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Sant Garmon

par Andrev

Sant Garmon, iliz Plogastell-St-Jermen

Sant Garmon, iliz Plogastell-St-Jermen

Saint Germain d'Auxerre

Ne pas confondre avec saint Germain d'Autun, évêque de Paris

Il apporta une aide précieuse à la foi des Bretons îliens, menacée par l’hérésie pélagienne, et intervint courageusement auprès de l’empereur romain Valentinien III, à Ravenne, en faveur des Bretons d'Armorique qui ne purent contenir une révolte populaire contre l'Empire. Prédications quotidiennes au sein de l’armée Bretonne et de nombreux baptêmes de soldats.

Premier voyage de Saint Germain en Bretagne

Des nouvelles alarmantes parviennent aux évêques des Gaules en provenance de de l'ile de Bretagne : l’erreur pélagienne avait gagné les populations de ces contrées. Un concile fut réuni, qui décida d’envoyer ensemble Saint Germain d’Auxerre et Saint Loup de Troyes pour combattre cette hérésie et rétablir la foi orthodoxe.
Ils prirent la mer en 429. « Peu après accourt sur la mer, à leur rencontre, la foule des démons... » afin d’empêcher les deux saints d’arriver. L’épaisseur des ténèbres, la fureur du vent et le mugissement des vagues sont terribles. Saint Germain, réveillé par ses compagnons, invoque le Christ et invective l’océan, prend de l’huile bénite pour une aspersion au nom de la Sainte Trinité. La prière dite d’une seule voix par tous appelle la présence divine qui apaise bientôt les flots.
A leur arrivée une foule les attend. Prédication et miracles remplissent l’Ile de Bretagne. Leur réputation les précède. Ils convainquent. Une controverse publique est organisée avec les pélagiens, suivie avec passion par une foule innombrable où se comptent « même des femmes et des enfants »... Christ contre Pélage ! Les évêques opposent un langage vigoureux et inspiré aux «paroles creuses» des pélagiens. La foule manque d’en venir aux mains. La guérison d’une fillette aveugle finit par convaincre.
Pendant ce même séjour en Bretagne, Saint Germain se casse le pied et est contraint de s’allonger. Eclate un incendie dans le quartier où il est immobilisé, qu’on n’arrive pas à éteindre. Saint Germain renvoie les gens venus l’évacuer de la maison menacée. Et l’incendie épargne la maison, consumant toutes les autres autour.
Ces événements se mêlent aux invasions barbares de la même période : alors que Saint Germain et Saint Loup se trouvent en Bretagne, les Saxons et les Pictes commencent une guerre contre les Bretons qui implorent l’aide des deux évêques. Ce sont alors des prédications quotidiennes au sein de l’armée Bretonne et de nombreux baptêmes de soldats.
Pour la liturgie Pascale on « installe une église faite de branchages entrelacés ». L’ennemi informé de cette activité peu habituelle pour une armée en guerre, croit à l’aubaine et veut en profiter pour attaquer. Saint Germain s’improvise alors chef de guerre et organise la défense : placée à un endroit stratégique, toute l’armée va hurler un « Alléluia » trois fois répété, répercuté par l’écho des montagnes. L’ennemi saisi de panique est mis en déroute sans effusion de sang, par la seule force de la Foi.
A son retour de Bretagne, la cité gauloise d’Auxerre attend Saint Germain avec impatience. Un impôt extraordinaire accable ses habitants. Aussitôt rentré, il repart plaider la cause des Auxerrois auprès du préfet des Gaules, à Arles.
Il voyage à cheval, avec une escorte modeste. Une nuit il se fait voler son cheval. Le lendemain le voleur penaud ramène le cheval car, dit-il, pendant toute la nuit il s’était senti comme pris dans un filet. Il reçoit non seulement le pardon, mais on lui fait encore don de ce dont il a besoin, ainsi que d’une bénédiction.
Partout où il passe, la foule vient à la rencontre de Saint Germain, pour lui rendre hommage, demander sa bénédiction, le toucher, l’écouter, le regarder. Il guérit, il enseigne. A Alésia où il passe la nuit chez un prêtre ami, la femme de celui-ci glisse de la paille dans le lit de Saint Germain à son insu, qu’elle conserve ensuite pieusement.
Quelques jours plus tard un homme devient possédé d’un démon. Tous déplorent l’absence de Saint Germain qui avait continué sa route. La femme du prêtre se souvient alors de la puissance de la foi. On entoure le possédé avec la paille sur laquelle Saint Germain a dormi et le malade guérit définitivement.
Le préfet des Gaules accueille Saint Germain avec tous les honneurs, venant loin au-deva
nt de lui. Saint Germain guérit la femme du préfet. Son voyage est couronné de succès : il obtient un allégement des impôts pour Auxerre et partout où il passe, il apporte la joie.

Deuxième voyage de Saint Germain en Bretagne

Une quinzaine d’années après son premier voyage, l’erreur pélagienne se propage de nouveau en sur l’île de Bretagne. On demande à Saint Germain d’y retourner, accompagné cette fois par Saint Sévère (probablement évêque de Vence, en Provence). Elafus, personnage important de Bretagne, vient avec son fils infirme à la rencontre des saints hommes. Saint Germain, là encore, guérit la jambe malade de l’adolescent. L’hérésie, elle, n’est le fait que d’un petit nombre et les fautifs sont exilés sur le continent.

La Bretagne, depuis, gardera le vif et fidèle souvenir du saint qui se perpétuera de l'autre côté de la mer, où les Bretons s'installent de plus en plus nombreux, soit à l'extrémité occidentale du continent eurasien, là où la pointe armorique des Gaules plonge sa tête chevaline dans l'océan atlantique. Encore aujourd'hui, l'on peut voir de nombreux sanctuaires qui portent son nom ou du moins contiennent une sainte image de lui. Les Bretons l'appellent "Sant Garmon".

Iliz Pleiben, Kernev, Breizh-Vihan

Iliz Pleiben, Kernev, Breizh-Vihan

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