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Yezh ha istor

par G.G.M.

publié dans Brezhoneg

Pour rentrer dans la Vie, il faut d'abord s'aimer soi-même, aimer sa famille et son pays. Aimer son pays, c'est déjà s'aimer soi-même, et vice versa. Aimer son pays, c'est aussi aimer sa langue. Et pour aimer sa langue, il faut la connaître. Pour la connaître, il faut étudier son histoire, quitte à reprendre des éléments de son passé et les réactualiser dans sa vie, quand, dans le présent, manquent ces éléments. Et si on n'aime pas sa langue, il faut se libérer de cette malédiction. Car aimer sa langue, c'est s'aimer soi-même.

Evit mont tre e-barzh ar Vuhez, dav eo en em garout eñ e-unan, ha karout e goskor hag e vro. Hag en em garout eñ e-unan endeo ez eo karout e vro, ha an eil a dalv evit egile. Ha karout e vro ez eo karout e yezh ivez. Hag evit karout e yezh, dav eo hec'h anavezout. Evit hec'h anavezout, dav eo anavezout he istor, ha kemer endro zoken elfennoù anezhi evit o buheziñ er vuhez a-vremañ, ma c'hoarvezh e vankont evit bevañ bremañ. Ha ma ne garer ket e yezh, dav eo en em zieubiñ diouzh ar mallozh-se. Rak en em garout eñ e-unan ez eo karout e yezh.

Langue

et histoire

+ Le breton est issu des langues dites "indo-européennes"

Comme les Germains, les Latins, les Grecs, les Slaves, les Perses et les habitants du Nord de l’Inde, les Celtes parlaient une langue dérivée d’une langue commune plus ancienne appelée « indo-européen » du fait de son extension géographique. Le sanscrit en représente sans doute actuellement l’image la plus proche.

+ Le breton est une langue celtique

Une population indo-européenne, vraisemblablement établie dans le territoire situé entre le Rhin, le Danube et le Main, s’est distinguée il y a quelque 3000 ans par son activité économique et par son art. Ce peuple a été nommé Keltae par les Grecs et Galli par les Romains. Il a occupé ensuite tout le nord de l’Europe, et s’est mêlé aux populations locales. C’est de ce mélange que sont issus les peuples que nous désignons aujourd’hui sous le nom de peuples celtiques. Ils ont apporté leur civilisation et leur langue, que nous désignons « vieux celtique », à une grande partie de l’Europe, depuis l’Irlande jusqu’à l’extrémité de la péninsule ibérique et à la Mer Noire (Galates).

Ce monde celtique va se résorber sous la pression des Germains au nord et des Latins au sud. La langue celtique continentale ne va cesser de reculer pour finir par s’éteindre dans les vallées de l’Helvétie aux environs de l’an 1000 de notre ère. Cependant, elle reste bien vivante dans les Îles Britanniques, où vivent deux peuples celtes, les Brittons et les Gaëls, parlant des dialectes celtiques différents. Du gaélique seront issus l’irlandais, le gaélique d’Ecosse et le mannois. Le brittonique donnera le breton, le cornique et le gallois.

Du Vème au VIIème siècle, des Brittons de l’île de Bretagne, sous le mandat de Rome pour contenir les invasions barbares, ou plus tard eux-même repoussés par les envahisseurs anglo-saxons, émigrent en masse vers la péninsule armoricaine. Les premiers souverains en sont Conan-Meriadec, Riwall, Gradlon, Samson…

+ On distingue généralement dans l’Histoire de la Langue Bretonne trois grandes étapes :

- Le breton des rois

Avant l’an 1000, c’est l’époque du Vieux Breton, le breton de Nominoe, tel qu’il s’est constitué peu à peu après l’établissement des Bretons émigrés et leur fusion avec les Celtes armoricains dans la péninsule.

Au IXème siècle, la dynastie de Nominoë marque l’apogée de la nation bretonne et l’extrême avancée de sa langue. Le breton progresse à l’est, entreprend la conquête des pays de Rennes et de Nantes. Vers 1050, il se trouve dans sa phase d’expansion maximale, on le parle jusque dans la baie du Mont-Saint-Michel et dans la région de Saint-Nazaire.

Il est encore tout proche du Breton des Iles, surtout du Cornique mais aussi du Gallois : langue presque purement celtique si l’on fait abstraction de quelques emprunts latins anciens, parfaitement assimilés, vestiges de l’occupation romaine en Grande-Bretagne. Elle exprime la réalité de l’État Breton, Royaume indépendant et purement celtique, même s’il renferme encore dans ses frontières des régions où les populations déceltisées parlent encore des dialectes romans issus du latin en décomposition. Le breton est la langue de la majorité de la population et des classes dirigeantes, langue de culture et langue juridique comme le Gallois de Hywell Dda, langue des forces vives de la nation.

La toponymie et les patronymes voient le jour.

- Le breton des ducs

C’est le Moyen Breton, de l’an 1000 au XVIIème siècle. Il est né après la grande invasion normande qui a retourné et labouré le pays.

Les invasions normandes mettent à mal l’unité bretonne. La langue bretonne est abandonnée comme langue officielle par le duché de Bretagne dès le Haut Moyen-Âge, au profit du français. Le breton recule peu à peu vers l’ouest.

Les classes dirigeantes, nobles et moines, qui ont dû fuir le pays reviennent après trente ans d’exil, sérieusement francisées.

La Bretagne reste certes un état souverain, distinct de la France et de l’Angleterre mais sa langue officielle, celle de la Cour et de l’Administration, puis peu à peu de l’ensemble de la bourgeoisie, devient le français.

Cependant, le breton se maintient parallèlement, toujours parlé par le peuple, la noblesse rurale et les petites villes et reste une langue littéraire, mais il va amorcer une évolution assez analogue à celle de l’anglais au cours de la même période.

Quoique sa syntaxe reste très celtique, il va subir fortement l’influence du français, surtout dans son vocabulaire et aussi dans son orthographe.

Si le breton était devenu la langue officielle du Duché à cette époque, il est probable qu’il aurait conservé cette forme hybride de langue celto-romane comme l’anglais est devenu une langue germano-romane est non plus purement germanique. Cette forme de breton correspond à la période ducale mais s’est perpétuée également après la perte de l’Indépendance et la disparition de notre État dont une partie des structures se maintiennent cependant pendant le période d’autonomie qui ne s’achèvera qu’avec la Révolution Française, alors que les classes dirigeantes continuent à abandonner leur langue pour passer au français. Il faut bien faire remarquer que le Moyen Breton est une langue littéraire et une langue unifiée, pas une langue populaire. Les dialectes existent, bien sûr, mais n’ont pas d’expression écrite.

- Le breton moderne

C’est au milieu du XVIIème siècle, exactement en 1659, qu’une révolution se produit avec l’adoption par le Père Maunoir d’une nouvelle orthographe plus proche de la langue parlée et qui marque pour la première fois les mutations consonantiques, rompant également avec la tradition littéraire ancienne, notamment avec le système prosodique celtique d’allitérations et de rimes internes analogue aux systèmes employés au Pays de Galles (et aussi en Irlande) et dont les racines plongeaient dans le plus lointain passé avant la division de l’ancien Britonnique en langues distinctes. Le breton va devenir alors une langue purement populaire.

La conséquence de l’adoption de ce système va être la rupture de l’unité de la langue, chacun ayant tendance désormais à écrire de la façon dont on parle dans sa région. C’est ainsi qu’on aboutit à une littérature dialectale d’expression léonarde, trégorroise, cornouaillaise et surtout vannetaise.

Cependant, ce retour aux sources vives de la langue parlée, restée souvent beaucoup plus celtique dans sa structure et aussi dans son vocabulaire que le Moyen Breton écrit, est aussi un bain de jouvence…

source :

http://www.skolober.com/istorG.htm

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+ Ar brezhoneg a zo ur yezh "indo-europeanek"

Kelted an amzerioù kozh a implije ur yezh merc'h d'ur yezh all anvet indezeuropek, tost-tre ouzh yezhoù ar C'hermaned, al Latined, ar C'hresianed, ar Slaved, ar Bersianed hag annezidi Norzh Bro Indez. Ar Sanskrit a zo ar yezh bev tostañ ouzh an indo-europeanek.

+ Ar brezhoneg a zo ur yezh keltiek

3000 vloaz zo e krogas ur bobl indezeuropek, staliet etre ar Renos, an Donao hag ar Main, da greskiñ ha da vezañ anavezet a-drugarez d'hec'h arz ha d'he c'hoñvers. Keltae eo bet anvet gant ar C'hesianed ha Galli gant al Latined. Da c'houde e reas hec'h annez war norzh Europa a-bezh hag en em veskas gant ar pobloù henvroat. Ar pobloù keltiek a-hiziv a zeu eus ar mesk-se. Treuzkaset o deus o sevenadur hag o yezh, anvet « keltieg kozh » ganeomp, d'ul lodenn vras eus pobloù Europa, adalek Bro-Iwerzhon betek penn Bro-Spagn ha betek ar Mor Du.

Gant pouez ar C’hermaned en norzh hag hini al Latined er su e souzas tamm-ha-tamm ar bobl geltiek. War ar c’hevandir e yeas ar yezh keltiek war-gil hag e varvas e Bro-Helvetia er bloavezh 1000 war-dro. Koulskoude e chomas bev da vat e Breizh-Veur, e-lec’h ma veve div bobl keltiek, a gomze yezhoù keltiek disheñvel, ar predeneg hag ar gouezeleg. Diwar ar gouezeleg e teu an iwerzhoneg, gouezeleg Bro-Skos hag ar manaeg ; diwar ar predeneg e teu ar brezhoneg, ar c'herneveureg hag ar c’hembraeg.

Etre ar Vvet hag ar VIIvet kantved, e teuas Bretoned d’en em staliañ en Aremorika, e ”Breizh-Vihan”, da gentañ evel merourion ar Pax Romana, ha diwezhatoc’h bourchaset gant ar Saozon. An tierned anezho a voe Konan-Meriadeg, Riwal, Gradlon, Samzun…

+ Teir lodenn disheñvel a zo e-barzh istor ar brezhoneg :

- Brezhoneg ar Rouaned

A-raok ar bloavezh 1000 e veze komzet henvrezhoneg, brezhoneg Nominoe, ur mesk etre ar yezh komzet gant Bretoned Enez-Veur hag hini Kelted an Arvorig.

D’ar mare-mañ eo, war-dro ar bloaz 1050, e vez komzet brezhoneg ar pellañ war-zu ar reter, betek Bro Roazhon ha Bro Naoned, betek bae Menez-Mikael-ar-Mor ha Bro Sant Nazer.

Heñvel-tre eo c’hoazh ouzh ar brezhoneg implijet war an inizi, dreist-holl ouzh ar c’herneveureg met ivez ouzh ar c’hembraeg : yezh keltiek en he fezh, gant nebeut-tre a gerioù a orin latin, deuet war-lerc’h aloubidigezh ar Romaned e Breizh-Veur. A-drugarez d’ar yezh e vez gwelet ez eus ur Vro Vreizh evit mat, ur rouantelezh dizalc’h ha keltiek penn-da-benn, memes ma vez gwelet el lec’hioù zo pobloù oc’h implijout yezhoù romanek o tont eus al latin a ya da get. Ar brezhoneg a vez implijet gant al lodenn vrasañ eus an annezidi ha gant tud ar renkoù uhel. Yezh ar sevenadur ha yezh ar gwir eo.

An anvioù-lec’h hag an anvioù-tud a zeu war-wel d’ar c’houlz-se.

- Brezhoneg an Duged

Ar c’hrennvrezhoneg a zo bet implijet adalek ar bloaz 1000 betek ar XVIIvet kantved, deuet goude aloubidigezh an Normanded o deus damzistrujet ar vro.

Abalamour dezho eo bet distrujet ivez unaniezh Breizh. Dilezet eo bet ar brezhoneg evit ar galleg gant duged Vreizh adalek mare ar Grennamzer-Uhel. Tamm-ha-tamm e ya ar brezhoneg war-gil war-zu ar c’hornôg.

Tud an noblañs hag ar venec’h, goude bezañ kuitaet ar vro, a zeu en-dro goude tregont vloaz, gallekaet e-leizh.

Breizh a chom distag eus Bro-C’hall hag eus Bro-Saoz, met he yezh ofisiel, hini al lez hag ar melestradur, ha goude hini ar vourc’hizelezh, a zeu da vezañ ar galleg.

Implijet e vez atav gant ar bobl koulskoude, hag gant an noblañsed war ar maez hag er c’hêrioù bihan. Ur yezh lennegel eo hag he deus bevet an hevelep emdroadur hag ar saozneg d’ar c’houlz-se.hag a vez o en em emdreiñ war an hevelep tu hag ar saozneg d’ar c’houlz-se .

He yezhadur a chom keltiek-tre, met he geriaoueg hag he doare da skrivañ a zo levezonet kalz gant ar galleg.

Ma vije bet ar brezhoneg yezh ofisiel an dugelezh d’ar mare-se, en dije sur a-walc’h miret e stumm kelted-romaned, en hevelep doare eo deuet ar saozneg ur yezh c’hermaned-romaned ha ket ur yezh c’hermaned penn-da-benn. Ar brezhoneg-mañ a zo bet implijet c’hoazh goude fin an dizalc’h ha fin Stad Vreizh hag e chomas en e stad betek diwezh mare an emren a voe echu gant an Dispac’h Vras. Tud ar renkoù renour a zilez tamm-ha-tamm ar brezhoneg evit komz galleg. Ret eo gouzout eo ar c’hrennvrezhoneg ur yezh lennegel hag unvaniet, n’eo ket ur yezh poblek. Bez ez eus rannyezhoù, evel-just, met n’o deus stumm skrivet ebet.

- Ar brezhoneg a-vremañ

E-kreiz ar XVIIvet kantved, e 1659, ez eus ur c’hemm bras evit ar brezhoneg gant krouidigezh, gant an Tad Maner, d’ur reizhskrivadur tost ouzh doare ar yezh komzet. Ar c'hemmadurioù a vez skrivet evit ar wech kentañ, hag echu eo gant an doare kozh da skrivañ, a verke ar c’hlotennoù-kensonenn hag ar rimoù diabarzh, un doare tost ouzh an doare skrivañ implijet e Bro Gembre (hag e Bro Iwerzhon), a zeue eus an amzerioù kozh, araok ma vefe rannet ar predeneg e meur a yezh disheñvel. D'ar c'houlz-se eo ar brezhoneg ur yezh poblel.

Disoc’h ar cheñchamant-mañ a zo dizunvaniezh ar brezhoneg, pep hini o skrivañ en doare e vez komzet en e vro. Lennegezh Vreizh a zo ul lennegezh rannyezhel neuze, hini Bro Leon, hini Bro Dreger, hini Bro Gernev hag hini Bro Wened dreist-holl.

Distreiñ d’an orinoù a skoazell kalz koulskoude evit yaouankaat ar brezhoneg, peogwir eo chomet ar rannyezhioù tostoc’h ouzh ar c’heltieg, evit pezh a sell ouzh ar yezhadur met ivez ouzh ar geriaoueg…

diwar :

http://www.skolober.com/istorB.htm

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