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Sant Efflam

par Andrev

Sant Efflam

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Sant Efflam

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Efflam était fils unique d'un roi d'Irlande; il est né en 448.

Circonstances : Son père soutient une guerre opiniâtre contre un souverain saxon de l'Heptarchie1. Voilà près de 15 ans que Maewyn Succat, saint Patrick, évangélise l'Irlande. L'ile de Bretagne est en but avec les Saxons. Le futur roi Arthur nait peu après Efflam. Relations étroites et chaleureuses entre les Eglises d'Irlande et de Bretagne. La « Petite-Bretagne » est en plein essor en Armorique. Saint Brieuc est l'élève de saint Germain, en Gaule, puis retourne sur l'ile.

Les Saxons font enfin la paix avec les Irlandais, et le père d'Efflam marie son fils à une princesse saxonne, Enora. Mais Efflam était attiré par la vie érémitique, suivant l'exemple de pieux cénobites de son pays. Efflam veut faire aussi plaisir à son père et épouse Enora, mais « se décida à fuir avec ses amis dévoués, s'il ne pouvait déterminer son épouse à garder la virginité. Il fit préparer un vaisseau, pour s'en servir au besoin. La pieuse Enora consentit à garder la continence ; ce qui enhardit son époux à découvrir son dessein de quitter la cour. La princesse en parut affligée ; mais Efflam la voyant bientôt assoupie, courut au navire »2.

Avec ses compagnons, il joignit l'Armorique, à Roc'h Glas (entre Plestin et Saint-Michel), quand « un dragon sortit de la forêt voisine et vint à reculons vers une caverne située au pied du rocher. D'après la chronique, ce monstre désolait la contrée, et personne n'avait osé l'attaquer. » Dom Garaby nous apprend encore que le roi Artur, qui régnait alors sur les deux Bretagne – bien que les Saxons aient envahi l'est de l'ile – vint au secours de son cousin Efflam : « Pendant ce combat, le prince irlandais et ses compagnons priaient pour leur vaillant défenseur. Artur enfin extermina le cruel animal. Le vainqueur se sentant très altéré, Efflam fit une fervente oraison et le signe de la croix, frappa de son bourdon un rocher voisin ; il en jaillit soudain une fontaine limpide, où le héros étancha sa soif. Cette source miraculeuse se voit à Toul-Efflam, à l'extrémité occidentale de la lieue de grève (…)

« Efflam, en mémoire de sa délivrance, planta une croix de pierre sur le lieu du combat, fonda un ermitage près de la fontaine et s'y fixa avec ses disciples. Il ne prenaient pas de nourriture le lundi, le mercredi et le vendredi, tant ils estimaient la mortification. »

Alors, Enora fit aussi la traversée de la mer, dans « un de ces légers bateaux de claies d'osier, couverts de cuirs cousus, dont les Celtes faisaient usage ». Elle débarqua à Koz-Yeoded, là où quelque 400 ans plus tôt vint de l'ile de Bretagne une une communauté chrétienne d'Hébreux et de Bretons dirigés par Drennalus, disciple de saint Joseph d'Arimathie. Albert le Grand nous conte comment Drennalus aborda d'abord « à Morlaix, vers l'an 72, en convertit les habitants et alla bientôt planter la croix à Léxobie où il établit son siège », c'est à dire au Coz-Yaudet, là où vint elle-même Enora, l'épouse d'Efflamm. « Ayant appris qu'Efflam était à deux lieues de là, elle s'y rendit, poursuivie par le jeune gouverneur de Lexobie, qui voulait la corrompre ; mais, touché d'un prodige qu'Efflam fit en sa faveur, il se convertit et donna au saint et à ses compagnons le terrain qu'ils occupaient, et tout ce qui leur serait nécessaire dans ses domaines.

« Efflam construisit pour Enora une cellule à quelque distance de sa retraite. Elle y vécut quelques années comme un ange, sans regarder aucun homme en face, et n'ayant avec son mari qu'un commerce spirituel ; puis elle alla finir sa vie dans le monastère de Lanninok, près de Lorient »

Efflam mourut en 512. Son tombeau fut retrouvé par un pieux ermite qui entretenait, en 994, qui  balayait et ornait par dévotion la grotte où Efflam priait. Toutes les fois qu'il balayait le sanctuaire, des gouttes de sang suintaient à travers des dalles. Informé de ce prodige, l'évêque ordonna des prières publiques et fit creuser à l'endroit d'où sortaient ces gouttes de sang. Les fouilles firent découvrir, à une très petite profondeur, un cercueil et des inscriptions indiquant que le corps qui y était renfermé était celui de saint Efflam, mort le 6 novembre 512, et enseveli par ses religieux dans cet endroit retiré. Le transfert des restes mortels d'Efflam dans l'église paroissiale de Plestin fut alors effectué par l'évêque de Tréguier, le 6 novembre de l'an 999, dit-on, avec une pompe digne d'un saint et d'un fils de roi. Le tombeau date de 1550 où il y est présenté en seigneur avec sceptre et couronne.


 

1Heptarchie, du grec hepta = sept, et arkhè = puissance, nom sous lequel on désigne les sept royaumes fondés en Bretagne par les Angles, les Saxons et les Jutes, du milieu du Ve siècle de J. C. à la fin du VIe. Ces royaumes étaient ceux de Kent, de Sussex, de Wessex, d'Essex, d'Est-Anglie, de Mercie et de Northumbrie, comprenant ceux de Déirie et de Bernicie. De ces petits royaumes, réunis d'abord par Egbert, au commencement du IXe siècle, sous la suprématie du royaume de Wessex, Athelstan forma en 958 le royaume d'Angleterre.

2Dom Garaby

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