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Sant Paol-Aorelian

par Andrev

publié dans sent Breizh , Breizh , Bretagne

Sant Paol-Aorelian
Saint Pol était un Breton de Cornouailles (Cornwall brittanique) ou du Pays de Galles, mort un 12 mars, vers 575. La "vita" de saint Pol a été rédigée en 884 par un moine de Landévennec, en Bretagne armoricaine (qu'on appelait ''Britannia Minor" a l'epoque), appelé Wrmonoc. C'est l'un des rares écrits sur un saint celte brittanique avant le Moyen-Âge tardif.
Saint Pol était issu d'une famille de patriciens et cousin de saint Samson (28 juillet), son condisciple au monastère de saint Ildut (Pays de Galles), ou tous les deux furent envoyés encore enfants sous l’égide de saint Illtyd (6 novembre, ou Ildut). Pol serait né à Genychen dans l'est du Glamorgan en l'année 480 et son père Porphius était un officier de haute dignité. Saint Ildut envoya Pol d'abord a Ynys Bŷr (île de Caldy), puis au monastère de Llantwit avec aussi les saints David, Samson et Gweltaz (Gildas), ces deux derniers ayant plus tard aussi fondé des monastères en Petite-Bretagne (Dol, St-Gildas-de-Rhuys...) Ils apprenaient non seulement dans les livres mais aussi le travail manuel qui était prévu pour toute la communauté, et comprenait le gain de terres fertiles par l'endiguage du fleuve Severn.
Nous n'avons besoin d'aucune autre preuve de sa ferveur et de ses merveilleux progrès dans la vertu et tous les exercices d'une vie monastique, que le témoignage du saint abbé Ildut, mais aussi de longs siècles de dévotion que vouèrent a saint Pol les gens de Bretagne jusqu’à aujourd’hui, malgré les maladies, les guerres et les révolutions, tandis que le souvenir de saint Ildut resta grand lui aussi, ne serait-ce que par le nom d'anciennes paroisses qui brille encore dans les ténèbres de nos temps troublés, telles Pleurtuit, Lanildut, Ploerdut...
Enfant encore assez jeune, il partit ainsi s'établir un ermitage, où il a été rejoint par une douzaine d'autres jeunes hommes qui l'ont considéré comme leur dirigeant; et là-bas il a été ordonné prêtre par Saint Dyfrig. Sa sœur Sitafolia avait établi un couvent près de Penzance, probablement à Newlyn, et il s'est construit une église dans la paroisse qui porte son nom, où il y a deux anciennes Croix celtes, dont une dans le mur de l'église qui soutient la deuxième plus haute tour de Cornouailles. Une tradition rapporte que la communauté de sa sœur a été menacée par les empiétements au bord de la mer. Et ils ont marqué ensemble le tracé à marée basse avec des cailloux et à ses prières, les cailloux ont grandi en rochers, qui ont empêché une plus ample érosion de la terre.
Notre saint mit alors les voiles avec 12 compagnons, passant des Cornouailles en Armorique, sur l'île d'Ouessant à un endroit appelé depuis Porzpol, et a construit là-bas, dans un endroit toujours appelé Lampol, un monastère consistant en une petite église et treize huttes de gazon et de pierre. Il n'est pas resté longtemps sur l'île mais fondé un autre centre monastique sur le continent en l'actuel Lamboal-Gwitalmezev (Lampaul-Ploudalmezeau). La prière et la contemplation étaient ses seules activités, et du pain et de l'eau sa seule nourriture, sauf aux grandes fêtes, auquel cas il rajoutait à son pain quelques petits poissons.
Withur, le prince breton qui régnait depuis l’île de Batz et sur toute cette côte encore sous la domination franque, donna son ile et aussi la ville romaine ruinée d'Occismor, où Pol construira sa fondation principale, et qui est de nos jours connue comme Kastell-Paol (Saint-Pol-de-Léon). Le prince venait juste de terminer la retranscription d'une copie des Évangiles, quand saint Pol délivra l'île d'un dragon monstrueux, dont on voit la tanière encore aujourd'hui dans une anfractuosité des falaises. Saint Pol y plaça certains des moines fervents qui l'avaient accompagné du Pays de Galles et de Cornouailles. Il s'était entièrement revêtu de sa charge pastorale, et son assiduité à les accomplir n'avait d'égal que les appréhensions qu'il en éprouvait. Voila toute l'origine de Saint-Pol-de-Léon (Kastell-Paol, en breton), et de tant d'autres cités de l'actuelle Bretagne.
Withur, se rendant compte que le statut d'abbé qui était reconnu chez les Bretons îliens ne l'était pas chez les gens de Gaule, manœuvra pour obtenir la consécration épiscopale pour Pol auprès de Childebert, roi des Francs, en dépit des larmes de Pol pour le refuser. Et ainsi, saint Pol est devenu le premier diocésain de cette partie de Bretagne. L'une des principales paroisses de la cité épiscopale se nomma "Minic'hig-Leon", qui perdura au fil des siècles jusqu’à l’érection du diocèse révolutionnaire de "Quimper-Leon".
En 526, et fort avance en age, saint Paul démissionna de son siège en faveur de son neveu Joevin et se retira à Batz où il reçut la visite de Saint Brendan, le père-abbé de saint Malo. Mais 20 ans après, il dut pour quelque temps reprendre sa charge épiscopale et susciter un autre monastère, sis au Relecq. Il retourna dans la sainte solitude de Batz, pour s'y éteindre vers l'an 580, âgé de plus de 100 ans. Son corps est enchâssé dans la vieille Cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, où sa cloche est conservée. On peut voir son siège à Batz.
Pendant les invasions des Normands, ses reliques ont été emportées à l'abbaye de Fleury, ou à Saint-Benet sur la Loire, mais ont été perdues quand les Calvinistes ont pillé cette église. La "vita" incorpore quelques traditions de Gallois et d'origine celte, et il y a des traces considérables du saint dans le Pays de Galles, où, comme en Bretagne, il a parfois a été appelé Paulinus. L'église ancienne au village de Paul, près de Penzance, lui est dédiée . Dans l'ancien bréviaire de Léon, sa fête est au 10 octobre, peut-être le jour de la translation de ses reliques. Mais dans l'ancien bréviaire de Nantes, et la plupart des autres, il est honoré le 12 mars (Attwater, les Bénédictins, Husenbeth).
Ynys Bŷr (Caldey Island)

Ynys Bŷr (Caldey Island)

sources

Don Garaby

Attwater, D. (1983). The Penguin Dictionary of Saints, NY: Penguin Books.
Baring-Gould& Fisher, J. The Lives of the British Saints (4 volumes: Charles J Clarke, 1907)
Benedictine Monks of St. Augustine Abbey, Ramsgate. (1947). The Book of Saints. NY: Macmillan.
Benedictine Monks of St. Augustine Abbey, Ramsgate. (1966). The Book of Saints. NY: Thomas Y. Crowell.
Bowen, Paul. When We Were One: A Yearbook of the Saints of the British Isles Complied from Ancient Calendars.
Encyclopaedia of Catholic Saints, March. (1966). Philadelphia: Chilton Books.
Farmer, D. H. (1997). The Oxford Dictionary of Saints. Oxford: Oxford University Press.
Husenbeth, Rev. F. C., DD, VG (ed.). (1928). Butler's Lives of the Fathers, Martyrs, and Other Principal Saints. London: Virtue & Co.

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