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Kantik d'an Efezidi

par Andrev

Kantik d'an Efezidi

Ra vo benniget Doue ha Tad hon Aotrou Jezuz-Krist, eñ hag en deus hor benniget a bep seurt bennozhioù speredel el lec'hioù neñvel e Krist.

Evel-se en deus hon dibabet ennañ, a-raok krouidigezh ar bed, evit ma vimp santel ha didamall dirazañ er garantez,

o vezañ hor raktonket da vezañ e advugale dre Jezuz-Krist, hervez ar plijadur mat eus e volontez,

da veuleudigezh gloar e c'hras, en deus roet deomp drezi da vezañ degemeret er C'haret-mat.

Ennañ hon eus an dasprenadur dre e wad, ar pardon eus ar pec'hedoù, hervez pinvidigezhioù e c'hras

en deus skuilhet warnomp gant fonnder dre bep seurt furnez ha skiant,

o vezañ roet deomp da anavezout mister e volontez, hervez ar soñj mat oberius en doa graet ennañ e-unan,

penaos, e roidigezh oberiañs an amzerioù, e tastumje an holl draoù e Krist, kement ar pezh a zo en neñvoù evel ar pezh a zo war an douar.

(Efezidi 1,3-10)

Gepriesen sei der Gott und Vater unseres Herrn Jesus Christus:

Er hat uns mit allem Segen seines Geistes gesegnet / durch unsere Gemeinschaft mit Christus im Himmel.

Denn in ihm hat er uns erwählt vor der Erschaffung der Welt,

damit wir heilig und untadelig leben vor Gott;

er hat uns aus Liebe im Voraus dazu bestimmt,

seine Söhne zu werden durch Jesus Christus / und nach seinem gnädigen Willen zu ihm zu gelangen,

zum Lob seiner herrlichen Gnade.

Er hat sie uns geschenkt in seinem geliebten Sohn;

durch sein Blut haben wir die Erlösung,

die Vergebung der Sünden nach dem Reichtum seiner Gnade.

Durch sie hat er uns mit aller Weisheit und Einsicht reich beschenkt

und hat uns das Geheimnis seines Willens kundgetan,

wie er es gnädig im Voraus bestimmt hat:

Er hat beschlossen, die Fülle der Zeiten heraufzuführen,

in Christus alles zu vereinen, alles, was im Himmel und auf Erden ist.

(Epheser 1,3-10)

 

 
 

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis dans le Christ de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les cieux.

C'est en lui qu'il nous a choisis dès avant la création du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui,

 nous ayant, dans son amour, prédestinés à être ses fils adoptifs par Jésus-Christ, selon sa libre volonté,
 en faisant ainsi éclater la gloire de sa grâce, par laquelle il nous a rendus agréables à ses yeux en son [Fils] bien-aimé.
 C'est en lui que nous avons la rédemption acquise par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce,
 que Dieu a répandue abondamment sur nous en toute sagesse et intelligence,
 en nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le libre dessein que s'était proposé sa bonté,
 

pour le réaliser lorsque la plénitude des temps serait accomplie, à savoir, de réunir toutes choses en Jésus-Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre.

(Ephésiens 1,3-10)

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Heroldsbach

par Andrev

Heroldsbach

LES APPARITIONS DE HEROLDSBACH

Du 9 octobre 1949 au 31 octobre 1952, la Sainte Vierge apparut à 7 fillettes, puis à plusieurs dizaines de personnes, à Heroldsbach, en Bavière.

Elle apparaît d'abord seule, puis accompagnée de l'Enfant Jésus assis sur le "Trône de Grâce", puis avec St Jean l'Evangéliste, et souvent accompagnée de dizaines d'autres Saints, notamment des martyrs des premiers siècles. Des groupes de pèlerins viennent le 13 de chaque mois.

Le 17 octobre 1949, Mgr Kolb, archevêque diocésain, crée une commission d'enquête qui exclut le surnaturel quant aux dires des sept voyants. Ceux-ci sont excommuniés pour avoir refusé de signer un document niant l'apparition ! L'excommunication est cependant levée en 1998. La même année fut bénie la chapelle de la Vierge, nouvellement construite pour les pélerins,
avec l'autorisation de l'ordinaire et l'aval de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Le 13 Mai 1998 (fête des apparitions de la Vierge à Fatima, Portugal), Mgr Radspieler, évêque auxiliaire de Bamberg, annonce la reconnaissance officielle d'Heroldbach comme lieu de prière. La pastorale a été confiée aux frères de la Vie Commune des Chanoines Augustiniens. Le 15 août 1998, une messe pontificale a été célébrée par Mgr Brau, Archevêque de Bamberg.

Le jugement négatif de 1952 est toujours valable, mais un prêtre issu du séminaire de Wigratzbad est chargé de la pastorale du pèlerinage.

L'une des plus grandes grâces de ces événements surnaturels est celle de la prière, pour les milliers de gens accourus en ce lieu. La Sainte Vierge demanda que l'on prie pour l'Allemagne, grandement menacée alors par la Russie. Elle enseigna aux fillettes un cantique, dont la musique fut scientifiquement analysée. Les musicologues en conclurent qu'il s'agissait d'une haute forme musicale du Moyen-Age, qui correspond à ce qu'on nomme aujourd'hui "choral grégorien". Nos mêmes experts affirmèrent que seule une personne ayant fait de hautes études du musique aurait pu créer cette pièce, d'où le caractère surnaturel de l'événement.

 

Heroldsbach

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Bihan ha bras

par Andrev

publié dans sevenadur , Breizh , Famille , Pays , Porc'hoed

 

C'est dans le particulier irremplaçable de ma famille, même déficiente, de mon village, de la voix de ma mère, de l’autorité de mon père, de la bienveillance d’un oncle ou d’un ami, de la proximité des ancêtres, du manoir, dans les bruits familiers de la nature et de la rue, de la continuité des métiers, des clientèles, d’un paysage, d’un pays, du bruissement des feuilles du bouleau dans la cour, qu'est sans doute la vraie démocratie, pour employer un terme à la mode: là je reçois la vie, le pouvoir de m’émerveiller, la force et l’envie de continuer, donc la vraie liberté, un héritage dans l’espace et le temps raisonnables pour affronter les difficultés, dans la cohérence d’un petit monde et à la charge de surmonter les conflits, les maladies des coeurs, les hérédités, les dangers intérieurs et extérieurs, la lourdeur du quotidien, l’austérité d’un monde perpétuellement sur son déclin... mais combien est beau cet automne du monde, quand l’homme participe à sa restauration: on le voit dans les différentes cultures où hommes et femmes font effort d’accepter les différents petits mondes où ils naissent et de ne pas se perdre dans des projets, des idéologies et des Etats au-dessus de leurs forces.

 

J’ai trouvé paradoxalement le monde où je suis né triste à mourir, et en même temps merveilleux: je commençai une longue agonie, mais porté par une présence diffuse: le pays autour de moi. Et j’ai encore du mal à m’en distancier, sans pour autant m’en séparer: là est l’enjeu: il me faut rester dans la réalité qui m’a été donnée sans m'y confondre. Trouver la force pour faire avec ce qu’il y a, et non pour fuir. Comme chrétien, tout m’est vraiment donné dans le Salut, mais la culture où je nais est presque aussi importante, en tout cas je ne peux en faire l’impasse. Pour moi, même parti de rien, Dieu me fait le cadeau de susciter un nouveau monde, une nouvelle culture. En Bretagne, nous avons à partir de presque rien, avec cependant le souvenir et les dictionnaires d’un monde disparu, comme un arrière-grand-père qui nous appelle à entendre sa voix. La Bretagne n’est plus, mais elle nous appelle: c’est la seule continuité, la seule cohérence qui nous reste en ce monde, et puis aussi d’autres pays comme la Pologne, elle aussi cependant en danger de disparition.

 

Le petit monde où je naquis est grand, même s’il est en train de mourir, car c’est ma référence la plus solide, c’est le monde particulier qui m’est donné pour recevoir la vie et la donner. La mémoire d’un pays, en particulier, ou encore celle d’une famille, sont peut-être des choses plus vivantes que celles du présent, sautant parfois plusieurs générations. Parfois, je ne peux relever le défi d’une difficulté, d’une succession, de parents médiocres ou d’ennemis dévastateurs, mais est-ce une raison pour aller ailleurs, par exemple en détestant mon «destin» ou en accusant les autres, ou encore en allant m’éclater à l’autre bout du monde ou dans les univers factices? Si je reste, je suis déjà gagnant, et je suis un auxiliaire de vie. Dieu est le Maître du temps et de la vie. Peut-être que je fuirai, peut-être que je partirai, que je m’évadrai un temps, peut-être aurai-je une terre d’exil, parce que la souffrance était trop grande pour moi. Mais ce sera pour revenir, et c’est semble-t-il le mouvement du monde d’aujourd’hui, à travers des forces contraires et furieuses. Si je correspond à l’intelligence que Dieu m’a donnée - parfois en dehors de l’Eglise visible - Il me donne la force de franchir montagnes et rivières, et je traverse feux et ouragans. Peut-être qu’un trop long temps ou un espace trop vaste, un océan d’oubli m’ont séparé de ma terre d’origine, de l’univers de mes pères: pourtant, j’essaierai de poursuivre là où je suis, parfois inconsciemment, le chemin commencé ailleurs, en d’autres temps; là où je me suis déporté ou ai été déporté, je continuerai, rivé sur le monde oublié. Notre monde est un monde de filiations, de continuité, de fidélité, de cousinages, de retrouvailles et de relative sécurité, si l’on reste à sa place, avec la force que Dieu nous donne. Ne comptons pas sur Dieu si nous avons abandonné notre famille, nos enfants, notre vie monotone, notre pays, nos origines, notre fierté: ce sont nos premiers mondes, les espaces où nous pouvons travailler et agir, contempler et nous reposer.

Bihan ha bras

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Bro-Sant-Maloù

par Andrev

publié dans Breizh , Bretagne , Evit bevañ gant levenez , Domnonée , Sant-Mac'hlow , Saint-Malo , inculturation , sant Mac’hloù hag e vro * Saint Malo et son pays Ou la Bretagne endormie , De Excidio et Conquestu Britanniae

Bro-Sant-Maloù

Au lendemain de la Révolution, le 29 novembre 1801, les diocèses bretons sont réorganisés afin de faire correspondre les limites diocésaines à celle des départements: il ne fallait donc plus que 5 diocèses, 4 devant être supprimés, dont celui de Saint-Malo: l'est et l’extrême nord de son territoire avec la ville de Saint-Malo seront incorporés au diocèse révolutionnaire n°35 (Ille-et-Vilaine), tandis que l'ouest (Dinan) sera rattaché au n°22 (Côtes-du-Nord) et le sud (Ploërmel) au n°56 (le Morbihan, qui vient d'être béni par son évêque, celui-ci perpétuant ainsi l’œuvre funeste de l’Église concordataire). De nos jours, les gens de Ploërmel se disent "morbihannais" et son fiers de l'être. D'autres, qui ont réchappé à l'intox par miracle, se sentent toujours Malouins et Domnonéens, au-delà de l'oubli.
Le saint patriarche Malo a son image et ses reliques dans nombre d'églises et de chapelles du même pays qui porte son nom. Pourtant, même en la cathédrale bâtie à l'emplacement de son monastère, près de la chapelle où ses reliques reposaient, on n'entend plus prononcer son nom, mais les nouvelles assemblées d'Ille-et-Vilaine et autres cercles morbihannais, ont d'autres choses auxquelles rêver: une nouvelle histoire, enfin libérée de l'ancienne, un nouveau pays, sans frontières, un nouvel homme, sans le Dieu qu'il avait inventé.

Lézonnet, Loyat (Ploërmel)

Lézonnet, Loyat (Ploërmel)

« Devant ce que leur impose le destin, les Européens n’ont pas d’autre choix que de rompre avec la fatalité et de revenir à leurs sources primordiales. A l’exemple de Perceval, il leur faut, dans la forêt des symboles, redécouvrir leur tradition pour y chercher les étalons d’une vie qu’ils peuvent faire différente.

Faire une œuvre de vie de ce qui était lettre morte, comprendre ce que l’on est, découvrir comment vivre et agir selon notre tradition, voilà notre tâche. Ce n’est pas seulement un préalable à l’action. La pensée est action."

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Mevelion

par Andrev

publié dans Les légendes de la Révolution

Sous l'ancien régime, les domestiques n'étaient pas, comme aujourd'hui, des "gens de maison", c'étaient des "Gens de la Maison"; ils faisaient, en quelque sorte, partie de la famille, servant toute leur vie, et souvent de père en fils, les mêmes maîtres, qu'ils aimaient et qui les aimaient. On en voit des preuves touchantes et admirables, lors de las Révolution (française), dans la conduite de tant de domestiques fidèles et dévoués, qui sacrifièrent leur fortune et risquèrent leur tête pour le salut de leurs maîtres; on en voit aussi l'affirmation dans beaucoup de lettres de cette époque. C'est ainsi que la dernière pensée du jeune Lantivy-Trédion, au moment de son exécution, est pour sa gouvernante, dans la lettre qu'il écrit à sa soeur avant d'être fusillé le 25 Août 1795, à Vannes:

"Je n'aurais jamais cru, ma pauvre et bien-aimée soeur, que l'on m'eût refusé la seule consolation qui me restait, qui était de voir un prêtre pour me préparer à  mes derniers instants. Enfin, ma bonne amie, il faut en passer par toute la bizarrerie du sort. Peut-être serais-je plus heureux que ceux qui me survivent! Ma mort te sera sûrement toujours présente. Mais, ma chère, pense que je suis mort en honnête homme et que je ne regrette que ma pauvre famille. Prie pour moi à chaque instant (...), n'oublie jamais ma pauvre bonne ni les braves gens qui ont bien voulu s'intéresser à moi (...) Kermoisan (Rolland-Gabriel de Kermoisan) et moi mourrons ensemble, toujours amis et nous consolant mutuellement du chagrin que nous vous causons. Adieu.

Ton trop malheureux frère, Lantivy."

in "Ploërmel, ville et sénéchaussée"

Marquis de Bellevüe, collection M.-G. Micberth, p. 292

Taolenn en iliz Alinog, Kernev, XVIIet kantved / Tableau du XVIIe siècle, dans l'église d'Allineuc (en Cornovie armoricaine), qui met en scène les gens d'une même maison bourgeoise, accompagnés d'autres personnes de l'extérieur et de différente condition
Taolenn en iliz Alinog, Kernev, XVIIet kantved / Tableau du XVIIe siècle, dans l'église d'Allineuc (en Cornovie armoricaine), qui met en scène les gens d'une même maison bourgeoise, accompagnés d'autres personnes de l'extérieur et de différente condition
Taolenn en iliz Alinog, Kernev, XVIIet kantved / Tableau du XVIIe siècle, dans l'église d'Allineuc (en Cornovie armoricaine), qui met en scène les gens d'une même maison bourgeoise, accompagnés d'autres personnes de l'extérieur et de différente condition
Taolenn en iliz Alinog, Kernev, XVIIet kantved / Tableau du XVIIe siècle, dans l'église d'Allineuc (en Cornovie armoricaine), qui met en scène les gens d'une même maison bourgeoise, accompagnés d'autres personnes de l'extérieur et de différente condition
Taolenn en iliz Alinog, Kernev, XVIIet kantved / Tableau du XVIIe siècle, dans l'église d'Allineuc (en Cornovie armoricaine), qui met en scène les gens d'une même maison bourgeoise, accompagnés d'autres personnes de l'extérieur et de différente condition
Taolenn en iliz Alinog, Kernev, XVIIet kantved / Tableau du XVIIe siècle, dans l'église d'Allineuc (en Cornovie armoricaine), qui met en scène les gens d'une même maison bourgeoise, accompagnés d'autres personnes de l'extérieur et de différente condition
Taolenn en iliz Alinog, Kernev, XVIIet kantved / Tableau du XVIIe siècle, dans l'église d'Allineuc (en Cornovie armoricaine), qui met en scène les gens d'une même maison bourgeoise, accompagnés d'autres personnes de l'extérieur et de différente condition
Taolenn en iliz Alinog, Kernev, XVIIet kantved / Tableau du XVIIe siècle, dans l'église d'Allineuc (en Cornovie armoricaine), qui met en scène les gens d'une même maison bourgeoise, accompagnés d'autres personnes de l'extérieur et de différente condition
Taolenn en iliz Alinog, Kernev, XVIIet kantved / Tableau du XVIIe siècle, dans l'église d'Allineuc (en Cornovie armoricaine), qui met en scène les gens d'une même maison bourgeoise, accompagnés d'autres personnes de l'extérieur et de différente condition

Taolenn en iliz Alinog, Kernev, XVIIet kantved / Tableau du XVIIe siècle, dans l'église d'Allineuc (en Cornovie armoricaine), qui met en scène les gens d'une même maison bourgeoise, accompagnés d'autres personnes de l'extérieur et de différente condition

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Sant Maelor

par Andrev

Sant Maelor, eskob Dol

Saint Magloire, évêque de Dol

en Domnonée, Bretagne

+ 586

Saint Magloire naquit dans le sud de la Bretagne insulaire, dans le Glamorgan, en l'actuel Pays de Galles, et y fut éduqué par saint Ildut en son monastère, en compagnie de son cousin saint Samson (avec qui il fit la traversée vers la Bretagne armoricaine), et d'autres saints connus de notre pays,  tels Pol, Gweltaz, Lunaire... Saint Samson devint évêque de Dol, et à sa mort, c'est Magloire qui lui succéda, mais celui-ci se retira dans une île de Domnonée, Serck ou Jersey, où il mourut. Son souvenir se perpétua sur l'ile de Jersey, ainsi qu'à Dinan, en Domnonée continentale.
Dans l'art, on le représente recevant la Sainte Communion d'un Ange.


 

Sant Maelor

Saint Magloire fut le premier abbé du monastère de Lanmeur, dans le Trégor, qui devint une paroisse et enclave de l'ancien archevêché de Dol, en Bretagne continentale. Il gouverna ce monastère avec prudence et sainteté durant 52 ans. A la mort de saint Samson, il fut élu pour le remplacer à Dol comme son abbé. Malgré ses hésitations, se sentant indigne et incapable, il accepta, mais ne resta que 2 ou 3 ans sur le siège; il était déjà septuagénaire. Alors, avec le consentement des fidèles, il se retira dans un désert, où il se bâtit une cellule. Mais bien vite sa solitude fut interrompue par les âmes qui venait vers lui mander ses prières pour les guérir ou les libérer d'esprits mauvais.

Un prince, Lois Escon, fut par Magloire guéri de la lèpre, qui l'avait affligé 7 ans durant, et lui donna l'entièreté de l'île de Jersey, qui était sa propriété. Là, saint Magloire bâtit un nouveau monastère, dans lequel 62 moines servirent Dieu. Il bâtit un oratoire, défricha l'île et sema du blé. Pour le moudre, il construisit un moulin à eau et un petit barrage. Le moulin n'y existe plus, mais le cour d'eau coulait non loin de l'actuel monastère "La Moinerie", et contenu par l'Ecluse (barrage du moulin), il tombait en cascade vers la plage que l'on appelle encore "Port du Moulin" (ou "mill-Haven").

Entre les bras de ses frères, il mourut quelques années plus tard. Dans l'église, il reçut le Viatique des mains d'un Ange, et refusa ensuite de la quitter, répétant constamment les mots de David, le Psalmiste-roi d'Israël : "Je n'ai demandé qu'une chose au Seigneur, et ne cesserai de la Lui demander - c'est que je puisse habiter Sa maison chaque jour de ma vie". De grands miracles eurent lieu à son tombeau, placé dans cette même église.

De longues années durant, l'île jouit d'une réputation considérable parmi les populations Chrétiennes des Iles de la Manche, de la péninsule du Cotentin et de la Petite-Bretagne, à cause de saint Magloire. Des fils de nobles continuèrent à venir à Jersey, de Bretagne, d'Angleterre et de Neustrie, pour y éduquer leurs cœurs et leurs intelligences.

En 850, le roi de Bretagne Nominoe donna à des moines de son pays une terre pour y bâtir un monastère, à condition qu'ils y ramènent les reliques d'un saint capable de guérir son âme. C'est ainsi que se développa le monastère de Léhon, au pied de la petite montagne abrupte qui le surplombait, dont on voit encore aujourd'hui quelques pierres de la forteresse qui s'y accrochait et où Nominoë veillait sur la Bretagne. Ce lieu est baigné par la Renk (Rance), en contrebas des faubourgs de la cité de Dinan. Les moines, à la demande de Nominoë, firent donc voile vers Jersey pour y voler pieusement les reliques du saint. La légende dit que Magloire avait tellement envie d'attendre le Jugement sur les bords de la Rance, qu'il donna un coup de main à son propre enlèvement en réduisant le poids de son sarcophage. Et pour que le raid puisse s'achever avec succès, un souffle miraculeux de vent repoussa les poursuivants sur leur île, permettant aux ravisseurs de continuer sans dommage leur chemin vers l'estuaire de Saint-Malo.

Quelques années auparavant, une bande de pillards du royaume du Danemark, avait déjà tenté de s'attaquer au cercueil de saint Magloire. Ils ne cherchaient pas les reliques, mais leur longue expérience de pillage des sépulcres en Bretagne, Irlande et Ecosse leur faisait espérer d'y trouver des biens plus intéressants à utiliser que des saintes reliques. A peine le dessus du sarcophage avait-il été soulevé que les 7 voleurs se trouvant à côté furent frappés de cécité.

 

aperçu du pays de Dol, depuis le Mont-Saint-Michel

aperçu du pays de Dol, depuis le Mont-Saint-Michel

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Breizh ar Reter

par Andrev

publié dans Breizh , Brezhoneg

Karozh / Caro, évêché de Saint-Malo

Karozh / Caro, évêché de Saint-Malo

Un épisode peu connu de l'histoire de Bretagne, celui qui s'étire pendant près de 700 ans dans la moitié orientale de ce pays, entre 800 et 1500, soit à partir des violents empiétements des Francs de Charlemagne et ses successeurs, jusqu'à fin de l'indépendance politique de la Bretagne. Ce processus peut concerner aussi la Bretagne entière, sauf que son autre moitié occidentale - soit la Cornouaille, le Vannetais de l'ouest, le Léon et le Trégor - n'en ont que subi le contrecoup, plus tard et plus lentement.

Nous parlons donc ici du territoire correspondant aux anciens évếchés de Dol, Saint-Malo et Saint-Brieuc, en y adjoignant le pays de Redon, soit la moitié est de l'ancien royaume de Domnonée, qui correspond précisément à l'ancien territoire des Coriosolites, l'une des nations composant la confédération armoricaine avant l'arrivée des Bretons.

Autour de l'an 800, les Bretons ont fini leur émigration en Armorique et se sont installés durablement et abondamment entre Saint-Pol et Auray. Mais à l'est de ces pays définitivement bretons, la frontière - non seulement politique mais aussi culturelle - reste mouvante avec le voisin franc, qui va s'employer à ce que la civilisation bretonne ne déborde pas sur cette zone orientale de l'Armorique où les communautés gallo-romaines sont denses et laissent moins de place au fait breton. Cela se traduit par des invasions incessantes de cette "zone mixte", qui pourtant fut une des premières à recevoir l’émigration massive des Bretons de l'ile, et par une adhésion des anciens Armoricains, principalement les Redones et les Namnètes, à la politique franque, via un clergé gagné à la légitimité "romaine" des rois Francs.

Si les rois francs semblaient déterminés de reprendre les limites de l'ancien empire romain, c'est peut-être tout à leur honneur, mais la présence des Bretons sur le continent était tout autant légitime, dans la continuité de la mission qu'ils avaient reçue de Rome pour la sécurité des mers. Cela explique sans doute la ténacité des deux partis, et que la France, voyant ses agressions militaires sans résultat, sembla miser dès lors sur une partition idéologique du pays qui l'affaiblirait considérablement à plus ou moins long terme. Loïc Langouet écrivait dans un livre sur les Coriosolites: « La politique d’intégration menée par l’administration romaine dans les provinces, fut, on le sait, fondée sur la persuasion, sur la déculturation des élites, plutôt que sur la force brute. » Il semble que cette politique fut reprise par les souverains francs, jusqu'à nos temps modernes où c'est eux à leur tour qui voient leur hexagone artificiel voler en morceaux.

Quand les rois Nominoë, Erispoé et Salomon mirent un terme au pillage du Rennais, et fixèrent une frontière au-delà de Fougères et Pontorson, c'était déjà trop tard: la bretonnité n'avait pas pris dans la zone romane et ne prendrait jamais. Elle se retrancherait vers l'intérieur des terres, dans le Porhoët. Tandis que Saint-Malo se francisait rapidement, Ploërmel restait bretonnante bien plus longtemps, peut-être même jusqu'au XVIIe siècle pour les villages les plus irréductibles, comme il semble que cela été à Loyat ou à Calorguen.

Durant ce long laps de temps entre la fin de l'émigration bretonne et la fin du Moyen-Age, où les éléments de compréhension nous manquent trop sans doute, il y a en effet des indices forts d'un abandon de la culture héritée des îles celtiques, qui, s'il fut universel dans les Bretagnes armoricaine, galloise et écossaise, fut particulièrement décisif et "réussi" dans l'Armorique brittophone de l'Est, comme le moteur qui entraîna la perte de la Bretagne, tout comme celle-ci perdit le contact peu à peu avec le Cornwall, le Pays de Galles, l'Irlande... La plus grande catastrophe culturelle semble être alors la perte de la mémoire, par l'intrusion massive d'un clergé gallo-franc, à l'instigation de nos princes au lendemain des apocalyptiques destructions normandes, pour remplacer les communautés et monastères britto-irlandais. Et cela se passe dans cette Bretagne de l'Est abondante en communautés gallo-franco-romaines gagnées à la cause des Francs depuis longue date (depuis Clovis). Fait étonnant: pendant ces 700 ans, les communautés brittophones de l'est ne sembleront pas se mélanger aux communautés romanophones dont les terres jouxtent les leurs: ce dernier phénomène est, à mon avis, très révélateur que la débretonnisation de ce coin de Bretagne ne fut pas naturelle.

Et l'on a continué de nos jours dans ce fatalisme d'une Bretagne double, scindée en deux entités culturelles, scission évoquée malheureusement jusque sur le néodrapeau "breton" et sa partition symbolique en bandes alternativement noires et blanches, comme si la Bretagne ne devait être que double, éternellement bretonnante à l'ouest et gallo à l'est. Pourtant, si la Bretagne avait été en paix avec son voisin, elle eut parlé breton jusqu'au bassin de Rennes, et sans doute que Fougères et Ancenis eussent été des enclaves romanophones, mais de peu de poids face à une bretonnité forte et universelle.

La France, de son côté, après avoir détruit la Bretagne et d'autres nations, peut-elle être en paix avec elle-même? Va-t-elle comprendre ce qui lui arrive aujourd'hui?

Le temps des mille ans s'achève, dit Jean Raspail. Mais elle persiste à se saborder elle-même et de se priver de ce qui aurait pu devenir une précieuse amitié dans le concert des nations. Il lui faut toujours ce "grand rassemblement" hexagonal, duquel elle s’accommode comme d'une vieille nippe. Le prétendant au trône français, Louis XX, est venu marqué son territoire l'année dernière, en terre bretonne, en une petite visite du sanctuaire de Kêranna (Ste-Anne-d'Auray), que lui et ses fransquillons et bretons inféodés ont investi, le temps d'une cérémonie, à l'invitation de l'évêque local, l'évêque du département français où l'on a mis ce sanctuaire. Ce même évêque a béni récemment son diocèse révolutionnaire du Morbihan, le nommant fallacieusement "évêché de Vannes": toujours cette usurpation idéologique par la mystique française...

La Vierge Marie donna un signe fort aux Bretons, à Plounevez-Lokrist, dans le Léon, dans un message à une paysanne à laquelle un prêtre demandait pourquoi elle apparaissait en ce lieu sans parler breton (messages encore non reconnus par l'évêché révolutionnaire du Finistère):

" Lavar da va bugale Breizh eo bras dreist va c'harantez evito, met beac'het pounner va c'halon o welet anezho o koll hag o feiz hag o yezh. Ma na gomzan ket brezhoneg o tiskeñn war ho touaroù eo e karfen e ve displeget va c'homzoù dre ar bed, met dreistholl dre ar Frañs, ar Vro-se hag a garan kement, a garfen da skoazellañ ha da saveteiñ diouzh an darvoudoù a venn he skeiñ. Va bennozh d'an holl Vretoned ! Ra zalc'hint d'ar bedenn, d'o feiz ha d'o yezh, ha ra zeuint holl gant karantez da soublañ d'am goulennoù !"

En voici la traduction: "Dis à mes enfants de Bretagne que mon Amour est grand pour eux, mais mon coeur est lourd de les voir perdre leur foi et leur langue. Si Je ne parle pas le breton en descendant sur vos terres, c'est parce que Je voudrais que mes Paroles soient répandues dans le Monde, mais surtout en France, ce pays que J'aime tant, et que Je voudrais soutenir et sauver de tous les châtiments qui le menacent. Je donne ma bénédiction aux Bretons: puissent-ils garder la prière, leur foi et leur langue, et qu'ils répondent tous avec amour à mes demandes."

Miniog / Ménéac, évêché de Saint-MaloMiniog / Ménéac, évêché de Saint-Malo

Miniog / Ménéac, évêché de Saint-Malo

Quand je parcours mon pays de Dol à Redon, il m'apparaît comme une Bretagne endormie et oubliée, un arbre aux racines profondes mais qui a perdu son ramage.

Quand on parcourt cette "Haute-Bretagne", on a peine à faire un lien entre ses églises et celles de Trégor, Cornouailles, Léon... C'est parce que, je pense, les églises sont dans ces dernières contrées des édifices relativement récents, qui ont succédé à de plus anciennes aux formes différentes et plus communes, avant l'exaltation de l'art religieux breton des XV-XVIe siècles. Mais si on ouvre les yeux et qu'on oublie un peu les églises, on s'aperçoit que la Bretagne orientale a des éléments évidents de bretonnité: les noms de paroisses tout d'abord, ils sont presque tous de la langue brittonique entre Uzel et Plélan, puis vient le bassin de Rennes où l'on passe à autre chose. Pour les villages, un bon tiers sont de la langue celtique, et dans certains coins on atteint plus de 50 pour cents, et pas forcément vers la frontière linguistique occidentale. C'est que par ici, la population est ethniquement plus armoricaine, et du même coup plus romanisée, puis francisée. Le type amérindien aux cheveux de jais s'y trouve encore, qui côtoie les cheveux blonds d'une couche sans doute bretonne s'étant superposée à la population. L'ancien habitat ensuite, y est bien plus resté que plus à l'ouest, et ses manoirs et anciennes fermes ressemblent en tout point à ceux autour de Gourin ou Tréguier. Et si vous aviez parcouru cette Bretagne il y a 150 ans, vous vous y seriez sentis plus naturellement en Basse-Bretagne: les habits, les arts et les coutumes y étaient semblables. Des lits-clos de Cancale aux coiffes rebrassées de Ploërmel, c'était peut-être le même pays, sauf la langue, et encore! si la langue y était romane, Dieu sait si elle devait être belle et chantante, comme je l'ai parfois entendu encore autour de Dinan. Enfin, des croix et calvaires par milliers, bien plus qu'à Saint-Pol et Quimperlé, d'une beauté saisissante autour de Ploërmel, ces croix plates sculptées dans les schistes bleus, vert et pourpre du pays.

Pour revenir à la langue, si on l'a parlé sans doute dans quelques villages isolés de Ploërmel et Dinan jusqu'à l'aube du XVIIIe siècle, cette langue semble pourtant toujours mystérieusement vivante, pas seulement dans sa permanence dans les noms de paroisses et villages, mais aussi dans les formes antiques qu'elle propose, issues des moyen- et haut-breton, soit de la langue brittonique primitive que l'on ne parle plus ni au Pays-de-Galles, ni dans la Basse-Bretagne actuelle. Les formes fossilisées semblent parfois plus vivantes que leurs descendantes...

 

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Menez-Sant-Mikael

par Andrev

publié dans Breizh , Bretagne

Deus geunioù Dol
Deus geunioù Dol

De la perte du Mont-Saint-Michel, sous Alain III de Bretagne.

"Après l'agression du roi de la mer viking Olaf sur Dol-de-Bretagne en 1014, le duc Richard II de Normandie profite de la situation et repousse vers 1027-1030 la frontière avec la Bretagne de la Sélune au Couesnon. Il avait pris le contrôle de l'abbaye du Mont-Saint-Michel dès 1009 et l'abbé Maynard II s'était replié à l'Abbaye Saint-Sauveur de Redon pour être remplacé par l'abbé Hildebert Ier, choisi par Richard II" (wikipedia Alain III)

Pourtant, quelque mystique - je crois qu'il s'agit de l'extatique Marie-Julie Jahenny - a vu l'Archange qui veillait sur la Bretagne depuis son Mont. Sûr que c'est vrai!

Aotroù Sant Mikael benniget,

diwar ho tron 'us d'ar stered

Ni ho ped Arc'hael dudius

Rei dimp ur sell trugarezuz!

(d'un cantique des Montagnes Noires)

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Un nom et une forme

par Andrev

publié dans Chine , inculturation , Europa

"Nous vous avons enlevés de vos demeures et vous avons parqués dans des dortoirs modernes, hygiéniques."

Un nom et une forme

L'histoire de la République de Chine débute avec la chûte de la dynastie Qing et la formation d'une république constitutionnelle en 1912.

1949. Le régime de Tchang Kaï-tchek tombe, avancées communistes foudroyantes et exode massif des Anglais vers Hong-Kong. C'est en ce lieu et en cette année qu'un ancien missionnaire parle de la Chine au docteur-écrivain Han Suyin, évoquant l'échec de l'Européanisme dans l'Empire du Milieu.

"Je suis un des rares qui ne soient ni ulcérés ni déroutés par ce qui se passe à l'heure actuelle. Comme pouvions-nous espérer autre chose de notre enseignement que ce qui arrive maintenant en Chine? Nous avons allié le Christ à l'émancipation des femmes, aux réformes sociales et à la construction des hôpitaux. Nous avons préparé le sol et arrosé les graines de cette formidable puissance qui va dominer la Chine et stupéfier le monde. Nous, les missionaires! Ni Marx, ni les Russes. C'est nous qui avons fait ça au moyen de nos écoles et universités missionnaires, de nos unions chrétiennes de jeunes gens et de jeunes filles. Puis le communisme est venu, il s'est emparé de la force et de la puissance que nous avions développées et leur a donné un nom et une forme, parce que, nous, nous n'avions plus rien à vous offrir.

"Nous avons donné à votre jeunesse chinoise l'habitude de se réunir en groupes, nous avons raillé et démoli votre tendance à vous enfermer en vous-mêmes et votre horreur des masses. Nous avons enlevé vos savants esthètes à leur versification et les avons forcés à consacrer leur plume et leur langue au bien de millions d'êtres, au lieu de les réserver aux délices de quelques-uns. Nous avons bâti de grandes universités au coeur ou à proximité de vos villes affairées, populeuses, grouillantes d'agitation et de colère. Nous vous avons enlevés de vos demeures et vous avons parqués dans des dortoires modernes, hygiéniques. Nous avons développé en vous un esprit de communauté, vous avons fait jouer à des jeux collectifs, vous détendre en chantant en choeur. Nous vous avons inculqué vos devoirs envers la patrie jusqu'à provoquer en vous un complexe de rédemption à l'égard de votre pays.

"L'éducation que nous vous avons procurée vous a coupés de vos vieilles traditions et a fait de votre esprit déraciné un sol fertile pour recevoir le plus imposant et le plus vague des humanismes qui consolent l'humanité. Nous vous avons enseigné quantité de termes abtraits, qui ne se trouvaient point dans votre langue: démocratie, liberté, égalité - sans nous inquiéter de découvrir ce qu'ils signifiaient pour vous... voire nous-mêmes. Nous vous avons parlé de l'éducation des masses et de l'abolition des injustices. Vos idées politiques ont beau être marxistes à présent, la ferveur et la foi qui vous ont poussés en avant sont enracinées dans notre christianisme social (...)

"Oui, nous vous avons parlé du Royaume de Dieu et vous vous efforcez, à votre tour, de le faire venir sur la terre. Vous nous avez démasqués avec notre façon de garder notre christianisme bien à l'abri et pour nous seuls, avec toute l'importance que les nations chrétiennes attachent à la richesse et au succès matériel, pendant que nous vous prêchons le trésor au Ciel. Vous nous avez démasqués de longue date!

- Que faites-vous, à part l'agriculture? lui demandai-je (...)

- Je m'efforce de découvrir ce que la parole de Dieu signifie pour moi. C'est quelque chose si grand! Or il me semble, pour l'heure, que le plus important c'est de m'instruire sur moi-même et non d'enseigner les autres. (...) Qu'allez-vous faire?

- Je vais aller en Chine exercer la médecine. Non parce que je suis communiste, mais parce que je suis chinoise.

traduction de "A Many-Splendoured Thing" (Multiple Splendeur), de Han Suyin, 1952

Un nom et une forme

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Quadragesima

par Andrev

Les Quatre-Temps sont, dans le calendrier liturgique catholique, un temps de jeûne au commencement de chacune des quatre saisons.

Dans chacune des quatre saisons de l'année, il y a une semaine dite des Quatre-Temps dont le mercredi, le vendredi et le samedi sont fixés comme jours de jeûne et pourvus d'un formulaire propre.

Ce cycle trimestriel lié aux saisons existe dans la liturgie romaine à côté du cycle annuel depuis la plus haute antiquité. Ainsi, le pape Léon le Grand a laissé une série de sermons pour les Quatre-Temps.

À la fin du Moyen Âge, les jours des Quatre-Temps étaient encore des fêtes d'obligation, mais au cours des siècles ils sont devenus moins courants dans la pratique chrétienne.

Le Cérémonial des évêques (Cæremoniale Episcoporum) de 1984 recommande de prier aux Quatre-Temps « pour les divers besoins des hommes, en particulier pour les fruits de la terre et les travaux des hommes » et laisse aux conférences épiscopales le soin de régler la manière de les célébrer.

Les semaines des Quatre-Temps sont fixées comme suit1:

  • Semaine qui suit le premier dimanche du Carême
  • Semaine de la Pentecôte
  • Semaine suivant l’Exaltation de la Sainte-Croix (14 septembre)
  • Semaine suivant le troisième dimanche de l’Avent
Le Combat de Carnaval et Carême, Pieter Brueghel l'Ancien (1559)

Le Combat de Carnaval et Carême, Pieter Brueghel l'Ancien (1559)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Quatre-Temps

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