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Charles de Gaulle et l'Irlande

par Andrev

publié dans Breizh , Bretagne , Brezhoneg

 

« Dans l'intérêt de sa véritable indépendance, mieux vaudrait pour l'Irlande parler le gaélique sous le joug saxon que de subir la langue anglaise avec une liberté politique complète. »

Charles de Gaulle - 1864

 

 

« A great poet adds to the wealth of a fine idiom, but who shall say how much that idiom suggests to genius ? » Julia Kavanagh : Conquered langages. Modern provençal (Hibernian Magazine – oct 1860)

« Un grand poète ajoute à la richesse d'une langue, mais qui pourrait dire jusqu'à quel point la langue peut inspirer le poète ? » Qui pourrait dire combien d'oeuvres originales, capables d'enrichir le trésor commun de l'humanité, ont été étouffées sous l'agonie des langues destinées à leur servir d'expression ?

« La langue d'un peuple est le produit spontané de son esprit. Elle varie dans la même mesure que le peuple varia lui-même ; elle est, à chaque point du temps, la résultante mobile de ses facultés natives, de ses vicissitudes passées, de ses dispositions présentes. Une langue résume un peuple tout entier, elle est ce qui lui appartient le plus en propre. C'est un moule qui reçoit l'empreinte du caractère distinctif d'une nation, et qui, à son tour, imprime peu à peu ce caractère aux esprits qui y enferment habituellement leurs pensées. Aussi est-ce un spectacle singulier et triste que de voir les Irlandais accuser et maudire l'Angleterre presque toujours dans la langue de l'Angleterre même. C'est à un instrument crée par le génie saxon qu'ils essayent de faire dire les louanges du génie celtique. Qu'ils y prennent garde ! On ne saurait ainsi se mettre impunément en communion de tous les instants avec ce qu'il y a de plus vivant dans l'âme d'une race étrangère. On ne coule pas impunément ses pensées dans un moule pris sur une pensée ennemie.

« Tant qu'un peuple vaincu parle une autre langue que son vainqueur, la meilleure part de lui-même est libre encore. Sa vie nationale garde un inexpugnable asile et l'esprit étranger reste sans action sur lui. Son corps peut être enchaîné, mais son intelligence et son âme échappent à la servitude. Si, au contraire, il a adopté la langue de l'envahisseur, il est conquis moralement et peu importe que la conquête matérielle suive ou non l'autre de près. Je ne craindrai pas de le dire : dans l'intérêt de sa véritable indépendance, mieux vaudrait pour l'Irlande parler le gaélique sous le joug saxon que de subir la langue anglaise avec une liberté politique complète. »

Revue de Bretagne & de Vendée – Les Celtes aux XIXe siècle – Appel aux Représentants actuels de la race celtique – Charles de Gaulle – Nantes 1864

Charles de Gaulle et l'Irlande
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