu le premier diocésain de cette partie de Bretagne. L'une des principales paroisses de la cité épiscopale se nomma "Minic'hig-Leon", qui perdura au fil des siècles jusqu’à l’érection du diocèse révolutionnaire de "Quimper-Leon".
En 526, et fort avance en age, saint Paul démissionna de son siège en faveur de son neveu Joevin et se retira à Batz où il reçut la visite de Saint Brendan, le père-abbé de saint Malo. Mais 20 ans après, il dut pour quelque temps reprendre sa charge épiscopale et susciter un autre monastère, sis au Relecq. Il retourna dans la sainte solitude de Batz, pour s'y éteindre vers l'an 580, âgé de plus de 100 ans. Son corps est enchâssé dans la vieille Cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, où sa cloche est conservée. On peut voir son siège à Batz.
Pendant les invasions des Normands, ses reliques ont été emportées à l'abbaye de Fleury, ou à Saint-Benet sur la Loire, mais ont été perdues quand les Calvinistes ont pillé cette église. La "vita" incorpore quelques traditions de Gallois et d'origine celte, et il y a des traces considérables du saint dans le Pays de Galles, où, comme en Bretagne, il a parfois a été appelé Paulinus. L'église ancienne au village de Paul, près de Penzance, lui est dédiée . Dans l'ancien bréviaire de Léon, sa fête est au 10 octobre, peut-être le jour de la translation de ses reliques. Mais dans l'ancien bréviaire de Nantes, et la plupart des autres, il est honoré le 12 mars (Attwater, les Bénédictins, Husenbeth).
Ynys Bŷr (Caldey Island)

Ynys Bŷr (Caldey Island)

sources

Don Garaby

Attwater, D. (1983). The Penguin Dictionary of Saints, NY: Penguin Books.
Baring-Gould& Fisher, J. The Lives of the British Saints (4 volumes: Charles J Clarke, 1907)
Benedictine Monks of St. Augustine Abbey, Ramsgate. (1947). The Book of Saints. NY: Macmillan.
Benedictine Monks of St. Augustine Abbey, Ramsgate. (1966). The Book of Saints. NY: Thomas Y. Crowell.
Bowen, Paul. When We Were One: A Yearbook of the Saints of the British Isles Complied from Ancient Calendars.
Encyclopaedia of Catholic Saints, March. (1966). Philadelphia: Chilton Books.
Farmer, D. H. (1997). The Oxford Dictionary of Saints. Oxford: Oxford University Press.
Husenbeth, Rev. F. C., DD, VG (ed.). (1928). Butler's Lives of the Fathers, Martyrs, and Other Principal Saints. London: Virtue & Co.

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An Arzh-mael

par Andrev

publié dans Breizh , Bretagne

An Arzh-mael

*

*

Fear bheith i mbarraibh fuairbheann

I bhfeitheamh shuainghearr ghrinnmhear

Ag seilg troda ar fhéinn eachtrann

Ga bhfuil fearann bhur sinnsear

*

Gwell menel war c'hrec'hioù kozh ar vro,

Skuizh 'c'hanout o c'hedal hogen bliv,

O c'hervel d'ar stourm 'enep al lu,

Aloubet du gantañ ar vammvro!

*

Mieux vaut être sur les sommets des vieux monts à guetter, fatigué mais joyeux,

appelant au combat contre les soldats étrangers qui occupent ta patrie

Angus Mac Daighre O'Daly

Hilfenteg / Iffendic, Porhoët, évêché de Saint-Malo

Hilfenteg / Iffendic, Porhoët, évêché de Saint-Malo

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Lorica sant Weltaz

par Andrev

Lorica sant Weltaz
Gildas a composé cette lorica pour chasser loin de lui les démons qui l'attaquaient. Un Ange vint à lui et l'Ange lui dit : 'quiconque répétera souvent cette lorica recevra 7 ans de vie en plus, et le tiers de ses péchés lui sera décompté. Chaque jour où il récitera cette prière. Hommes ou démons, nul ennemi ne pourra lui nuire; la mort ne le frappera pas en ce jour-là'. Laidcend, fils de Buith le Victorieux, vint de sa part sur l'île d'Irlande; il l'apporta pour être placée sur l'Autel de saint Patrick, évêque, afin que nous soyons sauvés. Amen. La métrique est de 11 syllabes, d'où on l'appelle souvent bracicatalecticon.

Que m'aide l'Unité de la Trinité

Que l'Unité de la Trinité me fasse miséricorde.

Je suis comme en péril sur l'océan,

Viens à mon aide, je T'en prie,

Afin que la peste de cette année

Ne m'emporte pas, ni la vanité du monde.

Et cette requête, je l'adresse

Aux puissances des armées célestes,

Afin qu'elles ne me laissent pas être ravagé par les ennemis,

Mais me défendent avec leur puissante armure,

Et que dans le combat,

Ces armées me précèdent dans le combat céleste,

Chérubins et Séraphins avec leurs myriades,

Gabriel et Michel avec leurs semblables.

Puissent les Trônes, Puissances, Archanges, Principautés, Dominations, Anges,

Me défendre avec leur large armée,

Et être forts pour repousser mes ennemis.

Et aussi les autres arbitres du conflit

Les 4 Patriarches, les 4 Prophètes,

Les Apôtres, gardiens de la barque du Christ,

Et les martyrs, vrais athlètes, je leur demande à eux tous,

Et j'adjure aussi les vierges, les fidèles veuves, et les confesseurs,

Que par eux je sois entouré de sécurité,

Et que tout mal soit loin de moi et anéanti.

Puisse le Christ m'accorder puissante alliance,

Lui que les abominables cohortes fuient dans la terreur.

Fin du Premier Prologue, des rangs des Anges et patriarches, Apôtres et martyrs, avec le Christ.

Début du Second Prologue, englobant toutes les parties du corps jusqu'au genoux.

O Dieu l'invincible gardien,

Par Ta puissance, défends-moi de toute parts.

Libère tous mes membres,

Les protégeant tous de Ton saint bouclier,

De sorte que les assauts des démons ne me blessent

De tous côtés, avec leurs flèches, selon leur habitude.

Crâne, tête, cheveux et yeux,

Front, langue, dents et leur émail,

Cou, poitrine, côtés, intestins,

Taille, fesses et mes 2 mains.

Comme couronne pour ma tête et ses cheveux,

Sois Toi le casque du Salut sur la tête;

Pour le front, les yeux, le cerveau multiforme,

Le nez, les lèvres, la face, les tempes,

Pour le menton, la barbe, les sourcils, les oreilles,

Les joues, les bas-joues, le sous-nez, les narines,

Pour les pupilles, l'iris, les cils, les paupières,

Le menton, la respiration, les joues, les mâchoires,

Pour les dents, la langue, la bouche, la gorge,

La luette, la trachée-artère, l'attache de la langue, la nuque,

Pour le milieu de la tête, pour le cartilage,

Le cou – Toi le Doux, sois proche pour les défendre.

Par les Neufs Ordres des Saints Anges, je Te prie, Seigneur Jésus-Christ,

Sois Toi-même le plus sûr des boucliers,

Pour mes membres, pour mes entrailles,

Afin que Tu puisses extirper hors de moi les invisibles

clous enfoncés, fabriqués par l'ennemi.

O Dieu, dès lors viens avec une puissante carapace,

Couvrant de lames mes épaules et bras.

Couvant les coudes et leurs jointures et les mains,

Les poings, paumes, les doigts avec leurs ongles.

Couvrant la colonne vertébrale et les côtes avec leurs joints,

Les jambes, le dos, les nerfs et les os.

Couvrant toute la surface, le sang et les reins,

Les hanches, les fesses avec les cuisses.

Couvre mes cuisses, mollets, muscles,

Rotules, tibias et genoux.

Couvre mes chevilles, tibias et talons,

Jambes, pieds avec la plante des pieds.

Couvre ces branches qui s'y forment ensemble,

Avec les orteils et leurs ongles.

Couvre mon thorax, ses jointures, la petite poitrine,

Les mamelons, l'estomac, le nombril.

Couvre le ventre, les reins, les parties génitales,

La panse, et les parties vitales, et aussi le coeur.

Couvre le foie triangulaire et gras,

La rate, les aisselles avec leurs poils.

Couvre l'estomac, le thorax avec les poumons,

Les veines, tendons, la vésicule biliaire..

Couvre la chair, l'aine et ses parties internes,

La rate avec les entrelacs d'intestins.

Couvre la vésicule, la graisse et tous

Les innombrables ordres de jointures.

Couvre les cheveux et le restant de mes membres,

Que je pourrais avoir omis de mentionner.

Couvre aussi mes cinq sens,

Et avec les dix portes formées (pour moi),

De sorte que de ma plante des pieds jusqu'au sommet de ma tête

En nul membre je ne puisse être malade;

De sorte que la vie ne puisse sortir de mon corps

A cause de la peste, fièvre, faiblesse, souffrance,

Jusqu'à ce que, par le don du grand âge reçu de Dieu,

J'aie pu recouvrir mes péchés par de bonnes oeuvres;

Et, en partant de la chair, puisse être libre de toute tache,

Et être à même de m'envoler vers les hauteurs,

Et, par la miséricorde de Dieu, naître dans la joie

Aux douces et célestes retraites de Son Royaume.

Amen.



SOURCE : Gildas. De Excidio Britanniae, Fragmenta, Liber de Paenitentia, "Lorica Gildae", etc. ed. by Hugh Williams. Honourable Society of Cymmrodorion. London: David Nutt, 1901. On retrouverait ce texte dans le manuscrit irlandais MS Laud 610.

Scotland, Brittany. The town of Gourock on the Firth of Clyde, viewed from the golf course on

Scotland, Brittany. The town of Gourock on the Firth of Clyde, viewed from the golf course on

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Breizh

par Andrev

publié dans Breizh , Brezhoneg , Europa , Evit bevañ gant levenez

Breizh

Selon les anciennes généalogies des peuples, que les Chrétiens d'Europe gardèrent en mémoire jusqu'au XIXe siècle, les Européens sont issus des enfants de Japhet, lui-même l'un des trois fils de Noë.

Parlons d'abord un peu des pays celtiques actuels. Parmi les enfants de Japhet, c'est d'abord Toubal qui aurait laissé une descendance sur la péninsule ibérique et les iles d'Irlande et de Bretagne. Puis ce sont les enfants de Yavanne, apparentés aux Grecs, dont le roi Brutus, qui donnèrent son nom à la Bretagne. Les Irlandais se réclament aussi de Magog, autre fils de Japhet, tandis que la Bretagne devint une terre celte par excellence avec les Gomériens, du nom d'un autre fils de Japhet.

Resituons maintenant la Bretagne au sein de l'Europe. Pour résumer, la grande majorité de la population de la Bretagne est celtique, avec un substrat "ivernien" (Toubal) et un autre "magoguien" dont sont issus les premiers princes. En comparaison, les Allemands et les autres pays dits "germaniques" sont aussi fortement celtiques à la base, mais avec un mélange supplémentaire issu d'un autre fils de Noë, ce qui leur donna de se différencier de façon assez brutale. Les Slaves quant à eux, qui constituent une autre grande partie de l'Europe, sont issus de Magog, fils de Japhet, fils de Noë, ainsi que les Magyars (Hongrois), les Estoniens... Quand aux Latins, ce sont aussi des fils de Yavanne, fils de Japhet, des cousins donc d'une partie "minoritaire" des Bretons. Au final, les plus proches cousins des Bretons seraient les Géorgiens, les Arméniens, les Roumains et les Turcs - tous enfants de Gomer, fils de Japhet - ce qui ne veut pas dire qu'ils leurs ressemblent forcément! L'alchimie particulière à chaque peuple est complexe! Elle est aussi composante d'un tissu incompable où chaque peuple ne peut se prétendre indissociable d'un autre, de par des origines communes et des cousinages précoces, mais peut prétendre aussi à son caractère unique qu'on ne peut assimiler à un autre peuple.

Dans l'historique et la composition de la Bretagne, il semble y avoir une spécificité organique: un substrat - une élite - un peuple. Le substrat s'apparenterait à d'autres peuples d'autres continents; l'élite succède au substrat, elle lui indirectement apparentée, elle est minoritaire et précède le peuple en le cimentant; le peuple est indirectement apparenté à l'élite et forme la majorité.

Voici un extrait de la "Table of Nations" de Tim Osterholm, où sont décrites les origines de la Bretagne et ses populations.

"The name Briton originated from Brutus (a descendant of Elishah), the first king on Britain's mainland, arriving about 1100 B.C. Two sons of Brutus, Kamber and Albanactus, are referenced in English prehistory. From Kamber came Cambaria and the Cambrians (who integrated with the Gomerites [mostly Celts] and became the present-day Welsh). The descendants of Albanactus were known as the Albans (or the Albanach whom the Irish commonly called them). Geographers would later call the land Albion. The Britons (also Brythons), Cambrians and Albans populated the British Isles, which later endured multiple invasions, beginning with successive waves of Celts about 700 B.C. The Celts (or Gaels) called the land Prydain, their name for Briton. Those Celts (descendants of Gomer) integrated with the descendants of Elishah and Tarshish (sons of Javan), creating what some scholars called "a Celticized aboriginal population" in the British Isles. Some of the invading people groups were Scythians, descended from Magog, who became known as the Skoths or Scots. The name for the Celts or Cymru was "Weahlas," from Anglo-Saxon origins, meaning "land of foreigners"—Wales. The Welsh still call themselves Cymru, pronounced "Coomry." Later the Romans referred to the land as Britannia, invading there about 50 years before the birth of Christ. By the third century A.D., Jutes, Franks, Picts, Moors, Angles, Saxons and other groups were invading from surrounding Europe. In the sixth century A.D., Saxons called the land Kemr (Cymru), and the language Brithenig (Breton). The Angles eventually conquered Britannia, renaming the territory Angleland, which became England. Vikings invaded in the 9th century, and the Normans (or Northmen—former Danish Vikings) conquered England in 1066. Today, the British isles are settled by the ancestors of those people groups, which included Gomer and Javan (first inhabitants), plus Magog (later invasions by various people groups)."

Les Celtes, enfants d'Ashkenaz, fils de Gomer, fils de Japhet, fils de Noë, se partagèrent les territoires de l'Allemagne, la Scandinavie, la Gaule et les iles d'Irlande et Bretagne. Mais leur terre d'origine serait au sud de la Russie, entre la Mer Noire et la Mer Caspienne, à proximité de l'Arménie et du cours supérieur de l'Euphrate.

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Brientinion

par Andrev

Brientinion

Pie XII s’adressant

au Patriciat et à la Noblesse romaine

en janvier 1946.

« Une élite ? Vous pouvez bien l’être. Vous avez derrière vous un passé de traditions séculaires qui représentent des valeurs fondamentales pour la vie saine d’un peuple. Parmi ces traditions dont vous êtes fiers à juste titre, vous comptez, en premier lieu, l’esprit religieux, la foi catholique vive et agissante. L’histoire n’a-t-elle donc pas déjà prouvé, et cruellement, que toute société humaine sans base religieuse court fatalement à sa dissolution ou finit dans la terreur ? Emules de vos aïeux, vous devez donc resplendir devant le peuple de la lumière de votre vie spirituelle, de la splendeur de votre indéfectible fidélité au Christ et à l’Eglise.
« Parmi ces traditions, comptez également l’honneur sans tâche d’une vie conjugale et familiale profondément chrétienne. De tous les pays, de ceux au moins de la civilisation occidentale, monte le cri d’angoisse du mariage et de la famille, si déchirant qu’il est impossible de ne pas l’entendre. Ici aussi, par toute votre conduite, mettez-vous à la tête du mouvement de réforme et de restauration du foyer.
« Parmi ces mêmes traditions, comptez, en outre, celle d’être pour le peuple, dans toutes les fonctions de la vie publique auxquelles vous pourriez être appelés, des exemples vivants d’inflexible observance du devoir, des hommes impartiaux et désintéressés qui, dégagés de tout désir désordonné d’ambition ou de lucre, n’acceptent un poste que pour servir la bonne cause, des hommes courageux, intimidés ni par la perte de faveurs d’en haut, ni par les menaces d’en bas..
« Parmi ces traditions, mettez enfin celle d’une calme et constante fidélité à tout ce que l’expérience et l’histoire ont confirmé et consacré, celle d’un esprit inaccessible à l’agitation inquiète et à l’aveugle convoitise des nouveautés qui caractérisent notre temps, mais en même temps largement ouvert à toutes les nécessités sociales.
« Fermement convaincus que seule la doctrine de l’Eglise peut porter efficacement remède aux maux présents, ayez à coeur de lui ouvrir la voie, sans réserves ni méfiances égoïstes, par la parole et par l’action, particulièrement en constituant dans l’administration de vos biens de véritables modèles d’entreprises, aussi bien du point de vue économique que social. Un vrai gentilhomme ne prête jamais son concours à des opérations qui ne peuvent se maintenir et prospérer qu’au préjudice du bien commun, au détriment et par la ruine de personnes de condition modeste. Au contraire, il mettra sa fierté à être du côté des petits, des faibles, du peuple, de ceux qui, exerçant un métier honnête, gagnent leur pain à la sueur de leur front. Ainsi, vous serez réellement une élite; ainsi, vous accomplirez votre devoir religieux et chrétien; ainsi, vous servirez noblement Dieu et votre pays ».
Brientinion

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De Excidio et Conquestu Britanniae

par Andrev

publié dans Breizh , Bretagne , De Excidio et Conquestu Britanniae

De Excidio et Conquestu Britanniae

De Excidio et Conquestu Britanniae! Diskar hag aloubadur Breizh! Ruine et conquête de la Bretagne!

De Excidio et Conquestu Britanniae... c'est le titre d'un des plus anciens livres de notre pays, écrit par saint Gildas-le-Sage au VIe siècle. Un titre qui résume les malheurs de notre pays, et leur processus: il se ruine lui-même par ses enfants qui s'entre-déchirent, et se laisse ainsi envahir par l'étranger. Tel était le cas du temps de Gildas, tel fut aussi le cas pour les invasions Vikings qui se firent à l'ombre des dissensions entre les princes. Gildas avait vu comment ses compatriotes s'étaient laissés subjuguer et à cela, il n'opposait que les Saintes Ecritures et la Parole de Dieu, celui que nous avons reconnu à la crêche et qui, depuis, nous a assuré la victoire, offert le vrai remède.

Certains nous proposent aujourd'hui une victoire militaire comme fête nationale, à l'image des Français avec leur sanglant 14 Juillet: celle remportée par Alan-al-Louarn sur les Vikings en 939. Mais si on y regarde de plus près, on s'aperçoit que les Bretons ne cessèrent depuis de se ruiner et d'être ruinés.

La Bretagne, tout au terme de sa longue émigration depuis l'ile vers l'Armorique, commença à asseoir son autorité face à l'empire franc, grâce aux rois Nominoë, Erispoë et Salomon. Mais il vint un autre péril, celui des Germains du Nord. Alan-Veur (Alain-le-Grand) saura s'en défaire, mais après lui (+907) et Gourmaëlon (+913), la Bretagne connaît un regain d'attaques de la part des Vikings... Alan-al-Louarn libérera alors la Bretagne par ses victoires militaires, mais devra en contrepartie renoncer au Cotentin, à l’Avranchin et au territoire situé à l’ouest de la Mayenne, tandis qu'il acquiert les pagi de Mauges, Tiffauges et Herbauges. Puis la Bretagne sera de nouveau envahie, suite au conflit fratricide d'Alan avec Juhel Bérenger.

Mais l'âme, l'identité, la culture, la langue... commenceront pourtant à décliner.

Les monastères furent la première cible des agressions vikings: Dol, Saint-Malo, Gaël, Paimpont, Redon, Quimper, Landévennec... sont pillés et brûlés, tandis que princes et abbés fuient en France, Angleterre, Berry... Ils ne reviendront pas avec la langue de leurs pères, en tout cas c'est le français qu'ils choisiront dans les mondes juridique et politique. Plus grave peut-être: il apparaît très clairement dans les actes de donation de l'époque qu'ils feront massivement appel à un clergé romano-franc, tandis que les grands tierns multiplient les alliances avec les Francs. Ces princes ont sans doute encouragé grandement la débretonisation de toute une moitié orientale du pays, déjà fortement romanisée, tandis que l'autre moitié occidentale était exposée à une mort plus lente... C'est à cette époque que par exemple à Saint-Malo, les noms des évêques se latino-francisent: nous avons un nommé "Salvator" en 944 (successeur de Ratvili, au nom bien brittonique, celui-là) tandis qu'un peu plus tard un Judicael troque son nom pour un plus correct "Benoît": il est déjà de mode d'être romain, c'est-à-dire, Franc (la romanité, en Bretagne, était tout autre chose dans le temps passé). Et son successeur, Donoald, abandonne l'obédience de Dol pour reconnaître la suprématie de l'archevêché franc de Tours.

La Bretagne fut-elle alors vraiment libérée? Du joug viking, certes, grâce au Duc Alan qui porta un retrait décisif sur l'ennemi physique. Mais ce fut une grande défaite culturelle: la nouvelle ouverture très marquée au monde romano-franc tant dans les communautés religieuses qu'à la cour des princes fut, à coup sûr, la porte ouverte à une invasion autrement plus pernicieuse que celle des Vikings.

Une partie de l'intelligentia bretonne actuelle veut donc faire de la grande victoire de l'époque la grande fête nationale de la Bretagne (victoire de Trans, près de Dol, remportée en 939 par Alain Barbetorte, Juhel Bérenger, comte de Rennes, et Hugues Ier, comte du Maine). Selon Pierre Le Baud, les Bretons auraient célébré le jour de cette bataille : « Au jour des Kalendes du mois d'août, jour que les Bretons décrétèrent être solennisé par la gent de Bretagne, par toutes les générations, parce que de là et après, commença derechef la Bretagne à être habitée par ses natifs et Bretons user des lois de leurs ayeux. » Mais Pierre de Baud se trompe: la Bretagne commença dès lors à être habitée par un autre peuple, dont les élites, comme le cheval de Troie, purent mener désormais plus aisément à bien leur combat séculaire contre la Brittia.

Fausse grande victoire des Bretons, vrai et discret avènement de l'autorité franque. N'est-il pas symbolique que le dernier souverain du duché "indépendant" s'appellât François? Ce fut sa fille, Anne, qui endossa la honte d'une union ne faisant qu'entériner quelques cinq cents ans d'occupation, non par la force, mais par la persuasion.

Anne portait le nom de la sainte patronne de son pays, pays qu'elle aima sûrement plus que son père, car elle en aimait les saints et la partie restée celtique, qu'elle n'eut pas peur de parcourir durant plusieurs mois comme un pèlerinage et un retour au sources. Etrangement, mais à cause aussi du roi de France rendu fou de rage par le succès de ce Tro-Breizh - comme une chose en dehors de son contrôle - elle dut en abréger le cours et ainsi ne pas boucler la boucle à Saint-Malo, puis Dol. Anne avait réparé les erreurs de son père, et elle avait expié le mal accompli depuis quelque cinq cents ans d'éloignement de la Bretagne de sa propre identité. Pourtant, les choses sont allées depuis en s'empirant, mais dans la foi d'une Reine, nous avons reçu les promesses d'un renouvellement, qui ne sera pas un succès militaire - bien qu'il en faille aussi - mais une guérison des coeurs, une force morale et spirituelle, un renouvellement des intelligences.

Franciszek III Bretoński
Franciszek III Bretoński

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