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Gourelezh

par Andrev

 

Vous êtes le protecteur de votre famille, de votre clan, de votre nation, de votre culture. Vous êtes le gardien de votre femme et de vos enfants (mais aussi des plus âgés de votre clan), tant sur le plan physique que sur le plan moral, spirituel et matériel. Vous incarnez une forme de conservatisme protecteur, un havre de paix et de sécurité face aux errements du monde.

La virilité est la barrière qu’érige une société contre sa propre entropie, ses ennemis humains, les forces de la nature, le temps, et toutes les faiblesses humaines qui mettent en danger la vie du groupe. (David D. Gilmore)

Tel Enée, qui porte sur ses épaules son vieux père paralytique tout en guidant de la main son jeune fils Ascagne, le rôle de l’homme accompli est d’être un maillon dans la longue chaîne de l’Histoire. Il se sait fils d’un temps long, et père d’un temps plus long encore. Avoir des enfants est pour lui un devoir sacré, que ceux-ci soient issus de sa semence ou non : transmettre ses gènes, c’est à la portée du premier animal venu. Transmettre ses valeurs, ses attitudes, son histoire, et s’assurer qu’elles demeurent fermes dans les générations suivantes, c’est le fait d’un homme véritable.

La procréation implique également le choix d’une épouse convenable, d’une mère qui saura participer à la transmission de cet héritage et l’enrichir de ses singularités propres. Et cela non plus, ça n’est pas simple.

L’homme, enfin, a pour devoir de pourvoir aux besoins des siens. Il assure et assume l’existence matérielle de ses enfants et contribue à celle de ses parents si le besoin s’en fait sentir. Il construit, entreprend, défriche, cultive, met en valeur. Il fait se plier la matière aux besoins de son clan. Que ce soit par la chasse, par l’agriculture ou par le travail moderne, il nourrit et loge les siens. Il construit les murs qui les protègent et s’assure de la bonne tenue de la maison. Plus que tout, il est et demeure autonome : il ne dépend pas des autres matériellement, ce sont les autres qui dépendent de lui.

 

Un enfant qui  n'a pas de père ne peut pas se défendre dans la vie, car il peut être très instruit mais son quotient émotionnel aura été très entamé.

On le voit tous les jours dans les sociétés modernes, ces gens qui, très instruits par compensation, ne sont pas capables émotionnellement de se défendre, parce que dans leur vie affective, et dès le plus jeune âge, il s'est produit des fractures, autour desquelles ils n'ont pas développé cette force émotionnelle qui leur permettra d'être effectivement des hommes complets, c'est-à-dire pas seulement des hommes au QI élevé et aux larges épaules, mais surtout d'un quotient émotionnel assez fort pour tenir debout sans trop de souffrance et de trouble face à l'adversité.

La force émotionnelle émane directement du crédit que l'on aura reçu du père, de son amour, de sa bienveillance, de sa confiance, de sa chaleur, et déjà de la place qu'il saura tenir par rapport à son identité d'homme, d'humain sexué et reconnu en tant que tel.  Or, si l'identité masculine est mise à mal - notamment par une société déréglée en manque de repaires - la paternité ne peut s'exercer, se déployer et se transmettre: elle se trouve interdite dans sa nature même et dans son existence, puis dans la transmission naturelle de son essence et de ses attributs aux générations suivantes.

Est-ce l'égalitarisme qui bafoue l'autorité du père, et par là même occasion celle de la mère - mère naturelle ou mère spirituelle ? N'y a-t-il pas un nivellement des genres et des différences, qui produirait des enfants anémiés, sans identité et sans véritable force ? N'est-ce pas le couple homme-femme que l'on a banalisé, dénaturé, rendu même interchangeable ?

Et n'est-ce pas les fondements même du monde qui se trouvent ébranlés, quand le père manque, ou quand la femme se trompe de rôle ? Un équilibre cosmique avait été créé par Dieu, équilibre dont dépendait la gouvernance parfaite, puis altérée de l'homme et de la femme, unis ensemble, en toute complémentarité et toute sagesse. Que cette complémentarité soit remise en question, n'est-ce pas le plus grand désordre écologique qui s'en suit ?

L'homme, en tant qu'être humain sexué, a sans doute été mis à mal par les idéologies modernes, les guerres mondiales, et surtout l'éloignement progressif de la pensée par rapport à cette source de réalisme et de stabilité qu'était la vie chrétienne. Cet éloignement n'a pas produit seulement une dévaluation du couple homme-femme et de l'identité de chacun, mais il a aussi perverti, semble-t-il, l'ordre social, en particulier les Trois Ordres traditionnels de l'ancienne société occidentale, dont la légitimité n'est pas ici de notre propos. Or, serait-ce comme l'homme et la femme ? C'est-à-dire que si l'un des trois  vient à manquer, tout ne bascule-t-il pas dans le chaos ? De là, il serait tentant de reconnaître une analogie entre la noblesse et la paternité, comme entre l'Eglise et la maternité, le Tiers-Etat étant l'enfant du mariage des deux.

 

 

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