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Gouriz ar Werc'hez

par Andrev

publié dans Breizh , Bretagne , Feiz , Foi

La ceinture de la Vierge à Quintin

 

 

"Au commencement du Vème siècle, le culte des Reliques de la Sainte Vierge apparaît avec éclat dans l'Eglise, comme une pratique consacrée par la Tradition. Entre tous les objets qui avaient appartenu à la mère de Dieu, le piété populaire semble distinguer ses Ceintures. Quelques-unes ont passé de Jérusalem à Constantinople, et plus tard en Occident, où les plus illustres sanctuaires se sont fait gloire d'en posséder les moindres morceaux : Aix-la-Chapelle, Bruges, Le Puy-Notre-Dame... Quoi qu'il en soit, Henri d'Avaugour, comte de Goëllo, et son frère Geoffroy Boterel, seigneur de Quintin, prirent la croix et partirent ensemble pour la Terre Sainte, sous la conduite du roi Saint Louis (1248). Croisade malheureuse ! Les deux frères n’échappèrent à la mort que par une protection particulière de Saint François d'Assise. Serré de près par les Sarrasins, Henri d'Avaugour fit le voeu de fonder un couvent de Frères mineurs dans son palais de Dinan et de s'y consacrer lui-même au service de Dieu, s'il revenait sain et sauf : ce qu'il réalisa en 1251 ; et vers 1278, il embrassa la règle franciscaine. Quand Geoffroy Boterel reprit la route de l'Occident, il rapportait avec lui une Ceinture de Marie comme récompense de ses services. Il la tenait sans doute du Patriarche de Jérusalem, Robert de Saintonge qui, ancien évêque de Nantes, compagnon d'Henri d'Avaugour dans une précédente croisade et persécuté comme lui par le Duc de Bretagne Pierre Mauclerc, ne pouvait manquer d'être libéral des richesses de son église en faveur d’un chevalier breton de ses amis. De retour dans son pays, Geoffroy Boterel déposa son précieux trésor dans la chapelle de son château de Quintin. Cette origine était attestée par des actes authentiques conservés, jusqu'à l'incendie de 1600, dans le trésor de la Collégiale de Quintin. Ajoutons que le pieux croisé, éclairé sur les vanités du monde, se retira dans le couvent des Cordeliers de Dinan, fondé par son frère. Quelques années plus tard, ils y furent inhumés. L'arrivée de la Ceinture de la Vierge à Quintin n’avait pu manquer d'être un événement, dans un siècle où la foi était si vivante. Elle fut déposée d’abord dans la modeste chapelle du château. Mais vers la fin du XIVème siècle, le dernier des Boterel, Geoffroy V et sa femme Béatrix de Thouars construisirent une église plus vaste près de leur château. En 1405, une bulle du pape Benoît XIII transforma en Collégiale l'église castrale. Elle fut ensuite agrandie, remaniée, sans grand souci d'unité : elle subsista jusqu'en 1879. Elle fut desservie d'abord par un collège de cinq chapelains et plus tard par un chapitre de douze chanoines, aidés de six enfants de choeur. C'est dans ce cadre que se développa spontanément la dévotion à Notre Dame de Délivrance. Les femmes enceintes prirent l'habitude de demander à cette précieuse Relique une protection contre les périls de la maternité. Des grâces nombreuses encouragèrent cette dévotion et la renommée de la sainte Ceinture se répandit dans toute la Bretagne. Des pèlerins de marques tinrent à la vénérer à l'égal des mamans. Au XIIIème siècle, le grand saint breton Saint Yves, avec un groupe de ses paroissiens de Louannec, vint s'agenouiller dans la modeste chapelle dont G. Boterel avait fait comme le reliquaire de la Ceinture de Marie. Plus tard on construisit, en souvenir de ce pèlerinage, une chapelle près de la rue des Degrés, qui existe toujours. En 1418, le grand saint catalan, Saint Vincent Ferrier s’arrêta à Quintin, évangélisa le peuple et vénéra la Relique de la Vierge. Un vitrail dans l'abside rappelle ce passage. On sait que la bienheureuse Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne, sollicita de Tristan du Périer, comte de Quintin, et du Chapitre de Notre-Dame, une petite portion de cette relique vénérée. Elle fut exaucée vers 1451 (F. Potier)."

 

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