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Ar Buritaned

par Andrev

Ar Buritaned

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Les puritains derrière les mythes

 
Les puritains furent appelés ainsi dans une controverse sur le vêtement de cérémonie aux alentours de 1560 où l'on moqua leur volonté de « purifier » les vêtements liturgiques. Ils n'utilisaient cependant pas ce terme pour s'identifier eux-mêmes.
La rupture du roi Henri VIII d'avec l'Eglise catholique n'avait rien de doctrinale, mais elle fut une brêche où s'engouffra le protestantisme. L'archevêque de Cantorbéry, Thomas Cranmer, publia le premier Book of Common Prayer (Livre de prière commune) en décembre 1549, pour formaliser l'adaptation anglaise de la Réforme continentale : l'église primitive des premiers temps est prise comme modèle, l'accent est mis sur l'accessibilité des Écritures en langue anglaise, la communion pour tous par le pain et le vin.
Le puritanisme semble avoir alors surgi du mécontentement causé par le Elizabethan Religious Settlement de 1559. Au contraire des mouvements protestants continentaux, la Réforme anglicane maintenait en effet l'Église sous le contrôle de la monarchie par l'intermédiaire d'une hiérarchie épiscopale, tout en laissant intactes beaucoup de pratiques catholiques, deux points inacceptables aux yeux des puritains. D'autre part, ils refusèrent d'appliquer entièrement les directives et formules rituelles du Book of Common Prayer.
Galerie de théologiens puritains célèbres du XVIIe siècle : Thomas Gouge, William Bridge, Thomas Manton, John Flavel, Richard Sibbes, Stephen Charnock, William Bates (théologien), John Owen, John Howe (théologien), Richard Baxter.
Nombre de puritains recherchèrent en vain l'appui du Parlement pour tenter d'instituer une forme de gouvernement de l'Église d'Angleterre proche du presbytérianisme. Après le "no bishop, no king" de Jacques I, les persécutions commencèrent: vus comme des fauteurs de trouble mettant en péril l'unité de la monarchie et de l'Église, certains d'entre eux encoururent de lourdes peines d'emprisonnement, accompagnées de la confiscation des biens et de châtiments corporels : notamment, on marquait au fer rouge le front des condamnés de la mention « S. S. » (sower of sedition - graine de sédition).
L'exil des puritains vers l'Europe se poursuivait, les premiers mouvements d'émigration vers l'Amérique commencèrent en 1630 (voir l'épopée du Mayflower), où il fondèrent la colonie de la baie du Massachusetts, mais les idées puritaines continuaient à gagner du terrain en Angleterre. Cromwell favorisa largement le mouvement puritain, ainsi que le poète John Milton.
Différentes tendances puritaines apparurent, parmi lesquelles seul le groupe des quakers connut une prospérité durable.
 
Des historiens, comme le Dr. Harry S. Stout de l'université de Yale, se sont intéressés aux puritains américains derrière les mythes forgés pendant la prohibition (1919-1933) par ses opposants. Le puritanisme n'est pas l'antonyme de l'hédonisme. Les puritains aimaient les couleurs vives, leurs vêtements et leurs maisons sont colorées: c'est le cinéma et la presse qui ont propagé l'idée qu'ils s'habillaient en noir. Ils n'étaient pas prudes: le sexe au sein du mariage était encouragé et n'était pas condamné. Ils n'étaient pas sobres: on buvait du vin, de la bière, du cidre, du rhum et l'eau douce était souvent impropre à la consommation. Ils aimaient la poésie (Anne Bradstreet ou Edward Taylor) et n'étaient pas plus opposés aux fêtes et aux jeux.
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