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Santez Melani

par Andrev

Santez Melani

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Sainte Mélanie

"Toutes vertus et toutes ascèses sont vaines sans la charité. Le diable peut aisément imiter toutes nos vertus, il est vaincu seulement par l'humilité, et la charité"
Au moment où l'Eglise s'installait dans le monde, et où la ferveur des 3 premiers siècles Chrétiens diminuait, certaines dames de la haute noblesse de Rome, touchées par les récits de la vie pure des moines d'Egypte et par les conseils enflammés de Saint Jérôme, renoncèrent au monde du luxe et de la paresse pour embrasser la voie étroite qui mène au Royaume des Cieux. Sainte Mélanie la Jeune en faisait partie.
Née en 383, Valéria Mélania fut mariée de force à un de ses proches parents, Pinien, alors qu'elle avait à peine 14 ans. Sitôt mariée, elle proposa à son jeune époux de vivre comme frère et soeur; il refusa, proposant qu'ils aient d'abord des enfants avant de devenir ensuite religieux. Ils eurent d'abord une fille, qu'ils consacrèrent à Dieu. Tout vivant en apparence comme les autres riches, la jeune Mélanie commençait pourtant à mener en secret une vie d'ascète. En 403, elle mit prématurément au monde un fils qui mourut peu après, et elle n'échappa elle-même à la mort qu'après avoir fait jurer à son époux de ne pas retarder davantage son désir. Sa grand-mère, Mélanie l'Ancienne, était revenue d'Orient l'année précédente, après 37 ans d'absence, pour l'encourager dans sa résolution. Finalement, leur fille mourrut, ainsi que le père de Pinien, et les 2 époux quittèrent leur somptueuse demeure pour se retirer dans une de leurs propriétés des environs de Rome et se consacrer aux soins des voyageurs et au secours des malades et des prisonniers. Mélanie confectionna elle-même une grossière tunique pour Pinien, et, méditant l'exemple de Celui qui, de riche qu'Il était en Sa divinité, s'est fait pauvre et a assumé notre nature misérable afin de l'enrichir par Sa pauvreté (cfr 2 Cor. 8, 9 ), elle s'employa à distribuer son immense fortune; car Pinien et elle avaient vu en rêve qu'il leur faudrait franchir un mur élevé avant de passer par une porte étroite pour parvenir au Royaume des Cieux. Mais la tâche n'était pas facile : leurs propriétés s'étendaient dans tout l'empire, de la Bretagne à l'Afrique et de l'Espagne à l'Italie, leurs demeures étaient si splendides que seul l'empereur pouvait en être l'acquéreur. La distribution de telles richesses menaçait l'économie même de l'Etat, et certains de leurs parents, membres influents du Sénat, faisaient tout pour les empêcher. Toutefois, grâce à l'intervention de l'impératrice, Mélanie commença par libérer 8.000 de ses esclaves, en donnant à chacun 3 pièces d'or ; puis elle donna d'immenses fortunes pour fonder des églises et monastères un peu partout. Les Goths d'Alaric ayant pris Rome en 410 et semant partout la terreur en Italie, les 2 époux passèrent en Sicile avec 60 vierges et 30 moines, puis de là en Afrique du Nord, où ils achevèrent la liquidation de leurs biens en fondant des monastères et en portant secours aux victimes de l'invasion barbare.
"Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux, puis viens et suis-moi" (Matth. 19,21). Contrairement au jeune homme riche de l'Evangile, Mélanie se dépouilla avec joie de tout pour suivre le Seigneur, puis elle s'engagea dans la vie d'ascète. Âgée d'à peine 30 ans, l'amour de Dieu brûlait si fort en elle qu'elle se soumit à une discipline aussi sévère que celle des plus célèbres moines du désert d'Egypte. Après un entraînement progressif, elle passa toute sa vie dans le jeûne complet 5 jours par semaine, ne prenant un léger repas que le samedi et le dimanche. Elle trouvait tous ses délices dans la méditation de l'Ecriture, des vies des Saints et des oeuvres des Pères de l'Eglise, qu'elle lisait en latin et en grec. Après un bref repos de 2 heures, elle veillait en prière toutes les nuits et enseignait aux vierges qui l'avaient suivie à joindre la veille et l'attente ardente de l'Epoux à la chasteté. Elle consacrait ses journées à la charité et à la direction de ses disciples, et réservait ses nuits pour Dieu seul. Elle résista aux assauts du démon de la vaine gloire toute sa vie durant, elle cultivait envers tous un tel esprit de douceur qu'à la veille de sa mort elle pouvait dire qu'elle ne s'était jamais endormie avec une pensée de rancune.
Au bout de 7 ans en Afrique, elle partit pour un pèlerinage en Terre Sainte avec sa mère et son époux, devenu son frère spirituel, en s'arrêtant à Alexandrie pour rendre visite à Saint Cyrille. A Jérusalem, elle passait toutes ses journées dans la basilique de la Résurrection et, quand on fermait les portes au coucher du soleil, elle se rendait au Golgotha pour y passer la nuit. Après un nouveau voyage en Egypte, auprès des Saints solitaires des déserts de Nitrie, elle s'installa sur le Mont des Oliviers dans une petite cellule en planches, que sa mère avait faite construire en son absence. Elle y demeura pendant 14 ans (417-431). Chaque Carême, de la Théophanie à Pâques, elle s'y enfermait strictement, et n'y recevait que sa mère, Pinien et sa jeune cousine Paule, fille de Sainte Paule. Cette austère réclusion ne l'empêchait pas pour autant de porter son attention sur la vie de l'Eglise.
Elle nourrissait un zèle ardent pour la Foi Orthodoxe (qui signifie Catholique ndb) et, en suivant l'enseignement de Saint Jérôme, rencontré à Béthléem, et de Saint Augustin qui lui portait une grande admiration et lui avait dédié son ouvrage Sur la Grâce du Christ et le péché des origines (418), elle s'opposa avec force aux partisans de l'hérétique Pélage.
A la mort de sa mère, en 431, Mélanie sortit de sa réclusion et fonda sur le Mont des Oliviers un monastère, qui fut bientôt peuplé de 90 vierges, grâce à la diligence de Pinien. Dans son extrême humilité, la Sainte refusa d'en assurer la direction ; elle nomma une autre supérieure et se contenta de leur donner un enseignement spirituel, tant par ses paroles que par l'exemple de sa conduite. Comme le Seigneur, elle se faisait la servante de toutes, venait soulager en secret les soeurs malades et prenait sur elle les besognes les plus répugnantes. Elle leur enseignait à sanctifier leur âme et leur corps, leur recommandait sans relâche de lutter contre elles-mêmes comme le recommandait le Seigneur (Matth. 11,12 ) pour renoncer à leur volonté propre et fonder le temple spirituel des vertus sur l'obéissance. En prenant des exemples dans la vie des Pères, elle les encourageait à la persévérance dans le combat spirituel, à la vigilance contre les pièges du malin, au zèle et à la concentration de l'intelligence dans la prière nocturne, et surtout à la charité. "Toutes vertus et toutes ascèses sont vaines sans la charité, disait-elle. Le diable peut aisément imiter toutes nos vertus, il est vaincu seulement par l'humilité, et la charité". Son frère spirituel Pinien mourut à son tour en 432. Elle le fit ensevelir auprès d'Albine, et demeura là pendant 4 ans, dans une petite cellule, complètement isolée du monde; puis elle chargea son disciple et biographe, le Père Gérontios, d'y fonder un monastère d'hommes, dont elle devint la mère spirituelle - cas exceptionnel dans l'histoire de l'Eglise, si on excepte les Eglises Celtes en Belgique (sainte Gertrude de Nivelles), Irlande (Sainte Brigitte), etc. Vers la fin de 436, elle se rendit à Constantinople à la demande de son oncle Volusien, qui était resté païen. En arrivant, elle le trouva gravement malade et réussit, avec l'aide du Saint Patriarche Proclus à le décider de recevoir le Saint Baptême avant de mourir. Là, elle lutta pour le dogme Orthodoxe, contre les hérésies de Nestorius, puis retourna à Jérusalem. L'année suivante, l'impératrice Eudocie vint en pèlerinage en Terre Sainte sur les conseils de Sainte Mélanie, qui était sa mère spirituelle.
Dieu accordait sans retard à Sa servante les guérisons qu'elle lui demandait.
Tombée malade en fêtant la Nativité à Bethléem (439), elle rassembla ses religieuses dès son retour à Jérusalem pour leur donner son testament spirituel. Elle les assura qu'elle serait toujours invisiblement présente parmi elles, à condition qu'elles restent fidèles à ses conseils et qu'elles gardent avec crainte de Dieu leurs lampes allumées, telles des vierges sages (Mat. 25:1-13), dans l'attente de la venue du Seigneur. Au bout de 6 jours de maladie, elle donna ses derniers conseils aux moines et désigna Gérontios comme supérieur et père spirituel des 2 monastères, puis elle s'endormit paisiblement en disant : «Comme il a plut au Seigneur, voilà ce qui est advenu». Des moines venus des monastères, des déserts et de toutes les extrémités de la Palestine célébrèrent une Vigile de toute la nuit et, au moment de l'ensevelir, au petit matin, les uns et les autres la recouvrirent de vêtements, ceintures, cuculles et de maints autres objets qu'ils avaient reçus en bénédiction de la part de saints personnages. Le monastère de Sainte Mélanie fut détruit en 614, lors de l'invasion perse, mais on vénère encore sa grotte au Mont des Oliviers.

Source :
"Vie de sainte Mélanie", par le père Gérontios, Collection Sources Chrétiennes n°90, éditions du Cerf, 1962, texte grec, introduction, traduction et notes par le Dr. Denys Gorce, docteur ès lettres, 316 pages, 30 euros, ISBN : 2204039128

"Biographie importante pour l'histoire de la civilisation, ce texte n'a pas son pareil dans toute l'antiquité chrétienne : vivant et pitoresque comme le «Pèlerinage d'Éthérie», il est encore plus riche en détails de toutes sortes sur son époque : les milieux sociaux, les cours impériales d'Occident et d'Orient, le Sénat de Rome, la liturgie des églises et des monastères, les pèlerinages, les pratiques de l'ascétisme et en particulier jeûne et pauvreté. Mélanie la Jeune pratiquait une charité multiforme, que permettait une fortune colossale et qui prend les dimensions d'une assistance publique...
Mélanie appartenait à la grande aristocratie de l'Empire d'Occident. Elle naît à Rome et meurt à Jérusalem ; elle séjourne en Sicile, à Thagaste, à Alexandrie, en Palestine, à Constantinople. Une partie de sa vie se passe à la liquidation des immenses domaines qu'elle possède en Bretagne, en Espagne, en Italie, en Afrique. On ne peut parler d'elle sans évoquer presque tous ceux qui, à cette époque, ont laissé un nom dans l'histoire : empereurs, hauts fonctionnaires, et surtout S. Jérôme, S. Augustin, S. Cyrille d'Alexandrie, Rufin, Pallade, etc.
Sa vie a été écrite par un témoin qui l'a bien connue puisqu'il l'accompagna pendant plusieurs années : le prêtre G
érontius."

http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?N_LIV_CERF=810

http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-26295715.html

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